La formation professionnelle à l’heure des réformes : Un secteur à la croisée des chemins !
Il y a longtemps que la formation professionnelle fonctionne à plein régime, marquant, parfois, des points, à bien des égards. N’empêche, son parcours initiatique avait, certes, connu des hauts et des bas.
A vrai dire, elle se porte tantôt bien, tantôt mal.
La Presse —Etant, autrefois, une seconde voie, tracée dans l’ombre d’un système éducatif à deux vitesses, sans avenir certain, ce dispositif de la formation a dû, au fil du temps, se refaire une virginité qui lui a valu confiance et reconnaissance. Toutefois, un tel statut, aussi méritoire soit-il, semble être, aujourd’hui, sujet à l’usure. D’où, il doit passer la vitesse supérieure, afin de reconquérir le terrain perdu.
Parer aux urgences
Son département, lui-même, avait maintes fois reconnu qu’il était temps de faire une mise à jour pour y voir clair et statuer sur un projet de réforme encore, en gestation. Lequel projet figure, déjà, dans le plan de développement 2026-2030. En attendant, il est question de parer aux urgences, commençant, du moins, par la restructuration des centres, l’entretien des bâtiments et des équipements, la révision des approches pédagogiques et l’actualisation des programmes de formation.
En septembre dernier, son ministre, Riadh Chaoued, l’avait dit noir sur blanc : «Le système de la formation professionnelle traverse une mauvaise passe, selon un dernier diagnostic de la situation des centres de formation dans les différentes régions». Cette déclaration intervint lors de la tenue de la conférence nationale des économes rattachés à l’Atfp, cheville ouvrière du secteur et son agence mère. Et c’est bien que l’on procède, à chaque étape, à une certaine évaluation, pesant le pour et le contre, pour mieux avancer. L’examen de l’état des lieux ressemble, en quelque sorte, à une radioscopie qui permet de mettre le doigt sur la plaie.
Et depuis des mois, le ministère de tutelle n’a pas cessé de multiplier les réunions et les débats, en concertation avec ses représentants dans les régions, se penchant, ainsi, sur le devenir d’un secteur à la croisée des chemins. Au point que ses formateurs, ainsi que ses centres sectoriels respectifs, affichent, eux aussi, un besoin d’encadrement et de renforcement de leurs compétences.
Avant tout, faut-il ainsi remettre de l’ordre dans la maison. Autant dire une révolution interne se profile à l’horizon, censée changer la donne, à l’aune du numérique et de nouvelles techniques d’apprentissage professionnel en mesure de relever les défis du chômage et les difficultés d’accès au marché de l’emploi.
Recoller les morceaux
Toujours est-il que la formation professionnelle était, alors, considérée comme une planche de salut, suite à l’abandon scolaire dont le taux est allé crescendo, ces dernières années, mettant l’élève en bas âge face à un destin incertain. Mais, il ne faut pas omettre de souligner l’apport de la formation et son rôle capital dans la réintégration socioéconomique des jeunes postulants. D’autant plus que la demande de formation, semble-t-il, a été revue à la hausse, enregistrant dans nombre de centres une certaine saturation.
On recense, actuellement, plus de 60.000 bénéficiaires au total, avec plus de 1.800 apprenants bacheliers inscrits. Cela dit, le choix des spécialités, la qualité de l’apprentissage et l’amélioration des prestations fournies aux stagiaires sont de nature à impacter positivement le cursus de la formation. Voire aider à recoller les morceaux et faire avancer les choses, dans le sens de créer une nouvelle ambiance au sein des structures de la formation.
Car, tout comme l’école, la formation n’est pas uniquement un espace d’apprentissage en vase clos. C’est bien un vivier de talents, rempli d’idées et de projets de vie. Tout pour le grand bonheur de ses stagiaires. «Le processus de réforme de ce secteur est basé sur une vision stratégique qui tient compte des capacités de l’apprenant en tant qu’axe central de la formation, des choix des filières d’orientation, de l’amélioration des services fournis, de l’encadrement et du développement des contenus de formation à travers l’exploitation des technologies modernes», a relevé, texto, le ministre, à l’ouverture de la conférence périodique des chefs des centres de formation relevant de l’Atfp, organisée le 2 février dernier à Borj Cedria- Ben Arous.
Le volet pédagogique n’est pas, aussi, des moindres. D’ailleurs, cette question a fait, tout récemment, l’objet d’une première conférence, sur deux jours, au cours de laquelle on lui a consacré un débat approfondi. Et partant, l’Atfp compte se lancer, désormais, dans une nouvelle phase de gouvernance pédagogique, en prélude à des prémices de réforme opérationnelle, dans le cadre d’une vision stratégique globale.
Et là, la formation par alternance, le rôle des formateurs, l’implication de l’entreprise dans l’opération et le passage à la digitalisation, tous sont des enjeux à gagner pour la relance d’une formation innovante de plus en plus ouverte sur son environnement professionnel.