Les grandes parades économiques
Encore une fois, l’économie nationale est appelée à composer avec une nouvelle conjoncture complexe et à risque. C’est que la situation sécuritaire au Moyen-Orient, avec tout ce que cela implique comme nouveautés sur l’agenda géopolitique, devrait inverser, totalement, la donne au niveau du marché économique international.
La flambée des cours du pétrole, la hausse des coûts de production, l’augmentation des tarifs du transport en raison des perturbations au niveau des routes maritimes, le bouleversement des chaînes d’approvisionnement et l’affolement des marchés financiers devraient imposer de nouvelles politiques, dicter de nouveaux programmes et pousser, bien entendu, à des scénarios de riposte fiables.
Et même s’il est encore tôt de se prononcer, avec exactitude, sur l’ampleur de ce conflit, tout laisse à croire que l’impact serait assez profond. Les spécialistes parlent déjà d’un choc inflationniste beaucoup plus important que celui provoqué par le conflit russo-ukrainien. Et tous les pays se retrouvent, malheureusement, dans le même panier. Seul le degré d’impact diffère d’un Etat à l’autre.
Pour l’économie tunisienne, et même si la situation est toujours gérable, nos décideurs sont, désormais, en état d’alerte, alors que nos architectes économiques commencent à dessiner, déjà, les différents scénarios de riposte pour parer à toute éventualité, du moins en réduire l’effet.
Les analystes reconnaissent, en effet, que les conséquences du conflit, notamment en cas de prolongation, seraient très lourdes, en particulier en termes d’équilibres financiers et de préservation du pouvoir d’achat. Deux fondamentaux du modèle de développement national.
N’oublions pas que, selon les projections des experts, le prix du baril, actuellement à 104 dollars, pourrait atteindre, d’ici peu les 150 dollars. Un seuil qui donne froid dans le dos, surtout que le budget de l’Etat pour 2026 a tablé sur une moyenne de 63 dollars. La pression sur nos finances, déjà timides, serait donc énorme.
Face à un tel tableau peu reluisant, l’économie tunisienne doit anticiper certaines éventualités, notamment en termes d’identification de nouvelles pistes d’approvisionnement, de sécurisation des stocks disponibles, d’ajustement des subventions budgétaires et de stabilisation des prix.
L’économie tunisienne est appelée, en même temps, à prendre les dispositions adéquates pour amortir, au maximum, l’impact de cette conjoncture sur nos secteurs stratégiques, l’industrie, le transport, le commerce international et aussi et, surtout, le tourisme qui se replace, depuis quelques années, comme une activité capitale pour l’économie tunisienne. Grâce à des performances régulièrement à la hausse.
Mais à quelque chose malheur est bon: la Tunisie, grâce à ses multiples avantages, sa position géographique, en premier lieu, pourrait transformer les défis qu’impose ce conflit en opportunités réelles. Cela suppose, néanmoins, d’adopter de nouvelles stratégies et de nouvelles orientations.



