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Projet de création de la banque postale : Un soutien à l’inclusion financière

  • 12 mars 20:00
  • 4 min de lecture
Projet de création de la banque postale : Un soutien à l’inclusion financière

Le projet de création d’une banque postale, actuellement à l’examen, devrait apporter une véritable bouffée d’oxygène aux régions, notamment les zones fragiles et défavorisées.

Comprendre que, grâce à un réseau solide de plus de 1.200 bureaux, cette nouvelle création ne manquerait pas de servir une décentralisation financière qui faisait, depuis des années déjà, défaut.

La Presse — La poste tunisienne n’arrive toujours pas à se hisser au niveau du secteur bancaire et prendre, ainsi, des galons. Pourtant, cette activité gagne en qualité, progresse, se modernise, innove régulièrement et performe.

Une équation complexe et paradoxale qui a forcé la réflexion pour l’identification d’une nouvelle parade capable d’inverser la tendance.

D’où l’idée, retenue depuis quelques années déjà, de la création de la banque postale. Une idée ambitieuse mais qui est restée, depuis, au stade de la réflexion et des tergiversations.

Aujourd’hui, cette initiative a fini par prendre forme, avec le lancement, en juillet 2025, d’un projet de loi, en débat depuis quelque temps à l’ARP.

Selon les architectes de ce projet, cette disposition intervient par souci de transformer la poste en véritable institution financière, d’élargir ses marges de manœuvres et de créer, ainsi, une nouvelle institution financière.

Elle aurait pour mérite d’imposer une nouvelle architecture financière nationale, capable de réinstaurer l’équilibre entre les différentes régions, notamment au niveau des zones isolées, qui souffrent, depuis longtemps, de l’exclusion, du moins de la timidité des services financiers dispensés.

En effet, l’objectif prioritaire serait, comme cela a été affirmé, le 16 février dernier, à l’ARP, de mobiliser un opérateur public de proximité en mesure « de bancariser les franges que le secteur privé ne dessert pas ».

Cette initiative entend, également, contrer le marché parallèle intégrant de nouvelles catégories ou encore « corriger les déséquilibres territoriaux qu’une faible densité bancaire aggrave » (voir La Presse du 17 février).

Une dimension sociale conséquente

Et il faut reconnaître que la poste offre toutes les garanties, du moins dans une bonne proportion, pour réussir cette reconversion.

N’oublions pas que la poste tunisienne repose désormais sur un réseau de plus de 1200 bureaux couvrant tout le territoire national et gère plus de 4 millions de comptes d’épargne et environ 2 millions de comptes courants.

Un réseau assez solide qui lui permettrait d’assurer des services de proximité à la fois rapides et importants. Un avantage qui a toujours fait défaut, notamment dans les zones intérieures.

Ce qui est encore plus important, c’est que cette reconversion permettrait, comme on l’a confirmé lors de la présentation du projet, « d’offrir des services diversifiés et, notamment, à avantages préférentiels et mêmes symboliques », ce qui conforte, encore plus, sa dimension sociale.

Ce qui donne, également, plus d’assurance à ce projet, c’est que le réseau postal tunisien ne cesse de gagner en modernisation et en efficacité, grâce notamment, au lancement, depuis quelque temps déjà, d’un programme de numérisation et de digitalisation progressif mais assez important. Un atout considérable qui l’autorise à consolider sa marge de manœuvre et d’élargir, par conséquent, son champ d’actions.

Mais ce qui est réellement important, c’est que cette nouvelle création, une fois traduite au concret, devrait agir comme un soutien de taille à l’inclusion bancaire et un acteur complémentaire plutôt qu’un concurrent « perturbateur ».

Elle s’accorde justement la tâche de bancariser les catégories démunies et de s’attaquer aux détails, parfois négligés par notre secteur financier traditionnel.

Auteur

Anis SOUADI

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