Exposition – Atyqua Insaf Kooli : Kairouan autrement
L’artiste entame une démarche artistique nouvelle : réinterpréter et rendre vie à ces carreaux, à leurs couleurs, leur iconographie en les interprétant en différents matériaux, en multiples supports et en libres proportions.
Le résultat en est étonnant de préciosité, de minutie, de créativité et de fidélité à la fois.
La Presse — Insaf Kooli , Pénélope talentueuse, est connue pour la finesse et la minutie de son travail sur textile, talent qui lui offrit accès aux plus grandes maisons internationales. Toutes avaient décidé de laisser libre cours à ses créations. Aujourd’hui, c’est à une autre dimension qu’elle accède.
Inspirée par le passionnant travail de recherche universitaire de Khedija Hamdi sur les carreaux de Kairouan, ces carreaux qui conservent à ce jour une part de mystère, gardant en mémoire la nostalgie d’une enfance qui la mena souvent à partager les cérémonies de la ville sacrée, elle entame une démarche artistique nouvelle : réinterpréter et rendre vie à ces carreaux, à leurs couleurs, leur iconographie en les interprétant en différents matériaux, en multiples supports et en libres proportions.
Le résultat en est étonnant de préciosité, de minutie, de créativité et de fidélité à la fois.
« Au cœur du mihrab, dans la grande mosquée de Kairouan, une constellation de faïences palpite, éclats vernissés d’une civilisation millénaire où la lumière murmure à la terre cuite.
Le défi fut d’écouter ces fragments anciens, d’en recueillir le souffle et d’en offrir une lecture intime entre mémoire et regard neuf. »
Et effectivement, ce qui frappe a priori dans cette exposition présentée dans le précieux cadre muséal de la galerie Atyqua, à Sidi Bou Saïd, c’est la modernité esthétique de ces créations inspirées de motifs séculaires, et réalisés par des techniques tout aussi anciennes.
« Le travail rigoureux de Khedija Hamdi a constitué un point d’ancrage théorique pour mon travail. De cette recherche, j’ai retenu l’exigence du monochrome et la rigueur du graphisme pictural envisagé comme une structure. Dans un second temps, la recherche s’est orientée vers la matière, la couleur et la lumière. La surface s’est transformée en un véritable terrain d’expérimentation ».
Insaf Kooli fait feu de tout bois : paillettes, cuir, peau de serpent, fragments de céramique, peinture, collage, résine, tissus aux motifs foisonnants, tels saris indiens ou obis qu’elle repeint, gaufrage, superpositions de dentelles, crochet, aquarelle japonaise, son imagination et sa virtuosité ne connaissent pas de bornes.
Sous ces doigts de fée, à ce regard inspiré, Kairouan et ses carreaux vibrent d’une vie nouvelle.
