Tunisie : bientôt, une carte d’enregistrement temporaire pour faciliter le retour volontaire des migrants ?
Le député au conseil national des régions et des districts représentant le gouvernorat de Ben Arous Marouane Zayane, a présenté une proposition, adressée au ministre des affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, visant à organiser le dossier des migrants irréguliers en Tunisie, à travers un mécanisme administratif qui repose sur la création de « la carte d’enregistrement temporaire pour faciliter le retour volontaire ».
Cette proposition permettra de trouver des solutions au dossier de la migration irrégulière en Tunisie de manière à préserver la souveraineté de l’état et à gérer les données relatives aux migrants irréguliers tout en respectant les engagements internationaux de la Tunisie en matière de droits de l’homme, a souligné l’initiateur de cette proposition dans une déclaration à la TAP.
Le député propose le lancement d’une carte d’enregistrement temporaire pour faciliter le retour volontaire, qui est un document administratif tunisien accordé aux migrants irréguliers leur permettant d’adhérer au programme de retour volontaire vers leurs pays d’origine.
Cette carte ne garantit pas la résidence légale sur le territoire tunisien ou l’asile. Elle a pour objectif d’enregistrer les données biométriques des migrants (empreintes digitales, photo et identité déclarée) et accorde à chaque migrant un numéro d’enregistrement.
Elle a pour but de mettre en place une base de données pour gérer ce dossier de manière efficace en déterminant le lieu de résidence temporaire actuel (municipalité / gouvernorat) de relier les dossiers des membres d’une même famille (épouse et enfants) pour garantir un rapatriement familial et éviter la dispersion des familles, de prouver l’engagement de la personne concernée dans le processus de retour volontaire et de faciliter la coordination avec les programmes de retour volontaire de l’organisation internationale pour les migrations (OMI).
Selon la même source, ce mécanisme permettra à l’état tunisien de passer d’une gestion de crise non organisée à une gestion institutionnelle basée sur des données précises et accorde la priorité aux migrants pour bénéficier des programmes de retour volontaire soutenus à l’échelle internationale, leur facilite les procédures de voyage vers leurs pays d’origine et leur garantit des aides à la réinsertion (AVRR) pour lancer leur propre projet.
Le plan d’action exécutif de cette proposition sera mis en œuvre par l’activation d’un processus diplomatique et administratif à travers la consolidation de la coopération avec les ambassades des pays d’origine pour l’acceptation de la « carte » en tant que document d’identité préliminaire, ainsi que la mise en place de « consulats mobiles » pour délivrer les laissez passer dans un délai de 72 heures et d’un système informatique sécurisé pour relier les centres d’enregistrements dans les délégations ciblées aux directions centrales et ambassades.
Le projet propose également de mobiliser un soutien international, en particulier de l’union européenne et des organisations internationales, pour contribuer au financement de la logistique liée au processus d’enregistrement et l’organisation des départs volontaires, mise à part le rôle de la société civile dans la médiation, la sensibilisation et la traduction.