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Tunis, Capitale arabe du tourisme pour 2027 : Quels défis, quels enjeux ?

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  • 11 mars 18:00
  • 5 min de lecture
Tunis, Capitale arabe du tourisme pour 2027 : Quels défis, quels enjeux ?

«Tunis, Capitale arabe du tourisme pour 2027», cette annonce faite, en décembre dernier, lors de la 28e session du Conseil ministériel arabe du tourisme, à Bagdad, n’a pas, certes, créé la surprise, mais elle avait donné un  coup de fouet au ministère de tutelle et ses départements concernés.

La Presse — Une telle reconnaissance n’est guère une sorte d’hommage qui devrait plaire aux décideurs et professionnels du secteur. Il s’agit, bel et bien, d’une responsabilité de l’Etat et de toutes les parties concernées.

Voire un engagement tant professionnel que moral que l’on doit honorer, volontiers. L’enjeu en vaut bien la chandelle.

Une approche multilatérale aux objectifs multiples

Et depuis maintenant des semaines, le ministère du Tourisme se tient, sans cesse, sur la brèche, dans un atelier de travail immersif et des réunions successives, se penchant sur un plan d’action et de communication promotionnelle.

En prélude à l’évènement, figurent, également, à ce menu préparatoire un projet de conception marketing, concours d’identité visuelle et d’autres activités programmées.

Bref, tout un chantier mis sur pied pour mieux valoriser tous les atouts et les privilèges d’une Tunisie reconnue comme une destination touristique de choix.

Alors, engager ces préparatifs au fur et à mesure que l’évènement approche à grands pas, aura, certainement, plus d’une raison. Toutefois, faire de Tunis une capitale du tourisme arabe revêt toute une signification d’estime et de distinction, mais cela ne suffit pas.

L’attribution d’un tel statut devrait justifier la portée stratégique et structurelle du secteur, mais aussi ses dimensions d’ordre infrastructurel, architectural, écologique, culturel et bien d’autres volets essentiels.

Car le tourisme n’est pas uniquement un chiffre d’affaires qui s’ajoute aux recettes économiques du pays ou un flux de passagers, avec nombre de nuitées passées.

Et encore moins un hôtel qui affiche complet, favorisant la quantité aux dépens de la qualité. Bien au-delà, c’est une belle prestation de qualité touchant à l’accueil, l’hébergement, la restauration, la sécurité des équipements, l’animation, l’infrastructure hôtelière, l’environnement immédiat, le bien-être et la réponse aux besoins des résidents. La fidélisation des clients étant, ainsi, la pierre angulaire de toute action de promotion. Le client est roi, dit-on.

L’offre touristique n’est plus un sourire ou un simple service dispensé de jour comme de nuit. Elle consiste en une stratégie et une vision, faisant du secteur la vitrine du pays, réfléchissant ses traditions, son histoire, sa culture, son patrimoine matériel et immatériel, son environnement et tout ce qui peut traduire ses acquis et ses atouts.

Faire de Tunis une capitale arabe du tourisme pour 2027 semble donner un goût d’inachevé qui n’aura pas de suite.
Alors qu’il aurait pu s’ériger en un projet réformateur, devant s’inscrire dans la durée. Cette démarche, qui doit se définir dans sa globalité requiert une approche multilatérale aux objectifs multiples. La diversification du produit touristique en est, alors, la cheville ouvrière.

Tourisme alternatif, une vocation particulière

Longtemps cantonné au balnéaire, le tourisme tunisien fut réduit à un marché de masse à grande consommation. Aujourd’hui, plages et soleil ne font plus carton plein, d’autant plus que la pollution, sous toutes ses formes, pèse sur notre paysage urbain.

Parallèlement, le tourisme alternatif s’active à prendre pied, s’adressant à de nouveaux clients aux profils variés, au sein d’un large segment du marché.

Et là, le ministre de tutelle, lui-même, avait souligné, en réponse aux questions des députés, sa portée économique, sociale et écologique. Gîtes ruraux, maisons d’hôtes, campings, traduisent bien une certaine vocation éco-touristique toute particulière.

De même, le tourisme saharien, oasien, de montagne, culturel, de santé, de congrès, agritourisme et bien d’autres produits sont devenus fort prisés. Ceci étant, de par un nouveau concept focalisé sur la nature et les diverses prestations qui y sont liées.

Cette offre fait, aussi, écho à un tourisme ami de l’environnement qui présente une autre gamme de services (hébergement, restauration, loisirs, animation) hors du commun. L’infrastructure touristique, elle aussi, n’est pas en reste.

C’est que le réaménagement des zones touristiques, se trouvant, aujourd’hui, dans un état lamentable, constitue un des piliers du développement du secteur, mais aussi un vrai stimulant d’investissement, générateur d’emplois.

Et ce n’est pas tout, la propreté des villes et la protection de l’environnement sont des facteurs déterminants pour attirer le visiteur et lui donner de bonne impression sur l’image de sa destination. Une capitale du tourisme n’est, surtout pas, un slogan creux.

Somme toute, «le tourisme est désormais au centre des enjeux économiques, sociaux et culturels, et sa gestion exige innovation, flexibilité et durabilité», avait déclaré le ministre, Sofiane Tekaya, dans son allocution à la 28e session du Conseil ministériel arabe du tourisme, tenue les 8 et 9 décembre dernier, à Bagdad, en Irak. 

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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