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Economie

Dette publique : Transformer l’endettement en moteur d’investissement

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  • 15 mars 18:45
  • 4 min de lecture
Dette publique : Transformer l’endettement en moteur d’investissement

La Tunisie se trouve à un carrefour crucial de sa politique économique. Alors que la dette publique atteint des niveaux historiquement élevés, dépassant 140 milliards de dinars fin 2025, la question de sa gestion devient un véritable enjeu stratégique.

La Presse — La dette extérieure constitue aujourd’hui un enjeu majeur pour la politique économique tunisienne. La gestion de l’endettement public apparaît comme un exercice particulièrement délicat pour les autorités économiques. Selon le ministère des Finances, la dette extérieure correspond à l’ensemble des emprunts contractés par l’Etat auprès de créanciers non-résidents, destinés à financer les besoins en devises du pays, soutenir les projets publics et accompagner les investissements des entreprises publiques.

A fin 2025, l’encours de la dette publique tunisienne s’est élevé à 141,7 milliards de dinars, soit environ 82,1 % du produit intérieur brut. Bien que ce ratio demeure relativement élevé, sa légère baisse par rapport à l’année précédente s’explique notamment par une croissance nominale du PIB plus rapide que celle de la dette.

Un basculement vers l’endettement intérieur

Parallèlement, la structure de l’endettement a connu une évolution notable : la part de la dette interne représente désormais près de 61% de l’encours total, contre 39 % pour la dette extérieure.

Ce basculement progressif traduit une volonté des autorités de limiter l’exposition du pays aux risques de change et aux fluctuations des marchés internationaux. Toutefois, cette orientation n’est pas sans conséquences, puisqu’elle exerce également une pression croissante sur les ressources du système financier national et sur la capacité de financement de l’investissement privé.

La structure de la dette extérieure tunisienne demeure par ailleurs fortement dépendante des principales devises internationales, en particulier l’euro et le dollar. Cette dépendance renforce la sensibilité de l’économie nationale aux variations des taux de change et aux décisions de politique monétaire des grandes banques centrales.

Toute appréciation de ces monnaies par rapport au dinar pourrait ainsi alourdir le poids réel de la dette et accentuer les pressions sur les finances publiques, notamment dans un environnement international caractérisé par des incertitudes économiques et géopolitiques persistantes.

Pour Ridha Mrabet, ancien président-directeur général d’une Sicar régionale, la véritable problématique ne réside pas uniquement dans le niveau de l’endettement, mais surtout dans la manière dont les ressources empruntées sont utilisées.

Selon lui, l’endettement peut constituer un véritable levier de développement économique à condition qu’il soit orienté vers des investissements productifs et structurants, capables de générer de la croissance durable, de renforcer la compétitivité de l’économie et de produire des recettes en devises.

Convertir la dette en investissements

Dans cette perspective, la conversion de la dette en investissements apparaît comme une piste stratégique susceptible de transformer une contrainte financière en opportunité de développement.

Ce mécanisme permettrait d’alléger le fardeau de la dette tout en finançant des projets structurants dans des secteurs clés, tels que la transition énergétique, la protection de l’environnement, les infrastructures, la santé ou encore l’innovation technologique.

La mise en place d’un fonds d’investissement, alimenté en partie par ces opérations de conversion de dette et par la mobilisation de capitaux publics et privés, pourrait ainsi contribuer à soutenir des projets à forte valeur ajoutée, notamment dans les régions intérieures. Une telle approche offrirait également l’opportunité de transformer progressivement la dette publique en un véritable levier de relance économique et de développement durable pour la Tunisie, a conclu Mrabet.

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Auteur

Sabrine AHMED

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