Rien que de prononcer le mot Zrir, on a déjà l’eau à la bouche… Spécialité exclusivement tunisienne dont la recette originelle est faite à base de crème de sésame, de noisettes, de beurre et de miel, le Zrir porte l’emblème de la naissance, du renouveau et de la jovialité.
Si jadis, il a été associé aux nouvelles naissances, de nos jours, le Zrir se libère de ses chaînes en s’imposant en tant que douceur sucrée à part entière.
D’ailleurs si autrefois, la recette n’apparaissait qu’une fois le cri d’un nouveau-né est entendu, à présent le Zrir se fait préparer pour plusieurs occasions. On en trouve même dans les pâtisseries et les épiceries fines. Zoom sur mets exceptionnel
Origines indéterminées
Bien qu’il soit difficile de déterminer précisément la date et les circonstances de son invention, le Zrir s’inscrit incontestablement dans la lignée des préparations tunisiennes ancestrales typiques.
Certes, il n’est hélas pas documenté par une date exacte, mais son histoire s’enracine dans les traditions culinaires les plus anciennes de la Tunisie et nous renvoie à une époque très lointaine.
Une époque antique où la méthode de préparation consistait à griller des graines et des fruits secs pour les mélanger à du miel. Cette tradition remonte à l’ère carthaginoise où ces ingrédients étaient déjà les piliers de l’alimentation énergétique dans l’Antiquité méditerranéenne.
Dès lors la consommation des « boules énergétiques » faites à base de sésame, miel et fruits secs était déjà une tradition de l’époque carthaginoise et romaine. Mais la culture berbère et arabe l’a fait perpétuer.
D’ailleurs, comme beaucoup de plats tunisiens, le Zrir est le fruit d’un métissage entre les techniques berbères (utilisation de céréales et graines) et les apports orientaux (raffinage des confiseries). Ainsi, le zrir est le fruit d’un métissage millénaire entre les techniques de transformation des graines des populations berbères autochtones et les apports sucrés (miel, beurre clarifié) des cultures successives.
Tradition et symbolique
Depuis plus d’un siècle, le zrir est indissociable de la cérémonie de la naissance en Tunisie. C’est un must pour le régime de toute nouvelle maman pour l’aider à recouvrer ses forces et à favoriser l’allaitement grâce à sa haute teneur en nutriments.
C’est également le mets que l’on offre obligatoirement aux proches venus féliciter la famille pour l’arrivée du nouveau-né. Il est généralement servi dans de petits verres en miniatures. Sa richesse symbolise l’abondance et la douceur souhaitées pour la vie de l’enfant qui vient de naître.
Aujourd’hui, le zrir n’est plus exclusif aux fêtes de naissance, il est aussi consommé pendant les soirées de Ramadan pour sa capacité à soutenir l’effort du jeûne. Il n’est plus non plus fait seulement à base de sésame et de noisettes.
La crème onctueuse faite de graines de sésames torréfiées et moulues est certes utilisée comme base de la recette, mais aujourd’hui, on y ajoute ou bien une pâte de noisette, ou bien encore une pâte de pignons de pin, de pistache, de noix.
Certains utilisent même du praliné. Mais le beurre ou beurre clarifié ainsi que e miel et le sirop de sucre sont indispensables pour lier le tout.
C’est donc un produit du terroir tunisien transmis de génération en génération, dont la forme actuelle s’est stabilisée au fil des siècles pour devenir un incontournable du patrimoine national. Cependant, il s’agit aussi d’un met qui renaît continuellement et qui ne cesse d’évoluer au fil des années.


