gradient blue
gradient blue
A la une Economie

Climat des affaires : Faire front aux faiblesses structurelles profondes

  • 7 mars 19:30
  • 5 min de lecture
Climat des affaires : Faire front aux faiblesses structurelles profondes

Dans un contexte de forte concurrence, les entreprises tunisiennes sont confrontées à un environnement de plus en plus instable, qui rend difficile le maintien d’un avantage compétitif.

En effet, ces dernières se concurrencent dans des marchés, de plus en plus turbulents et incertains, en raison du rythme rapide des changements.

La Presse — Un climat des affaires favorable constitue un déterminant de compétitivité, offrant des opportunités aux entreprises de bénéficier d’avantages concurrentiels.

Il est clair qu’en matière d’opportunités, il est à souligner que l’économie tunisienne possède les ressources et le capital humain nécessaires pour attirer les investissements directs étrangers.

A cela s’ajoute une position géographique favorable, à proximité du marché européen ainsi que le marché régional.

Cependant, la compétitivité de la Tunisie reste confrontée à plusieurs obstacles. En effet, la détérioration des principaux indicateurs économiques enregistrés après la révolution de 2011 a rendu le climat des affaires du pays vulnérable.

Le handicap essentiel réside dans les contraintes administratives et financières.

Ces contraintes conjuguées à d’autres facteurs réglementaires mettent en jeu la compétitivité des entreprises et du pays à la fois.Autant dire que l’amélioration du climat des affaires constitue aujourd’hui un impératif stratégique pour la Tunisie, à même de catalyser l’investissement privé national et étranger, soutenir la croissance et stimuler la création d’emplois.

« Identifier et prioriser les domaines d’intervention s’avère non seulement une condition sine qua non à la promotion de l’investissement, mais aussi et surtout une nécessité pour permettre de hisser la qualité du climat des affaires au niveau des meilleures pratiques internationales dans un environnement de plus en plus concurrentiel », précise l’Institut tunisien de la compétitivité et des études quantitatives (Itceq) dans une enquête publiée récemment intitulée « Analyse du climat des affaires en Tunisie : renouveau méthodologique et leviers d’action prioritaires ».

L’enquête révèle que la perception du climat des affaires en Tunisie est globalement défavorable parmi les dirigeants d’entreprises, à l’exception notable des sociétés opérant sous le régime off-shore, qui affichent une vision plus positive.

Trois piliers prioritaires

L’Itceq appelle d’urgence à agir face à la dégradation de l’environnement des affaires, confirmée à la fois par les indicateurs internationaux et par les témoignages des entrepreneurs. Cette situation reflète des faiblesses structurelles profondes susceptibles d’affecter durablement la base économique du pays si elles ne sont pas traitées.

L’enquête identifie en effet trois piliers prioritaires : la stabilité institutionnelle, le renforcement de la bonne gouvernance et la modernisation des dispositifs d’appui aux entreprises, notamment en lien avec l’économie de la connaissance.

Ces axes sont jugés essentiels pour restaurer la confiance, relancer l’initiative privée et inscrire la Tunisie sur une trajectoire de compétitivité durable.

Par ailleurs, il est extrêmement important de mettre en œuvre des stratégies axées sur le long terme afin d’améliorer le climat des affaires et le rendre propice à l’épanouissement des entreprises.

Il est également, urgent de relancer l’investissement productif en Tunisie en améliorant le cadre réglementaire et institutionnel, afin de renforcer son attractivité, en accélérant les réformes d’ordre macroéconomique.

Il s’agit aussi de lutter contre la bureaucratie qui a tendance à asphyxier l’économie du pays, en limitant les contraintes réglementaires, en réduisant progressivement le décalage entre les institutions formelles / informelles et surtout, en facilitant les procédures pour les investisseurs étrangers.

L’instauration de plus de transparence devient une urgence, en prenant des mesures sérieuses de contrôle de corruption.

Consacrer la confiance

Identifier les obstacles, les faiblesses et les difficultés que rencontrent les entreprises est devenu un travail permanent impliquant plusieurs acteurs publics et/ou privés.

L’environnement interne et externe de l’entreprise n’a pas été favorable depuis des années et a perturbé le processus de son développement et la réalisation des réformes stratégiques.

Très souvent, dans les moments de crise, les conditions de changement deviennent plus favorables. L’ambition actuelle est de réaliser de nouveaux progrès en s’attaquant aux obstacles les plus difficiles.Il est impératif qu’en situation d’incertitude économique, améliorer l’environnement des affaires est nécessaire pour consacrer la confiance entre les différentes parties prenantes des secteurs public et privé selon une approche participative, favoriser les conditions de production et de compétitivité de l’entreprise et de l’économie nationale et renforcer l’attractivité de la Tunisie aux investissements étrangers.

Auteur

Najoua Hizaoui

You cannot copy content of this page