Cette élection n’est pas un simple renouvellement de mandat ; elle symbolise une double révolution pour l’illustre demeure de Carthage. En succédant à Mahmoud Ben Romdhane, la professeure Bahri devient la toute première femme à s’installer dans le fauteuil présidentiel depuis la fondation de l’Académie en 1983.
L’Académie tunisienne des sciences, des lettres et des arts, Beït al-Hikma, a vécu ce samedi 14 mars 2026 un moment de bascule marquant de son empreinte l’histoire intellectuelle de la Tunisie. Au terme d’un scrutin serré et d’une compétition de haut vol au sein de l’assemblée générale, la professeure Raja Yassine Bahri a été élue à la présidence de l’institution, recueillant vingt-cinq suffrages face à des candidats de grande valeur tels que Moncef Ben Abdeljelil, Khaled Ghédira et Hafedh Abdelmlak.
Cette élection n’est pas un simple renouvellement de mandat, elle symbolise une double révolution pour l’illustre demeure de Carthage. En succédant à Mahmoud Ben Romdhane, la professeure Bahri devient la toute première femme à s’installer dans le fauteuil présidentiel depuis la fondation de l’Académie en 1983.
Elle incarne également la consolidation d’un modèle démocratique encore jeune : si, avant 2015, les présidents étaient désignés par décret, elle est la troisième personnalité à devoir sa légitimité au vote souverain du conseil scientifique, après Abdelmajid Charfi et son prédécesseur direct.
Le parcours de la nouvelle présidente justifie l’ampleur de cette confiance. Universitaire de renom et docteure en civilisation espagnole, Raja Yassine Bahri a longtemps dirigé le département des Lettres de l’Académie, s’imposant par une œuvre scientifique rigoureuse tournée vers la Méditerranée.
Ses recherches sur le destin des Morisques, ces exilés d’Andalousie dont l’intégration a profondément façonné l’identité culturelle et économique de la Tunisie, font d’elle une passerelle entre les époques et les rives.
Reconnue internationalement, membre de l’Académie royale d’histoire de Madrid et décorée par le roi Juan Carlos d’Espagne comme par l’Université de New York, elle apporte à Beït al-Hikma un prestige qui dépasse les frontières nationales.
En prenant les rênes de cette institution séculaire, la professeure Bahri n’ouvre pas seulement une nouvelle page pour les femmes du savoir ; elle réaffirme l’importance de l’excellence académique et de l’engagement culturel comme piliers essentiels de la modernité tunisienne.
C’est donc avec une immense joie et une profonde fierté que je tiens à adresser mes plus sincères félicitations à mon amie, très chère Raja.
Que ce nouveau chapitre à la tête de l’Académie soit couronné de succès et de rayonnement pour la pensée universelle.
Ad maiora semper !



