Un portail anonyme, un espace de terre battue, un deuxième sas. Nous sommes au siège de l’Unesi, une association tunisienne qui travaille pour une société inclusive et solidaire.
La Presse — Derrière le nom d’Union nationale de l’éducation spécialisée et de l’intégration, on rencontre des hommes et des femmes passionnés, dévoués, omniprésents, qui œuvrent avec science et patience à ne laisser personne au bord du chemin.
Leur rôle : travailler pour l’inclusion et l’autonomie de personnes en situation de handicap, favoriser leur insertion socio-professionnelle, et leur intégration dans des domaines professionnels, culturels, environnementaux et sportifs.
Une tâche colossale pour une équipe relativement réduite, relativement peu aidée, mais animée de la foi qui abat les montagnes.
Sur un terrain concédé par l’Etat, différents ateliers ont été montés pour les quelques cent jeunes entre 14 et 18 ans qu’accueille chaque année l’Unesi.
Ateliers de bijouterie, de maroquinerie, de céramique, de couture, plantation et extraction de plantes aromatiques et médicinales, mais aussi arboriculture, initiation à l’informatique, sports sont autant d’activités proposées.
La visite des ateliers permet de découvrir les travaux de ces jeunes encadrés par des formateurs pris en charge, pour la majorité, par différents ministères.
Mahrez Aloui, omniprésent et efficace directeur du centre, Lila Radji, brillante et dévouée psychologue, directeur technique, Michèle Belajouza, qui accompagne et soutient l’association depuis de longues années, parlent tous d’une même voix et avec la même conviction :
«Notre rôle est d’offrir à ces jeunes une autonomie, une confiance en soi. Ils doivent se sentir utiles. Et nous avons de très belles histoires où des enfants qui étaient considérés comme des poids pour leurs familles sont devenus des soutiens dès qu’ils ont pu travailler après avoir acquis une formation. Quelques- uns ont même pu monter de petits projets. Nous les accompagnons tout au long de leur formation.
Sur les quelques 100 jeunes que nous accueillons chaque année, une trentaine sont intégrés dans un circuit professionnel».
Alors, bien sûr, rien n’est facile pour ces équipes, les subventions rares, les contributions modestes et les frais lourds à assurer. Certaines associations amies soutiennent. Les parents qui le peuvent participent dans la mesure de leurs moyens, car il faut le savoir, les jeunes accueillis appartiennent à toutes les couches sociales : classes aisée, moyenne, ou de grande précarité. Alors, le centre organise des évènements, des artistes acceptent de se produire bénévolement, des expositions des produits des ateliers sont montées, les jeunes interprètent des pièces de théâtre.
Ceci en ayant l’intime conviction de pallier un manque car les classes spécialisées n’existent plus dans les écoles. Et la volonté affirmée de multiplier cette expérience et d’ouvrir d’autres centres dans le pays.