Plan de développement 2026-2030 : Le «financement ami» en soutien
La politique du compter-sur-soi prônée par le Président de la République s’affirme, aujourd’hui, comme un choix judicieux.
C’est que le marché financier international perd, régulièrement de sa crédibilité, alors que les agendas géopolitiques deviennent, de plus en plus, complexes.
La Presse —Tout le monde en convient : la conférence internationale sur l’investissement, Tunis 2020, tenue en 2016, a ouvert les portes à toutes les ambitions économiques, financières et sociales, mêmes les plus invraisemblables.
Certains observateurs parlaient, en effet, de l’émergence d’un nouvel eldorado, alors que d’autres évoquaient, déjà, la naissance d’un nouveau Singapour africain.
Des interprétations et des réactions certes excessives, mais plutôt légitimes, surtout que la Déclaration de Tunis a retenu plus de 140 projets (dont 78 sous forme de mégaprojets) pour un investissement global d’environ 34 milliards de dinars (15milliards de dollars).
Des projets et un financement orientés, exclusivement, vers le stratégique, ce qui conforte encore plus leur importance.
Et il faut reconnaître que certains facteurs ont donné plus de crédibilité à toutes ces promesses d’investissements, surtout les signes rassurants émis par les donneurs d’ordres financiers.
Sans parler, bien entendu, de l’enthousiasme et, notamment, l’engagement de la communauté internationale à soutenir notre pays dans sa transition socioéconomique.
Mais plus de 10 ans après, l’ampleur de la déconnexion entre les engagements et les réalisations s’est avérée, malheureusement importante.
En effet, la déception est profonde, puisque les ambitions ont cédé la place à la désillusion. D’ailleurs, selon les données disponibles, le nombre des projets lancés et les investissements engagés, ici et là, sont encore limités.
On parle justement d’une moyenne de concrétisation très faible ne dépassant pas les 30%. Cette moyenne a été possible, en grande partie, grâce aux conventions fermes signées sur place à Tunis. Ce qui leur confère un caractère obligatoire.
Pour le reste, le plus consistant, on ne peut pas, franchement, espérer mieux. Du moins pour le moment, Car, les investissements restant ne sont que des promesses non contractuelles.
Cela devrait dépendre de la motivation des bailleurs de fonds, de la conjoncture et de l’opportunité.
L’alternative…
En plus de la timidité des réalisations, le rythme de concrétisation est qualifié par tous les observateurs de très lourd. Durant les deux premières années (juillet 2018), 5% seulement des 78 grands projets retenus, ont été réalisés.
Les principaux acteurs de ces promesses multiplient, à cet effet, les excuses. Une partie parle de freins bureaucratiques, d’agendas géopolitiques complexes, et de visibilité, alors que l’autre accuse des contraintes structurelles ou encore des pressions fiscales.
Et le cas de la conférence de Tunis n’est pas isolé, puisque la 8e conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique, Ticad8 tenue à Tunis, n’a pas fait mieux ou, peut-être, légèrement.
Il est vrai, en effet, que l’engagement de faire de la Tunisie une plateforme des entreprises japonaises en Afrique, à travers un partenariat économique solide, est resté sans suite.
Pourtant, tout au long de la conférence, les décideurs ont réussi à identifier et à valider plus de 80 projets pour une enveloppe d’environ 2,7 milliards de dinars.
Malheureusement, à l’exception de quelques projets lancés, la promesse d’instaurer une nouvelle croissance, est toujours en stand-by.
Un échec, donc, de plus qui donne toute sa mesure à la nouvelle politique nationale reposant sur le compter-sur-soi , la valorisation de ses propres moyens et ressources et le soutien des amis et des partenaires historiques.
D’ailleurs, selon certaines sources, une conférence des «Amis de la Tunisie» pourrait être tenue, bientôt, pour repenser le financement du Plan de développement 2026-2030.
Les mêmes sources confirment que l’objectif serait de mobiliser 60 milliards de dinars de financement externe.