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Analyse Guerre illégale et discours trompeur !

  • 8 mars 18:00
  • 6 min de lecture
Analyse Guerre illégale et discours trompeur !

Du moment où l’offensive militaire menée par les armées sioniste et américaine contre l’Iran n’est adossée à aucun mandat onusien, elle est dépourvue de toute couverture légale et peut, du coup, parfaitement remplir les conditions d’une agression démesurée, quoi qu’on dise sur le programme nucléaire iranien et sur la réaction de Téhéran à l’égard des bases militaires américaines implantées dans la région.

La Presse — Ce programme, en effet, faisait l’objet de longues et difficiles négociations entre les autorités iraniennes et les principales puissances internationales (États-Unis, Russie, Chine, France, Royaume-Uni, Allemagne). Un accord avait été même conclu en 2015 sous l’égide de l’Agence internationale de l’énergie atomique (Aiea), garantissant le caractère civil de l’enrichissement de l’uranium, avec une limitation à 3,67% et un stock ne dépassant pas les 300 kilos. En contrepartie, les sanctions précédemment imposées à l’Iran avaient été levées et tout le monde ou presque était soulagé.

Pour autant, cet accord, qui devait couvrir une période de 10 ans, avait été unilatéralement rompu par les Etats-Unis en 2018, lors du premier mandat du président Donald Trump qui a également décidé de rétablir les sanctions et menacé de taxer les firmes internationales, européennes en l’occurrence si elles continueraient de coopérer avec l’Iran. Beaucoup de multinationales ont dû alors quitter l’Iran qui a plongé, en conséquence, dans des difficultés économiques, mais qui s’est affranchi de ses engagements dudit accord de 2015, s’attirant les foudres des Occidentaux et amplifiant les inquiétudes des voisins, notamment de l’occupant sioniste.

La crise liée au nucléaire iranien avait atteint son paroxysme en 2025 lorsque le taux d’enrichissement de l’uranium a atteint le seuil de 60% et les stocks enrichis ont dépassé les 400 kilogrammes, l’administration américaine, sous le deuxième mandat de Trump, décidant de mener une frappe dissuasive lors de la guerre des 12 jours en juin de l’année dernière.

Pour les Occidentaux, en général, et les israéliens en particulier, l’Iran, par son programme nucléaire, constitue une menace régionale et internationale, quoiqu’il ait rassuré à maintes reprises qu’il n’avait pas l’intention d’atteindre un taux d’enrichissement d’uranium à 90%, le seuil nécessaire pour la fabrication d’une bombe atomique. Ces affirmations sont certifiées par l’Aiea.

Toutefois, son programme balistique avec des capacités de frappe atteignant les 10 mille kilomètres constituait une source supplémentaire d’inquiétude, du moins d’après certaines réactions, notamment en Europe et aux Etats-Unis. Pour un pays comme la France, par exemple, c’est l’Iran qui assume la responsabilité de l’actuelle escalade au Moyen-Orient, bien qu’étant en position de légitime défense, dans la mesure où il n’était pas le premier à avoir déclenché les hostilités aussi bien en juin 2025 que lors de l’actuelle confrontation.

Les raisons d’une guerre que le droit ne connaît pas !

Si les programmes nucléaire et balistique iraniens sont mis en avant pour justifier l’agression américano-sioniste, toujours en cours, des discours prononcés tout autour laissent apparaître d’autres éléments. « Renversement du régime des Mollahs », « Promesse divine de la Terre promise de l’Euphrate au Nil », « les musulmans ne doivent pas se doter de l’arme nucléaire » ou encore « le déclenchement de l’Armageddon », synonyme de la fin des temps.

L’émergence de ces perceptions qui relèvent plutôt du domaine théologiques donne de nouvelles dimensions au conflit, incompatibles avec le droit international des principes défendus par les démocraties occidentales, dont notamment la laïcité.

En revanche, ce sont des discours qui prouvent, si besoin, que l’argument nucléaire n’est autre qu’un alibi pour détruire une nation, à l’instar de ce qui a été fait avec l’Irak en 2003, attaqué sous prétexte de détention d’armes de destruction massive.

Le fait de dire que l’Iran attaque ses voisins, alors qu’en réalité il visait les bases américaines et les cibles militaires sionistes, prouve qu’il existe une volonté d’allumer la mèche de la discorde régionale entre les voisins, pourtant tous de confession musulmane et que la menace nucléaire et balistique relèverait plutôt d’un discours pour le moins trompeur.

Pourquoi veut-on, sinon, que les Kurdes entrent en rébellion contre Téhéran faute d’insurrection des pro-Chah permettant de changer de régime de l’intérieur ?

Pourquoi bombarde-t-on, outre mesure, une école de filles qui n’ont rien à voir avec le programme militaire iranien, sinon, juste pour obéir à des appétences sanguinaires et probablement sataniques ?

La finalité non déclarée consisterait plutôt à affaiblir ou anéantir toutes les forces dans la région pouvant empêcher la concrétisation de l’obsession purement religieuse de construire le troisième temple sur les décombres de la mosquée d’al-Aqsa et d’ériger ce qui est dénommé le Grand Israël, de l’Euphrate au Nil, un objectif qui n’est plus masqué par l’extrême droite sioniste.

Le discours faisant part de la peur des extrémistes sionistes montre, par ailleurs, que ce n’est pas uniquement l’Iran qui dérange, mais que d’autres pays sont sur la liste de la destruction : l’Egypte, la Jordanie, la Turquie, etc.

Le stratagème ainsi dessiné  et qui commencerait par pousser les pays de la région à s’entretuer les uns contre les autres n’a pas marché jusqu’à présent, tout comme l’ambition de traîner les pays de l’Otan dans cette guerre d’agression.

Les pays du Golfe savent qu’ils ont besoin de stabilité et de paix pour sauvegarder leurs intérêts économiques et vendre tranquillement leurs hydrocarbures.

Plusieurs pays de l’Otan, mis à part leur essoufflement en raison du conflit en Ukraine, ne veulent pas d’une guerre non seulement illégale, mais qui ne sert nullement à éliminer un risque imminent ou avéré.

Pour le reste du monde, il ne serait point opportun de payer le baril à 200 dollars, juste pour plaire à « Bibi » !

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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