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Maladie rénale chronique : La greffe est-elle un dernier recours thérapeutique ?

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  • 16 mars 18:45
  • 6 min de lecture
Maladie rénale chronique : La greffe est-elle un dernier recours thérapeutique ?

On vient de célébrer la journée mondiale du rein, coïncidant avec le 2e jeudi de mars, placée, cette année, sous le slogan «La santé rénale pour tous : prendre soin des personnes et protéger la planète ».

La Presse — Dans la foulée, les journées porte-à-porte, parcourant, à cette occasion, les hôpitaux et les régions du pays, ne sont guère arbitraires, d’autant plus qu’elles nous alertent sur la gravité de la maladie rénale et ses éventuels risques sur la santé. La sensibilisation est toujours de mise.

« Un des fléaux de la santé publique actuellement en nette croissance dans le monde, la maladie rénale chronique a déjà été classée, par l’OMS, parmi les priorités sanitaires mondiales », révèle, Dr Lilia Ben Fatma, professeur de néphrologie, dialyse et transplantation rénale. Voire un véritable danger, poursuit-elle, qui s’explique, également, par l’augmentation de la prévalence de la maladie rénale dans le monde, du fait qu’elle est, aujourd’hui, l’une des causes de mortalité.

Tout savoir sur une maladie silencieuse

Et voilà pourquoi l’OMS l’avait ainsi classée comme un défi sanitaire de taille dont il faudrait relever. Chiffres à l’appui, « plus de 2,4 millions de décès dans le monde à cause de cette maladie, alors qu’environ 800 millions de patients vivent avec, soit un nombre aussi faramineux », évoque-t-elle, pointant du doigt deux principales causes, à savoir l’hypertension artérielle et le diabète. Ces derniers, des maladies métaboliques, sont aussi considérés comme une cause de mortalité chez les insuffisants rénaux, générant des coûts et des surcoûts pour la communauté, afin de gérer ce genre de maladies.

Sous nos cieux, un tunisien sur dix souffre d’une maladie rénale, selon les statistiques de la Société tunisienne de néphrologie, dialyse et transplantation rénale (Stndt). Sur un autre plan, les chiffres en disent aussi long : « Plus de 13 mille patients tunisiens sont sous dialyse, dont les solutions qu’on peut leur proposer sont encore limitées et que la greffe rénale reste la meilleure solution.

Toutefois, près de 1.700 patients sont encore sur la liste d’attente. Les autres sont en train de subir la dialyse pour pouvoir survivre », recense Pr Ben Fatma. Cependant, ce nombre de patients inscrits sur les listes d’attente dépasse largement celui de transplantations réalisées, a déclaré, en marge de ladite journée, Boutheina Zennad, coordinatrice chargée de la sensibilisation au don d’organes au Centre national pour la promotion de la transplantation d’organes (Cnpto).

Face à ce flux d’insuffisants rénaux, le don d’organes signifie ainsi don de vie, vu que la greffe de rein se définit, jusque-là, comme l’ultime recours thérapeutique. Or, cela n’est pas toujours évident : « L’année dernière, seulement 73 greffes de rein ont été réalisées dont 23 interventions provenant de donneurs en état de mort cérébrale et 50 greffes issues de donneurs vivants », selon Mme Zenned.

Pour mieux comprendre cette maladie rénale, Pr Ben Fatma s’est référée à deux études faites par la Stndt, selon lesquelles 38% des diabétiques ont déjà les reins touchés, contre 44% chez les malades hypertendus. Ce qui est intrigant pour elle, c’est que la moitié des patients détectés ne savaient pas qu’ils étaient atteints d’une maladie rénale parce qu’ils n’en présentaient aucun symptôme. Cela dit, il s’agit d’une « maladie silencieuse ». «Et c’est ce qui fait tout son danger, puisqu’elle ne donne pas des signes évidents qui poussent le malade à aller consulter et avoir un diagnostic précoce.

Car, ses signes n’apparaissent, en général, que lorsque la maladie évolue à des stades très avancés et quand l’état de santé devient de plus en compliqué», explique-t-elle. Au niveau de la Société tunisienne de néphrologie, annonce-t-elle, on est en train de travailler sur un guide médical pour le dépistage des maladies, via deux tests du sang et des urines. Tout sera mis en œuvre pour détecter la maladie le plus précocement possible.

Conseils d’une néphrologue

Autant dire ques le dépistage précoce revêt, un aspect préventif, du moins pour deux raisons : « Plus on détecte, tôt, la maladie, plus elle devient traitable et on pourra proposer au patient de garder la santé de ses reins et ne pas aboutir à la dialyse. Plus on arrive tard, plus les choses se compliquent et la maladie demeure intraitable », fait-elle encore savoir, soulignant que le dépistage précoce pourrait sauver des vies, tant que la maladie n’atteint pas encore sa phase finale où commence la dialyse.

Comment faire pour que la santé de nos reins soit préservée ? Adopter de bonnes habitudes alimentaires sur le long terme : « Manger sain, avec le moins gras possible, moins de sucre et moins de sel. Cette alimentation saine assure la santé du rein. Il faut également éviter le tabac, considéré, lui aussi, comme un ennemi de la santé rénale.

L’activité physique reste également conseillée (marche entre une demi-heure et une heure)», conseille la néphrologue. Elle a ajouté que le rein est un organe qui aime être hydraté, avec un apport en eau régulier autour de 1,5 à 2 litres d’eau par jour pour une personne moyenne, et que cette quantité d’eau soit fractionnée tout au long de la journée.

D’autres précautions, non des moindres : le contrôle des maladies sous-jacentes (diabète, hypertension, calculs rénaux), d’où il est indiqué d’équilibrer son diabète et son hypertension et d’assurer un traitement pour les calculs rénaux. Eviter de consommer des médicaments sans l’accord du médecin, parce qu’il existe des médicaments toxiques pour les reins. Gare à l’automédication pour ne pas s’exposer à des risques de surdosage ou de toxicité. Le message est, donc, clair et net : mieux vaut prévenir que guérir !

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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