Tunisie 2026 : De la planification à la réalisation des projets structurants
Finies les promesses sur le papier. Sous l’impulsion du Chef de l’Etat, l’année 2026 ouvre le chapitre de la réalisation concrète, et les grands projets d’infrastructures se mettent enfin en marche, avec tous les atouts nécessaires pour réussir, dont une stabilité régionale solide et bien ancrée.
La Presse — L’année 2026 semble marquer le lancement effectif d’une nouvelle phase de grands chantiers destinés à transformer en profondeur le visage de la Tunisie. L’accélération de la mise en œuvre de plusieurs projets stratégiques s’inscrivant dans le cadre du Plan de développement 2026-2030 traduit la volonté des autorités d’entrer dans une étape concrète de réalisation.
Dans ce contexte, les préparatifs administratifs et techniques ayant été largement engagés, plusieurs projets structurants sont désormais appelés à passer du stade de la planification à celui de l’exécution.
Cette dynamique laisse entrevoir l’amorce d’une phase effective de lancement de grands projets d’infrastructure, appelés à soutenir la croissance économique, moderniser les équipements nationaux et renforcer l’attractivité du pays au cours des prochaines années.
Cela vient ainsi corroborer les déclarations de la Cheffe du gouvernement, qui a déclaré à l’ARP à la fin de l’année 2025 que sous la présidence de Kaïs Saïed «la Tunisie est en mesure d’ouvrir un nouveau chapitre de succès et d’espoir», soulignant au passage que «l’année 2026 marquera le véritable point de départ de la nouvelle Tunisie, celle en laquelle nous croyons et que nous bâtissons ensemble, fondée sur le progrès, le développement et la prospérité».
Et c’est sur instructions du Président de la République qui a appelé à hâter la concrétisation des grandes initiatives économiques et d’infrastructure qu’un Conseil ministériel restreint consacré tenu en février dernier a donné le coup d’envoi concret de quatre projets structurants, avec des mesures opérationnelles pour lever les obstacles, respecter les délais et transformer plans et promesses en emplois, croissance et modernisation visibles au quotidien.
Il s’agit du projet de train à grande vitesse (TGV) et de la réalisation d’un corridor ferroviaire à haute performance reliant le nord au sud du pays, du projet de liaison ferroviaire entre l’aéroport international Tunis-Carthage et le centre-ville de Tunis, du projet d’extension de l’aéroport international Tunis-Carthage, ainsi que du projet de port en eaux profondes et de zone de services économiques et logistiques à Enfidha.
TGV et corridor ferroviaire à haute performance
En première ligne des grands projets d’infrastructure, le TGV et le corridor ferroviaire à haute performance se présentent comme un levier stratégique de cohésion territoriale.
Destiné à désenclaver les régions, il est appelé à assurer une continuité ferroviaire du nord au sud, de Bizerte à Ben Guerdane, tout en reliant les principaux pôles urbains, infrastructures publiques, ports et zones logistiques.
Le tracé prévoit une interconnexion avec le réseau ferroviaire algérien à Annaba via les lignes 1 et 2 (Tabarka – Nefza – Mateur – Jedaida), avant de se prolonger à travers une nouvelle infrastructure jusqu’à Ras Jedir, en desservant Mareth et Médenine, avec un raccordement stratégique au port de Zarzis.
Au-delà de son impact sur le développement économique, social et la création d’emplois, cette ligne constitue une plateforme pour l’intégration future de la Tunisie à des réseaux ferroviaires régionaux plus larges, renforçant son ancrage maghrébin et africain.
Projet d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage
Au grand soulagement de l’opinion publique, qui attendait ce projet depuis longtemps, le ministère du Transport a annoncé le lancement d’un vaste programme d’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage qui a pris un coup de vieux ces dernières années.
Cette initiative vise à porter la capacité d’accueil de l’aéroport de 5 millions à 18,5 millions de passagers par an d’ici fin 2031, assurant ainsi la continuité de son exploitation au-delà de 2050.
Le projet de construction d’un nouvel aéroport a, pour l’instant, été abandonné, a précisé le ministère.
