Jeûne et perte de poids : Equilibrer la balance énergétique
Marquer d’une pierre deux coups en perdant les kilos de trop durant Ramadan est possible. Si le jeûne durant ce mois rejoint en quelque sorte le principe du jeûne intermittent comme technique amincissante — à des différences près —, il se caractérise toutefois par des repas de rupture du jeûne trop copieux pour être diététiques.
Autant éviter de tomber dans le piège de la gourmandise et rééquilibrer la balance entre les apports caloriques et les dépenses énergétiques pour une silhouette idéale et un bien-être garanti.
La Presse — Pour saisir l’opportunité qu’offre Ramadan aux personnes qui souhaiteraient mincir avant l’été, il convient avant toute chose de comprendre les avantages et les inconvénients relatifs à ce mois. Selon les données fournies par Mme Sonia Ouni, nutritionniste, certaines spécificités du rythme ramadanesque risquent de favoriser la prise de poids.
« L’alimentation nocturne, l’augmentation de l’apport calorique des aliments consommés – de par la nature des ingrédients et du mode de cuisson-, la réduction de l’activité physique et la détérioration de la qualité du sommeil convergent vers une prise de poids en dépit du jeûne », indique-t-elle à La Presse.
En effet, le jeûne se trouve interrompu par des repas riches en gras, suite au recours aux fritures, aux fromages et à d’autres matières grasses comme les crème fraîches. Les aliments salés qui agrémentent les hors-d’œuvre et les salades dont le thon, l’anchois, les olives et les variantes hissent l’appétit et favorisent la rétention d’eau.
« Durant les soirées ramadanesques, les Tunisiens consomment beaucoup de sucreries, dont certaines sont préparées à base de sucres lents frits puis arrosées de sirop de sucre. C’est le cas des gâteaux traditionnels comme la zlabia, les mkharaq, le makroudh, etc. De tels aliments sont hypercaloriques et contribuent, par conséquent, à la prise de poids », explique la nutritionniste.
Elle ajoute : « Pour prévenir la prise de poids et perdre les kilos de trop, il est primordial d’opter pour une alimentation parfaitement adaptée à notre rythme de vie, à nos besoins nutritionnels et à notre activité physique. Pour ce, il est recommandé de réduire les apports caloriques afin d’équilibrer la balance énergétique ».
Moins de gras, de sucre et de farine blanche
La diminution des apports caloriques commence par la réduction du stockage des graisses via la diminution de la consommation des produits gras. Pour ce, il convient d’éviter les aliments riches en acides gras saturés. Ces derniers se trouvent aussi bien dans des ingrédients basiques que dans des aliments frits. Le mode de cuisson est à prendre en considération.
Une rupture de jeûne équilibrée doit contenir moins de gras, moins de sucres simples ou rapides, mais aussi moins de sucres lents et de pain ! Rappelons que la consommation du pain durant Ramadan augmente de 135% et ce, selon les chiffres de l’Institut national de la consommation. La consommation des pâtes notamment les macaronis, le couscous et des produits similaires fait, également, partie des habitudes alimentaires des Tunisiens.
Rationaliser la consommation
Parallèlement à l’évitement des aliments hypercaloriques, la spécialiste en sciences de la nutrition recommande d’introduire deux rations de légumes crus dans les deux repas ramadanesques, soit à la rupture du jeûne et au « s’hour ». « Les légumes crus impactent positivement l’organisme et réduisent même les pics glycémiques », fait-elle remarquer en insistant sur les légumes cuits dans le cas de troubles intestinaux ou gastriques.
Finalement, pour préserver sa ligne et sa santé durant Ramadan, rien n’est plus utile que la rationalisation de l’apport nutritionnel et la réduction de celui calorique. Et pour éviter le sentiment de frustration, il est judicieux de se contenter d’une pièce de sucrerie en tâchant d’éviter d’autres écarts pour la soirée et le « s’hour ».
A une nutrition saine et équilibrée, une demi-heure de marche par jour serait utile. Pour les férus de sport, mieux vaut prendre l’avis d’un cardiologue avant de se hasarder aux entraînements nocturnes. Ces derniers ne sont tolérés, généralement, que deux ou trois heures après la rupture du jeûne.



