Spéculation, monopole et blanchiment d’argent : un mandat de dépôt contre le président de la Chambre syndicale des bouchers
Le Parquet près le Tribunal de première instance de Tunis a ordonné à la Sous-direction des recherches économiques et financières relevant de la Direction de la police judiciaire, d’enquêter sur une plainte déposée par la Société Ellouhoum contre Ahmed Amiri, président de la Chambre syndicale des bouchers.
La plainte porte sur des soupçons de détournement de fonds publics appartenant à cet établissement public, fonds qui lui avaient été confiés en vertu d’une procuration d’un certain nombre de bouchers pour l’approvisionnement en viandes réfrigérées importées. Amiri serait aussi accusé de manipulation des circuits de distribution par l’utilisation frauduleuse des cartes fiscales de bouchers, à leur insu, afin d’enlever des quantités de viande auprès de la Société Ellouhoum, et de les revendre dans des lieux autres que ceux déclarés à la société et donc à des fins de spéculation et de monopole, étant donné qu’il s’agit de produits subventionnés par l’État.
Une source judiciaire a déclaré dans ce cadre à l’agence Tunis Afrique Presse (TAP) qu’à la réception du procès-verbal de l’enquête, une information judiciaire a été ouverte auprès du Pôle judiciaire économique et financier.
La même source a ajouté qu’après l’interrogatoire d’Amiri, le premier juge d’instruction du Pôle judiciaire économique et financier a émis, ce mardi, un mandat de dépôt à l’encontre d’Ahmed Amiri.
Les chefs d’inculpation incluent : blanchiment d’argent en exploitant les facilités procurées par l’exercice de fonctions professionnelles et sociales, monopole et spéculation illicite, abus de confiance qualifié, ainsi que la complicité d’un quasi-fonctionnaire public ayant délibérément usé de sa qualité pour causer un préjudice matériel à une entreprise économique dont l’État détient une part du capital, en vue d’obtenir un avantage injustifié pour lui-même.