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À J-7 de l’Aïd el-Fitr : La course aux vêtements et aux douceurs est lancée

  • 13 mars 19:15
  • 5 min de lecture
À J-7 de l’Aïd el-Fitr : La course aux vêtements  et aux douceurs est lancée

Pour les Tunisiens, une fête en chasse une autre, en l’occurrence une célébration prend le relais d’une autre. Ramadan et son rituel quotidien fait de tables exceptionnellement copieuses et garnies est déjà fini pour la plupart des ménages tunisiens qui ont déjà la tête aux vêtements et aux pâtisseries et desserts locaux pour célébrer l’avènement proche de l’«Aïd ességhir». Une nouvelle course effrénée aux affaires …

La Presse — À une semaine de l’Aïd el-Fitr, l’effervescence gagne déjà les rues et les marchés tunisiens. À peine le rythme de Ramadan installé que de nombreux ménages tournent déjà leurs regards vers la préparation de l’«Aïd ességhir», une fête très attendue qui marque la fin du mois sacré. Pour beaucoup de familles, Ramadan rime avec tables généreuses et dépenses importantes, notamment pour l’alimentation et les pâtisseries traditionnelles.

Pourtant, malgré ces charges, les préparatifs de l’Aïd commencent bien avant la fin du mois. Les Tunisiens se lancent alors dans une véritable course aux achats, en particulier pour les vêtements destinés aux enfants.

Dans les rues commerçantes de la capitale, l’animation s’intensifie surtout après l’Iftar. Les familles profitent de la fraîcheur du soir pour parcourir les magasins et comparer les prix. Au souk Boumendil ou dans les boutiques du centre-ville comme à la rue Charles de Gaulle ou la rue d’Espagne outre les centres commerciaux, les clients sont nombreux à la recherche de bonnes affaires pour anticiper les dépenses de l’Aïd et contourner la cherté de la vie en profitant des derniers jours des soldes, ou de promotions et déstockage.

Achat d’habits neufs

Certains témoignages traduisent bien cette ambiance. Un jeune père raconte avoir profité d’une sortie en ville avec son épouse pour acheter les vêtements de leur enfant âgé d’un an : «J’ai aussi pris pour moi un ensemble veste et pull élégant. Cela m’a coûté 150 dinars, mais la qualité est bonne», explique-t-il. De leur côté, les enfants vivent cette période avec enthousiasme.

Une fillette confie, les yeux brillants : «Nous aimons l’Aïd parce que nous avons de nouveaux habits. J’ai acheté des espadrilles et un pull, et je vais encore choisir un sac et des accessoires.»

Cependant, les avis divergent concernant les prix. En observant les vitrines de vêtements et de chaussures, certains consommateurs estiment que les tenues de l’Aïd deviennent de plus en plus chères d’année en année, ce qui pousse de nombreuses familles à comparer attentivement les tarifs d’un magasin à l’autre.

A l’assaut des gourmandises

Hormis les vêtements, les pâtisseries et gourmandises sucrées occupent également une place centrale dans les préparatifs. Selon une mère de famille de 3e âge, la consommation de pâtisseries traditionnelles augmente sensiblement durant cette période. Des spécialités comme le makroudh, la zlabia, les makhareq, le kaak warka ou encore la ghraiba reflètent un patrimoine culinaire profondément ancré dans les traditions tunisiennes. Une autre dame plus jeune interrogée a fait part de sa motivation à l’achat : «Avant, on préparait ensemble, en famille ou entre amies, les biscuits et les baklawas pour agrémenter l’Aïd, avec effervescence.

Désormais, c’est différent, on achète chacune le nécessaire, plutôt que de le préparer nous-mêmes». Les pâtissiers, de leur côté, se préparent plusieurs jours à l’avance pour répondre à la forte demande. Les étals se remplissent alors de baklava, de makroudh ou encore de zlabia, très prisés pendant les soirées de Ramadan et les jours de fête. Ces douceurs occupent une place importante sur les tables familiales et participent à l’atmosphère conviviale du mois sacré. Une tradition qui s’est perpétuée dans le temps et «qui ne disparaît pas et n’a pas perdu une once de son charme» selon un jeune homme.

Toutefois, les spécialistes de la santé rappellent l’importance de la modération. Une consommation excessive de pâtisseries peut avoir des effets néfastes, et les médecins recommandent d’adopter une alimentation équilibrée durant cette période festive.

Ainsi, entre achats de vêtements, recherche de bonnes affaires et préparation de douceurs traditionnelles, les Tunisiens entrent progressivement dans l’ambiance de l’Aïd el-Fitr. Une fête où se mêlent traditions, joie des enfants et moments de partage en famille. Pour les enfants, assis sur un nuage, c’est une attente interminable pour les récompenses faites d’étrennes et de tours de manèges pour la circonstance.

Auteur

Mohamed Salem Kechiche

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