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A la veille de l’Aïd Esseghir, les prix des fruits secs augmentent : Sans motifs, sans peur, sans pitié

  • 7 mars 18:15
  • 5 min de lecture
A la veille de l’Aïd Esseghir, les prix des fruits secs augmentent : Sans motifs, sans peur, sans pitié

Dans une précédente édition, nous avions signalé l’augmentation des prix des fruits secs. Un renchérissement qui intervient (les spéculateurs calculent tout) juste avant l’Aïd Esseghir.

Par voie de conséquence, les pâtisseries que l’on achètera pour l’occasion, coûteront plus cher. Ainsi va la vie économique d’un pays où l’honnêteté des transactions entre les producteurs et les consommateurs est la chose la moins partagée.

La Presse — Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne pour informer le consommateur, a mis en garde contre un comportement qui s’accentue durant les périodes de fêtes, notamment le mois de Ramadan et l’Aïd : l’achat impulsif contribue indirectement à encourager les spéculateurs, favorisant ainsi la hausse injustifiée des prix.

Il estime que le consommateur joue un rôle clé dans la régulation du marché en maîtrisant sa demande et en donnant l’exemple à travers une consommation responsable. Allez  voir du côté des viandes rouges. Il y a foule et on attend son tour pour en acheter !

Quelques semaines avant, on a abordé, comme par coïncidence, les prix de vente des viandes rouges qui ont été propulsées à un niveau exceptionnel.

Dans exactement quatre mois ce sera l’histoire du pin d’Alep, du zgougou (qui entraînera de nouveau dans son sillage les fruits secs) qui augmentera en raison des intempéries et de la voracité de ceux qui imposent leur volonté sans  scrupules ni compréhension de ce que vit le consommateur. Chacun n’en fait qu’à sa tête.

Prenons le cas d’une grande surface qui a mis en vente des pilons de poulet à 17,600d et du poulet PAC à 10,990d !

A notre connaissance le prix du KG de  poulet PAC est fixé à 8,500d par communiqué du ministère du Commerce.

Depuis, nous n’avons enregistré aucun communiqué annulant cette décision.  Les représentants de ce secteur n’ont pas cessé de répéter qu’il n’y aura aucun problème de viandes blanches et d’œufs. Jusque-là, tout va bien, les magasins sont bien achalandés.

Cette grande surface a mis le produit dans un ravier et a apposé une étiquette portant le nom du producteur et enveloppé le tout dans de la cellophane. Et le tour est joué.

Calculez ce que coûte  cet accoutrement et comparez-le au prix de base du produit et concluons ce que paiera le pauvre consommateur, pour que  les gains du vendeur (grande surface, superette, épicerie, marchand ambulant) soient de plus en plus importants, insupportables et dénués de tout bon sens. 

Les supermarchés jouent pourtant un rôle de plus en plus important dans la vie des citoyens.

Ils s’y sentent en sécurité, protégés par la qualité et la fraîcheur  des produits. Sous un même toit, ils proposent un large choix dans chaque catégorie de ce dont on a besoin.  

Vous y trouverez des produits de différentes marques, à différents prix et avec différentes caractéristiques, ce qui vous permettra de choisir exactement ce qui vous convient.

Comment nos grandes surfaces agissent-elles de cette manière, alors que partout dans le monde elles contribuent à atténuer le coût de la vie?

Ceux qui ont déjà fixé le prix de la viande ovine tout comme les pâtissiers, tapis dans l’ombre attendent leurs proies.

Ces gens-là se sentent-ils assez forts pour imposer leurs lois ?

Ce n’est plus une question de contrôle,   qui nous semble démuni face à ces agissements déloyaux, ces faits accomplis qui faussent toutes les données.

Ces pâtissiers, ces bouchers, ces revendeurs ou importateurs de fruits secs et autres manipulateurs qui semblent avoir les coudées franches pour tout imposer quelles relations entretiennent-ils avec les services des impôts?

Cela nous semble curieux qu’en dépit de la répétition de ces agissements, on n’ait pas encore décidé de mettre un terme à cette liberté des prix qui alourdit la charge des consommateurs, enrichit ceux qui saisissent ces occasions religieuses pour augmenter les prix de manière inconsidérée.

En effet,  à part les produits subventionnés (qu’on arrondit au supérieur) tout a augmenté alors que tout est largement disponible. Fruits, légumes, préparations de tout genre ont fait le saut.

Même la baguette est payée deux cents millimes et on la fournit dans un sachet de papier que l’on a fixé à cent millimes. Et c’est à prendre ou à laisser. Trop, c’est trop.

On maintiendra ces prix et comme, n’entrent en ligne en compte ni les récoltes exceptionnelles ni le principe de l’offre et de demande, ce sera une augmentation du coût de la vie, artificiellement poussée pour que les uns continuent de s’enrichir et que les autres (les consommateurs) peinent davantage pour joindre les deux bouts.

Le plus curieux c’est que l’on constate la répétition de ces actes qui engendrent l’habitude, que l’on s’attend à ces augmentations, que l’on sait que cela se produira immanquablement, qu’elles sont cycliques, mais qu’au niveau des décisions rien de concret.

Ces faits accomplis nous semblent encouragés par l’impunité ou par l’insignifiance des sanctions. Encore une conséquence de la liberté des prix.

Les responsables du secteur sont appelés à choisir entre ces deux  déductions.

Et agir.

Auteur

Kamel GHATTAS

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