Le ministère rappelle à cet effet que cette extension a été inscrite dans le budget d’investissement de Office de l’aviation civile et des aéroports (Oaca) pour 2026, avec un coût estimatif initial de 3 milliards de dinars.
Le projet prévoit la construction et l’équipement d’une nouvelle aérogare d’une capacité de 11 millions de passagers par an, ainsi que la réorganisation et l’extension partielle de l’aérogare actuelle pour porter sa capacité à 7 millions de passagers. Il comprend également un nouveau bâtiment technique et une tour de contrôle modernisée.
Parmi les autres composantes figurent une nouvelle unité de protection et de lutte contre les incendies, ainsi qu’une centrale électrique et une station de pompage et de stockage d’eau pour répondre aux besoins supplémentaires.
Ce programme représente un véritable tournant pour l’infrastructure aérienne tunisienne sur fond de modernisation des équipements, d’amélioration de l’accueil et de renforcement des services.
L’aéroport sera transformé pour répondre aux standards internationaux et accompagner la croissance continue du trafic aérien.
Enfin, le ministère étudie la possibilité de récupérer l’aéroport international d’Enfidha-Hammamet à l’expiration de sa concession en 2047, avec l’option de le relier à Tunis-Carthage par un train rapide, renforçant ainsi les capacités d’accueil pour accompagner l’évolution du trafic aérien.
L’extension de l’aéroport international de Tunis-Carthage s’inscrit dans une vision nationale intégrée du système aéroportuaire tunisien. Cette stratégie, fondée sur la numérisation, vise à harmoniser les rôles des différents aéroports, garantir la cohérence des investissements avec les objectifs économiques et sociaux, soutenir le tourisme et renforcer la position de la Tunisie comme hub régional du transport aérien.
Projet de port en eaux profondes et d’une zone de services économiques et logistiques à Enfidha
Quant à ce projet structurant, le ministère du Transport a déjà présenté les mécanismes de financement et la feuille de route du futur port en eaux profondes d’Enfidha.
Projet stratégique pour la Tunisie, il doit accompagner la montée en puissance du trafic maritime mondial et renforcer la position logistique du pays en Méditerranée.
A cet effet, le ministre du Transport, Rachid Amri, a présidé une séance consacrée au suivi du port en eaux profondes d’Enfidha et de sa vaste zone de services logistiques. Autour de la table figuraient des responsables du ministère, la PDG de la Société du port d’Enfidha, la PDG de l’Ommp, ainsi que des représentants des ministères de l’Économie, de l’Agriculture, de l’Équipement et de l’Environnement.
La réunion a porté principalement sur les modalités de financement du projet et sur la consolidation de sa feuille de route opérationnelle.
A cet effet, le ministre a réaffirmé le caractère stratégique du port, justifié par la position géographique de la Tunisie au cœur d’une Méditerranée où transite 30% du trafic maritime mondial.
Il a insisté sur la volonté de l’État de poursuivre la réalisation du projet dans le respect strict de la souveraineté nationale, en suivant une approche progressive articulée autour d’un calendrier d’échéances et en cohérence avec les politiques environnementales du pays.
Face à l’intensification de la concurrence portuaire dans la région et aux avancées technologiques rapides du secteur maritime, le ministre a souligné la nécessité d’investir dans des ports de nouvelle génération.
Le futur port d’Enfidha permettra, selon lui, d’accueillir des navires de très grande capacité, de réduire les coûts logistiques, de renforcer l’attractivité des investissements et de soutenir la compétitivité des exportations tunisiennes.
Au-delà de ses dimensions maritimes, le projet s’inscrit dans une vision d’aménagement du territoire. Le ministre a ainsi rappelé que la troisième région du pays reliant la frontière algérienne aux côtes orientales pourra se transformer en pôle logistique régional grâce au port, avec des retombées économiques pour l’ensemble du centre tunisien.
Ces infrastructures stratégiques devraient positionner la Tunisie comme une plateforme régionale et internationale de commerce et de services, favorisant l’ouverture sur les marchés extérieurs et l’intégration des différents modes de transport disponibles dans le pays.
Elles constituent également un important levier de création d’emplois, avec un potentiel significatif dans les secteurs aérien, portuaire, industriel et logistique.