Tunisie : le TGV et le corridor nord-sud, un projet qui désenclave le pays et crée des emplois
Après des décennies de négligence, de corruption et de marginalisation qui ont fragilisé le parc ferroviaire et dégradé les services, la Tunisie s’engage résolument dans une stratégie de modernisation du transport ferroviaire.
En effet, le rail, qui fut dans les années 1980 un moteur essentiel du développement économique et de la cohésion nationale, retrouve aujourd’hui sa place au cœur des projets stratégiques de l’État. Cette volonté se traduit notamment par le lancement du projet de train à grande vitesse (TGV) et du corridor ferroviaire nord-sud, conçus pour relier le pays de Bizerte à Ben Guerdane, désenclaver les zones isolées et renforcer la mobilité des personnes et des marchandises.
Le Conseil ministériel, présidé récemment par la Cheffe du gouvernement, Sarra Zaafrani Zenzri, a examiné les plans détaillés de ce projet, qui s’inscrit dans une vision globale de développement des transports publics intégrés.
Cette stratégie vise à renforcer le rôle du rail comme élément central de la mobilité nationale, en tirant parti de ses avantages comparatifs et de sa valeur ajoutée pour l’économie tunisienne. Le gouvernement entend ainsi créer un système de transport public cohérent, où le ferroviaire, le routier et le transport urbain se complètent pour améliorer la logistique et les déplacements sur l’ensemble du territoire.
Parallèlement à ce projet, l’État s’attelle à la rénovation du métro léger, dont les infrastructures et les rames sont dans un état de vétusté critique. La mise en œuvre d’un programme complet de réhabilitation prévoit l’acquisition de nouvelles rames et la réfection des voies afin d’assurer un transport urbain sûr et efficace.
Ces initiatives reflètent l’ambition de l’État de mener des réformes structurelles profondes, permettant de reconstruire un système ferroviaire ancien et dégradé sur des bases solides, avec un plan d’action à court, moyen et long terme accompagné des investissements nécessaires.
Ainsi, le développement du transport ferroviaire est perçu comme un levier majeur de développement durable. Il contribue à réduire les coûts de transport, à faciliter le mouvement des marchandises et des matières premières et à désenclaver les zones intérieures et rurales.
Et en améliorant la mobilité des citoyens, en accélérant les déplacements et en garantissant leur sécurité, le rail favorise l’attractivité des investissements, la création d’emplois et l’équilibre territorial dans la répartition des opportunités de développement. Le projet TGV et le corridor nord-sud s’inscrivent donc dans une logique d’intégration économique et sociale, renforçant la cohésion nationale tout en soutenant la croissance.
Une modernisation globale…
Dans le même sillage, la stratégie nationale pour 2030 prévoit une modernisation globale des systèmes de transport, qu’il s’agisse du ferroviaire, du routier, du maritime ou de l’aérien, en mettant l’accent sur la réduction des émissions de carbone, l’amélioration de la gouvernance et le développement durable.
L’investissement dans le transport ferroviaire est accompagné d’une réforme globale des institutions publiques en charge du secteur, de la modernisation des infrastructures et de l’optimisation de la gestion des équipements, afin de mettre en place un transport public intégré, efficace et pérenne.
En plaçant le rail au cœur de cette stratégie, la Tunisie affirme son choix de faire du transport ferroviaire un moteur de développement économique et social. Le TGV, le corridor nord-sud et la modernisation du métro léger ne sont pas seulement des projets d’infrastructure : ils symbolisent la volonté de l’État de renforcer la mobilité, de réduire les inégalités régionales et de soutenir le développement durable, tout en créant des emplois et en améliorant la qualité de vie des citoyens.
Ces initiatives illustrent, entre autres, une approche globale et cohérente, où le transport public devient un levier stratégique pour la croissance, l’attractivité des investissements et la cohésion nationale.