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Sport

En marge du débat Ramadan et football : Il y a trop de blessures

  • 13 mars 18:00
  • 4 min de lecture
En marge du débat Ramadan et football : Il y a trop de blessures

L’hygiène de vie, l’alimentation, la charge des entraînements, le rythme devenu fou des compétitions, tout cela explique ce nombre de blessures de plus en plus élevé.

La Presse — Il n’est pas de notre ressort de discuter de l’opportunité de rompre le jeûne ou de s’y soumettre au cours du mois de Ramadan.

En Europe notamment, où évoluent un grand nombre de joueurs qui jeûnent, on a trouvé la formule. Quelques minutes pour rompre ce jeûne et la partie reprend. Cela fait maintenant partie des usages et même les récalcitrants qui se trouvent parmi le public s’y adaptent.

De toutes les façons, c’est une question personnelle et chacun agit tel qu’il l’entend, tout en sachant que ces pays sont équipés, sont en mesure de jouer en nocturne et possèdent une logistique convenable.

Mais considérant les problèmes que l’on enregistre, les joueurs qui entrent en conflit avec leurs entraîneurs ou leurs clubs,  nous pensons qu’il faudrait trouver une solution qui puisse satisfaire tout le monde. Les calendriers dans tous les pays du monde deviennent de plus en plus chargés. Les confédérations tout comme l‘Uefa ou la Fifa multiplient les tournois, coupes ou championnats.

L’argent  qui coule à flots incite aux risques, mais ce sont  les sportifs, les joueurs qui paient en fin de compte.  Sans compter ce que coûte un joueur blessé, donc indisponible, pour les clubs.Indépendamment de l’hygiène de vie et du sérieux de comportement, la charge de travail devient si intense que les blessures se multiplient.

On a beau être  prévenants, sérieux, bien préparés, il y a de ces improbabilités qui brouillent les cartes. Les meilleurs joueurs, ceux que l’on a toujours considérés comme les plus sérieux, finissent par craquer. Avec l’âge, pour certains d’entre eux, tout va plus vite. C’est ainsi que les examens médicaux passés par la star portugaise Cristiano Ronaldo, blessé dernièrement,  ont révélé une déchirure du tendon de l’ischio-jambier.

Sur le plan médical, cette blessure est considérée comme particulièrement délicate et nécessite une grande prudence dans sa prise en charge, d’autant que le diagnostic préliminaire a montré des lésions musculaires plus importantes que ce qui était initialement envisagé.

Malgré une condition physique exceptionnelle, l’accumulation des blessures, conjuguée à l’enchaînement des rencontres, place l’entraîneur  dans une véritable impasse pour compenser un vide aussi important.

Dosage de la charge d’entraînement

« La charge d’entraînement, combinant intensité et volume, est cruciale pour l’adaptation physiologique et l’amélioration des performances. Un dosage optimal stimule le corps, mais une mauvaise gestion (trop élevée ou trop faible) engendre fatigue, blessures, baisse de performance et surentraînement ». Ce n’est point là une généralité, mais une règle qu’impose la médecine du sport.

Déplacements,   compétitions et   vie quotidienne s’ajoutent à la charge physique.La récupération devient dès lors cruciale pour adapter le corps et préserver les tendons qui récupèrent plus lentement que les muscles.

La réalité physiologique rend particulièrement critique la durée d’indisponibilité. Le corps du joueur pourrait nécessiter davantage de temps de repos pour parvenir à une récupération complète et éviter toute complication secondaire.

Ce n’est souvent pas le cas et pour des considérations de résultats, on prend le risque d’aller au-devant d’une rechute qui pourrait tout compromettre.

Nous enregistrons de plus en plus de blessures assez graves pour éloigner des éléments qui comptent dans l’effectif de leurs équipes.Il va de soi que le rythme en dents de scie de nos compétitions favorise  ces accidents. Les préparateurs physiques s’ingénient pour calculer les risques, les temps de récupération, de travailler avec le staff médical pour remettre en état un joueur, il y a toujours des impondérables qui viennent tout fausser.

De toutes les manières, exiger que l’on revoie le dossier « Ramadan et compétition » demande, avant tout, des installations sportives adaptées, des moyens de transport minimums (on joue à treize ou quatorze heures  et on n’a aucun moyen de rentrer chez soi) et une préparation adéquate.

La solution n’est pas pour demain.

Auteur

Kamel GHATTAS

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