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Guerre au Moyen-Orient et impacts sur l’économie tunisienne : Le risque d’une aggravation de l’inflation importée

  • 9 mars 19:15
  • 4 min de lecture
Guerre au Moyen-Orient et impacts sur l’économie tunisienne : Le risque d’une aggravation de l’inflation importée

Au cœur de la reconfiguration globale, due au conflit entre les Etats-Unis et l’Iran, la Tunisie demeure exposée aux secousses systémiques. Importatrice nette d’énergie, elle subit mécaniquement la volatilité des marchés.

Une hausse durable des hydrocarbures se traduit par une pression accrue sur la balance commerciale, des tensions sur les finances publiques et des arbitrages budgétaires délicats.

La Presse — La conjoncture économique mondiale risque de se détériorer du fait de la hausse des coûts liés à l’énergie, le fret maritime, les primes d’assurance et la perturbation des chaînes d’approvisionnement.

Autant de facteurs qui pourraient impacter l’économie en Tunisie qui doit être dans ce cas proactive dans ses relations économiques et prudente puisqu’elle risque de subir une inflation importée.

Changement de prix et impacts possibles

L’impact inflationniste serait, en effet, direct et indirect. Direct, car l’augmentation des prix des carburants se répercute sur les coûts de transport et sur les prix à la pompe. Indirect, car l’énergie constitue un intrant transversal pour l’industrie, l’agriculture et les services. Une augmentation persistante des coûts logistiques se diffuse progressivement dans l’indice des prix à la consommation.

Si les cours restaient au-dessus de 90 dollars pendant plusieurs mois, un risque d’inflation avec un effet cumulatif sur le pouvoir d’achat des ménages se développeraient. L’analyste financier Bassem Ennaïfer a mis en garde, dans une intervention sur les ondes d’une radio privée, contre les effets immédiats de la récente hausse des prix du pétrole sur les finances publiques tunisiennes, dans un contexte géopolitique marqué par des tensions croissantes entre l’Iran et les Etats-Unis au Moyen-Orient. I

l a indiqué, à cet effet, que le prix du baril de Brent avoisine actuellement les 79 dollars, soit un niveau nettement supérieur au prix de référence retenu dans la loi de finances 2026, fixé à une moyenne annuelle de 69,3 dollars.

Il a rappelé que le coût énergétique est calculé sur la base d’une moyenne annuelle, ce qui signifie qu’une hausse durable des prix au cours des prochains mois aurait un impact direct sur le budget de l’État.

C’est dire que chaque augmentation d’un dollar du prix du baril par rapport aux prévisions budgétaires entraîne un surcoût estimé à 164 millions de dinars au titre de la compensation des carburants.

Et d’ajouter que « l’impact dépasse toutefois le seul cadre des équilibres financiers, puisque la hausse des prix des hydrocarbures se répercute également sur les coûts de production dans plusieurs secteurs, notamment ceux dépendants des matières plastiques issues du pétrole.

Les carburants jouent par ailleurs un rôle central dans le transport et la distribution. Or, la Tunisie reste fortement dépendante des importations énergétiques provenant de pays ne pratiquant pas de politiques de soutien aux prix ».

Ainsi, toute augmentation des cours internationaux se traduit mécaniquement par une hausse des coûts internes, alimentant de nouvelles pressions inflationnistes.

Adoption de politiques anticipatives

Le ralentissement du trafic en mer Rouge et au canal de Suez, ainsi que les menaces pesant sur le détroit d’Ormuz, susceptibles d’allonger les délais de livraison et d’alourdir les coûts logistiques : autant de facteurs qui finissent par se répercuter sur les prix des matières premières et des produits manufacturés importés par la Tunisie.

La fermeture du détroit d’Ormuz pourrait provoquer un choc majeur sur la production et les exportations mondiales, entraînant une hausse du prix du baril jusqu’à 100 dollars.

Dans ce contexte, « la Tunisie ferait face à un risque accru d’élargissement du déficit de compensation et d’alourdissement de la facture énergétique, ce qui accentuerait la pression sur le budget de l’État et réduirait sa capacité à stabiliser les prix intérieurs sans recourir à des mesures exceptionnelles ».

L’analyste financier a appelé à l’adoption de politiques anticipatives, notamment à travers la mise en place de mécanismes de couverture contre la volatilité des prix, la diversification des sources d’approvisionnement énergétique.

En définitive, dans les périodes d’incertitude, les nations se distinguent par leur capacité à anticiper plutôt qu’à subir. Le monde semble entrer dans une zone de turbulence durable. L

a question n’est pas uniquement de savoir combien de temps durera la confrontation, mais quelles trajectoires structurelles elle imposera aux Etats.

A cet égard, la Tunisie dispose d’un capital rare dans son environnement régional … la stabilité. Reste à en faire, avec lucidité, un levier stratégique dans un ordre mondial en recomposition.

Auteur

Najoua Hizaoui

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