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Culture

Notes de lecture – « Si Le Kef m’était conté » de Najet Ghariani : Les contes de l’enchanteresse

  • 12 mars 18:30
  • 3 min de lecture
Notes de lecture – « Si Le Kef m’était conté » de Najet Ghariani : Les contes de l’enchanteresse

Il faut dire que cette tradition et cette culture orales, Najet les a véhiculées des décennies durant de retrouvailles familiales en rassemblements festifs, de cercles en assemblées, de happenings en rencontres académiques.

Son talent de conteuse l’a intronisée médiatrice hors-pair pour la transmission de pans entiers de la mémoire collective, mais également pour diffuser parmi l’auditoire les valeurs fondatrices de notre identité.

La Presse —A l’aube de ce printemps, la brise des hauteurs de Jebel Eddir nous ramène du Nord-Ouest une fragrance vivifiante, régénératrice, sous forme d’un volume intitulé «Si Le Kef m’était conté». Ce titre, il est vrai, est d’une platitude qui contraste avec le relief d’une cité, d’une histoire et d’un présent d’une étonnante richesse (ce sera notre première critique de cet ouvrage).

Fort heureusement, l’édition l’accompagne d’un sous-titre qui, telle une fenêtre donnant sur la magie de l’endroit, nous offre de l’ouvrage une perspective plus affriolante : «Les contes de l’Enchanteresse». De qui s’agit-il ? De Najet Ghariani (c’est ainsi qu’il aurait fallu l’énoncer sur la première page de couverture. Deuxième et dernière critique). Et quand on sait qui est Najet Ghariani, on ne peut que succomber à la tentation de plonger de suite dans la lecture de l’œuvre.

Au dos de la quatrième page de couverture de ce livre, on lit au sujet de l’auteure qu’«elle est venue à l’écriture très tard, après une vie professionnelle bien remplie de cadre supérieur dans l’Administration. Son style et son talent ont peu à peu conquis une large audience de lecteurs sur les réseaux sociaux. Pourquoi ? Parce qu’elle s’inspire d’une tradition et d’une culture orales qui n’ont pas été considérées comme richesses et comme facteurs de création d’identité du Kef et de valeur ajoutée».

Il faut dire que cette tradition et cette culture orales, Najet les a véhiculées des décennies durant de retrouvailles familiales en rassemblements festifs, de cercles en assemblées, de happenings en rencontres académiques. Son talent de conteuse l’a intronisée médiatrice hors-pair pour la transmission de pans entiers de la mémoire collective mais également pour diffuser parmi l’auditoire les valeurs fondatrices de notre identité.

Dans ses récits, Najet mêle réalité et fiction dans une parfaite unité de style narratif qui renvoie à un fonds patrimonial kéfois d’une prodigieuse richesse, témoin d’un passé (lointain et récent) marqué du sceau de l’exception et qui donne à cette ville et à  cette région de Tunisie une place à part (la ville du Kef ne peut-elle pas être considérée comme ayant été durant plusieurs siècles la deuxième capitale du pays ?)

Le passage de l’oral à l’écrit est en soi une gageure. Qui plus est lorsqu’il s’agit d’une langue à une autre, en l’occurrence le français. L’épreuve aura-t-elle été réussie ? Le lecteur en jugera. Mais une chose est certaine : il se dégage de ce volume l’ambiance ouatée de l’enracinement urbain et une chaude atmosphère de terroir dont le mariage restitue dans un tableau unique le particularisme kéfois… et sa magie.

Auteur

Tahar Ayachi

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