Exigences stratégiques
LA Tunisie continue, comme le confirment aussi bien les indicateurs que les appréciations des institutions spécialisées, à tenir son pari, celui de réussir, progressivement, un redressement socioéconomique global et durable. D’ailleurs, tout au long de ces dernières années, suite notamment au blocage international, notre pays, comptant uniquement sur ses propres moyens, a pu contenir, du moins dans une bonne proportion, ses difficultés financières et poser, intelligemment, les fondements d’un développement qu’on estime certainement solide.
Cela a été possible grâce surtout aux multiples et importantes dispositions entreprises et qui ont permis d’alléger la pression sur les finances publiques, d’apporter les corrections nécessaires au modèle de développement national et d’honorer, en particulier, nos engagements internationaux prioritaires.
Mais ces réalisations ne signifient aucunement que le pays a réussi à s’en sortir ou que la situation est confortable et rassurante. Loin s’en faut, car même si on est sur la bonne voie, on est toujours loin du compte. La conjoncture est complexe et les exigences le sont encore plus.
N’oublions pas que la volatilité du marché économique international, l’instabilité climatique, la complexité des agendas géopolitiques et notamment la montée, récente, de la tension au Moyen-Orient, ont bouleversé totalement la donne et limité sensiblement la marge de manœuvre dans la majorité des pays.
D’ailleurs, dans les derniers rapports sur la situation économique nationale, les experts parlent d’une position, certes gérable, mais peu confortable. Cela concerne, en particulier, le niveau de la dette publique qui est estimé désormais à plus de 85%, et les exigences de la concrétisation des différents programmes de développement prévus.
Et tout défaut de paiement pourrait se traduire par une remise en question du capital-confiance international, difficilement reconquis ces deux ou trois dernières années. Une perspective qui donne, en elle-même, des frissons, puisqu’elle pourrait conduire au gel des investissements et des financements extérieurs.
Dans une nouvelle étude, l’économiste Héla Ben Hassine Khalladi parle, en effet, d’un contexte critique, qui pourrait conduire même « à une rupture budgétaire ». Une situation qui impose des réactions rapides et des scénarios de riposte précis pour pouvoir contrer la tendance haussière de la trajectoire de la dette publique. Cela suppose, selon l’économiste, l’engagement de mesures particulières.
On retient ainsi la rationalisation des dépenses, la maîtrise des subventions et l’amélioration du rendement fiscal. Des dispositions qui concernent plutôt l’immédiat, mais pour le moyen et le long termes, la Tunisie doit repenser le stratégique, entre autres, la garantie d’une productivité durable, d’une croissance globale et d’une ouverture à l’international confortable.