Gaza, Liban : même logique, mêmes ravages
Dans la région, toute l’attention est désormais concentrée sur Ormuz, alors que Donald Trump fait pression sur ses alliés, ainsi que sur la Chine, pour permettre le trafic d’hydrocarbures et le sécuriser dans un détroit que l’Iran menace de verrouiller. Dans ce contexte de chaos et de destructions que la mesure a engendrés, Tsahal engage une offensive au Liban. Les Libanais craignent une invasion terrestre au Sud, zone tampon que l’occupant essaie d’imposer.
Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une guerre de plus, ouverte par l’Etat sioniste dans un contexte de chaos généralisé dont il tire parti. Plus d’un millier de frappes, des centaines de morts, des milliers de blessés. Des civils visés, des infrastructures détruites, un centre de santé pulvérisé avec ses médecins et ses infirmiers. Et, comme toujours, la même justification : la lutte contre le Hezbollah. Un argument répété jusqu’à l’usure, brandi pour légitimer l’illégitime.
Le scénario est désormais familier. Gaza dévastée, des dizaines de milliers de morts. La Cisjordanie grignotée, colonisée, morcelée. La Syrie et l’Irak frappés, l’Iran bombardé avec des milliers de cibles atteintes. Et maintenant le Liban. À chaque fois, la même mécanique: élargir le front, intensifier la violence, repousser les limites— et tester, encore, l’absence de conséquences.
Le cessez-le-feu de novembre 2024 ? Une illusion, (un arrêt tactique ?) rien de plus. Aujourd’hui, cent mille soldats sont mobilisés, et la perspective d’un enlisement prolongé ne semble effrayer personne dans le milieu politique génocidaire.
Pendant ce temps, au Sud du Liban, un million de déplacés errent sans horizon ou logent dans des abris de fortune. Leurs maisons détruites, leurs terres abandonnées, leur avenir suspendu. L’État libanais appelle à une trêve, propose des négociations, l’ONU lui emboîte le pas. Réponse de l’Etat voyou : refus catégorique. La diplomatie est disqualifiée, dédaignée, méprisée.
Antonio Guterres peut bien rappeler qu’«il n’y a pas de solution militaire». Cette évidence est devenue inaudible (hélas !). Sur le terrain, c’est une autre doctrine qui prévaut : la force comme unique langage, la destruction comme méthode, la peur comme stratégie.
Israël Katz, ministre de la Défense de Netanyahu, le dit sans détour : le Liban-Sud doit connaître le sort de Gaza, et ses habitants ne rentreront pas chez eux tant que la menace persistera. Autrement dit : la guerre comme condition normale, l’exil comme variable acceptable, la punition collective comme levier assumé.
Car à force de tout justifier, on finit par tout permettre. Et à force de tout permettre, on prépare des catastrophes: celle du Liban en fait désormais partie.



