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Pétrole : chaque dollar de hausse pourrait coûter 160 millions de dinars à la Tunisie

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  • 11 mars 13:34
  • 3 min de lecture
Pétrole : chaque dollar de hausse pourrait coûter 160 millions de dinars à la Tunisie

Depuis le début des hostilités au Moyen-Orient, le prix du Brent a grimpé de 35% jusqu’au 9 mars, et le TTF néerlandais, référence européenne du gaz naturel, a bondi de 75%. Par ailleurs, certains marchés de produits pétroliers ont été particulièrement touchés, notamment ceux du diesel et du kérosène, selon une note de l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) publiée mardi.

En tant que pays importateur du pétrole, la Tunisie risque de payer cher la facture de la guerre contre l’Iran et le Liban, dans la mesure où ce conflit a entrainé une forte hausse des prix de l’or noir, des risques de perturbations de l’approvisionnement en énergie, et de la menace sur le détroit d’Ormuz, par lequel transite environ 25% du commerce mondial de pétrole par voie maritime.

L’expert comptable, Anis Wahabi, a précisé, dans une déclaration à l’agence TAP, que l’augmentation des prix du pétrole entrainera une hausse de la facture énergétique, surtout si cette situation dure dans le temps.

“Vue que la Loi des Finances 2026 repose sur l’hypothèse fixant le prix du baril à 63,3 dollars, tout renchérissement supplémentaire de ce prix de un seul dollar, sur une durée d’une année, entrainera un accroissement de la facture énergétique de 160 millions de dinars (MD), ce qui alourdira davantage les dépenses publiques, étant donné que l’Etat continue à subventionner les produits pétroliers”, a-t-il expliqué. Toutefois, il a rassuré que l’impact économique de cette crise sera limité si la stabilité géopolitique revient et les prix se stabilisent.

Par ailleurs, il a noté que la flambée des prix du pétrole peut impacter fortement la balance commerciale, dans la mesure où la facture énergétique représente plus de 50% du déficit commercial du pays.

“En 2025, le déficit de la balance énergétique s’est élevé à -11,1 milliards de dinars, soit 50,4% du solde déficitaire de la balance commerciale (-21,8 milliards de dinars)”, a rappelé Wahabi, ajoutant que toute aggravation du déficit commercial risque d’entrainer une inflation plus élevée, une pression sur le dinar et une baisse des réserves en devises, en raison de l’accroissement de la valeur des importations d’énergie.

Ainsi, l’expert s’est interrogé sur les mesures que le gouvernement envisage de prendre face à cette situation, rappelant que le dispositif d’ajustement des prix n’a pas été activé depuis plusieurs années.

D’après lui, contrairement à la Tunisie, plusieurs pays ont entamé, déjà, des mesures d’économie d’énergie (réduire la consommation d’énergie, encourager le covoiturage et le travail à distance…), afin de préserver leurs stocks en énergie, et surmonter cette crise, avec de moindres dégâts.

Pour rappel, le secrétaire d’État, auprès de la ministre de l’Industrie, des Mines et de l’Énergie, chargé de la Transition énergétique, Wael Chouchane, avait annoncé, lors d’une séance d’audition, organisée récemment, à l’ARP, que « le département de l’Industrie est prêt, sur les plans financier et logistique, à faire face à la hausse des prix du pétrole », sans donner d’amples précisions sur les mesures qui seront mobilisées à cet effet.

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Auteur

La Presse

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