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Institutions, souveraineté, justice sociale : La ligne de Kaïs Saïed

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  • 8 mars 17:15
  • 7 min de lecture
Institutions, souveraineté, justice sociale : La ligne de Kaïs Saïed

La consolidation des institutions, l’unité nationale et la lutte contre la corruption demeurent au cœur de la ligne politique défendue par Kaïs Saïed.

Des orientations qui prolongent le projet porté lors de l’élection présidentielle de 2024, fondé sur la souveraineté nationale, la justice sociale et la réforme des institutions.

La Presse — «Ce qui rassemble les Tunisiens et ne peut faire l’objet de désaccord entre eux, c’est la patrie, l’indépendance et la continuité de l’État», a affirmé le Chef de l’État lors de sa rencontre, ce vendredi, au Palais de Carthage, avec les deux principales figures du pouvoir législatif, Brahim Bouderbala, président de l’Assemblée des représentants du peuple, et Imed Derbali, président du Conseil national des régions et des districts.

Il faut souligner que, depuis son accession à la magistrature suprême, Kaïs Saïed a fait du renforcement du rôle social de l’État et de l’amélioration des services publics une priorité constante. La réduction des disparités régionales et la création d’emplois sont aussi au cœur de sa vision pour offrir des conditions de vie plus dignes aux citoyens. D’où la division du territoire tunisien en cinq districts depuis 2023 laquelle ne se limite pas à une simple réorganisation administrative. Prévue par la Constitution tunisienne de 2022, cette réforme vise à structurer un développement régional plus équilibré, rapprocher la prise de décision des citoyens et réduire les inégalités persistantes entre les régions depuis l’indépendance du pays.

Le Conseil national des régions et des districts (deuxième Chambre parlementaire) créé juste après la division du territoire est chargé, lui aussi, du pouvoir législatif. Selon l’article 85 de la Constitution, il exerce une fonction de contrôle concernant la mise en œuvre des budgets et des plans de développement.

La rencontre récente du Président de la République avec les deux représentants des deux Chambres autour des priorités nationales illustre sa ferme détermination à instaurer une coordination bien réelle entre les pouvoirs de l’État. Il s’agit de s’assurer que les réformes et les projets de développement ne restent pas lettre morte, mais traduisent concrètement la volonté de réduire les inégalités, renforcer les institutions et répondre aux attentes légitimes des citoyens à travers tout le territoire tunisien.

L’heure de vérité

Néanmoins, les objectifs tracés et la continuité de l’État ne peuvent se réaliser sans une lutte incessante contre la corruption, cette hydre qui ronge le développement du pays, fragilise ses institutions et creuse les inégalités. Seule une action résolue, transparente et systématique peut restaurer la confiance des citoyens et poser les bases d’une croissance durable et équitable, capable de profiter à toutes les régions et à chaque Tunisien.

C’est ainsi que le Chef de l’Etat a réaffirmé, devant les représentants des deux Chambres, sa détermination à mener une lutte anticorruption «sans trêve», qu’il considère essentielle à la continuité de l’État et au développement du pays. S’adressant à ceux qu’il accuse de mener une «guerre d’usure» contre l’État, il a averti que «l’heure de vérité» approchait et rappelé que «nul n’est au‑dessus de la loi». Cette mise en garde se matérialise aujourd’hui par les procès et condamnations de personnalités autrefois intouchables, envoyant un signal clair que l’impunité n’a plus de place dans la Tunisie de l’après-juillet 2021.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président Saïd a présenté la lutte contre les réseaux de corruption comme une condition sine qua non pour la reconstruction de l’État et la restauration de la confiance des citoyens dans leurs institutions. La condamnation retentissante, en 2025, de l’ancien premier président de la Cour de cassation, Taïeb Rached, pour corruption et blanchiment d’argent, les enquêtes visant plusieurs hommes d’affaires qui se croyaient intouchables, ainsi que les dysfonctionnements révélés au niveau de plusieurs structures de l’État, les faux diplômes,  illustrent l’ampleur des réseaux de corruption qui ont longtemps paralysé l’administration.

Dans un autre dossier, le tribunal tunisien a condamné Marouane Mabrouk et l’ancien Premier ministre Youssef Chahed à six ans de prison ferme pour abus de fonctions et obtention d’avantages indus, avec cinq autres anciens membres du gouvernement également condamnés à six ans. Récemment, la Chambre pénale spécialisée dans les affaires de corruption financière de la Cour d’appel de Tunis a aussi prononcé de lourdes peines contre plusieurs hommes d’affaires impliqués dans la vente de pesticides périmés.

S’unir autour de la patrie

Pour le Chef de l’État, cette lutte est essentielle pour restaurer la confiance des citoyens et bâtir une nouvelle Tunisie fondée sur la justice, l’équité et la transparence. Et rien n’est plus déterminant pour atteindre cet objectif que la bataille implacable menée contre la corruption, considérée comme le frein principal au développement et à la crédibilité de l’État, d’autant que les corrupteurs ont longtemps agi en toute impunité, sapant les institutions et creusant les inégalités au détriment des citoyens, avec l’appui de certaines parties politiques après 2011.

Tout en reconnaissant que le peuple tunisien attend encore des progrès tangibles dans plusieurs domaines, dont certains commencent à se matérialiser, le Président Kaïs Saïed a invité les citoyens à s’unir autour de leur patrie et à capitaliser sur le potentiel national. Encore une fois, il a, dans ce contexte, mis en exergue le rôle central de la jeunesse, soulignant sa capacité à agir concrètement pour façonner l’avenir du pays et relever les défis.

A ce propos, il faut bien souligner que le peuple attend des résultats concrets et visibles et mesurables, pas seulement symboliques ou discursifs. Les promesses non tenues ne font qu’alimenter la frustration et mettent en lumière l’urgence d’actions tangibles et efficaces dans tous les secteurs concernés. Pire, elles peuvent discréditer les décideurs et miner la confiance des citoyens dans les institutions, rendant plus difficile la mise en œuvre des réformes indispensables.

Les retards accusés dans la réalisation de certains projets risquent non seulement d’aggraver le mécontentement populaire, mais aussi de freiner le développement économique et social, soulignant l’impératif d’une gestion plus efficace et responsable à tous les niveaux.  

Pour conclure, il reste que chaque parole doit se traduire par des actes concrets, garants de progrès réels et de confiance retrouvée entre l’État et les citoyens. Il faut retenir que le Président Saïd suit la situation du pays de très près. Il ne s’exprime jamais sans fondement, et ses messages sont adressés même aux plus hauts responsables, afin de rappeler la nécessité de traduire les paroles en actions concrètes et répondre aux attentes légitimes du peuple le plus rapidement possible.

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Auteur

Samir DRIDI

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