gradient blue
gradient blue
Economie

Ils ont dit

Avatar photo
  • 18 mars 19:45
  • 4 min de lecture
Ils ont dit

Dhafer Sghiri, député 

La Presse — « La mise en œuvre de la nouvelle législation encadrant l’usage des chèques en Tunisie suscite des réserves, notamment en raison de l’implication que je juge insuffisante de la Banque centrale de Tunisie dans l’accompagnement de cette réforme.

Les mécanismes actuellement mis en place par l’institution monétaire ne répondent pas pleinement aux exigences de la nouvelle réglementation.

La plateforme instaurée dans le cadre de l’application de la loi constitue certes une première étape, mais elle reste insuffisante pour assurer une régulation efficace du marché des paiements.

La Banque centrale doit adopter une démarche plus proactive, notamment en matière de contrôle de l’application de la loi et de suivi opérationnel des nouvelles dispositions relatives aux chèques.

La réussite de cette réforme dépend d’un dispositif de supervision solide et d’un engagement plus marqué de l’autorité monétaire. Au-delà de la question du chèque, le défi de la modernisation des moyens de paiement en Tunisie reste entier.

L’absence d’initiatives structurantes visant à promouvoir des alternatives, telles que l’extension de l’usage des cartes bancaires ou le développement de facilités de paiement similaires à celles en vigueur dans plusieurs économies avancées, constitue un frein à cette évolution.

La Banque centrale de Tunisie doit jouer un rôle plus actif dans la transition vers une économie davantage numérisée et moins dépendante du chèque, un instrument qui demeure très utilisé dans les transactions commerciales locales.

Il est nécessaire qu’elle assume un rôle pionnier dans ce domaine, en ouvrant un véritable débat et en encourageant l’adoption de moyens de paiement alternatifs, car l’approche actuelle apparaît trop prudente.

Une orientation excessivement conservatrice dans la conduite de la politique monétaire et réglementaire freine l’émergence d’innovations financières et limite l’adaptation du système bancaire tunisien aux évolutions des pratiques de paiement à l’échelle internationale.

D’autres dossiers réglementaires demeurent par ailleurs insuffisamment clarifiés, notamment l’application de la loi relative à l’accès aux comptes en devises ainsi que la position de la Banque centrale concernant le projet de réforme du code des changes.

Sur ces questions, les orientations de l’institution monétaire restent encore peu lisibles pour les acteurs économiques et financiers ».

Anis Wahabi, expert-comptable

« La hausse des prix du pétrole entraînerait inévitablement une augmentation de la facture énergétique de la Tunisie, surtout si cette situation venait à se prolonger.

La loi de finances 2026 est basée sur un prix du pétrole de 63,3 dollars le baril, et toute augmentation d’un seul dollar sur une année se traduira par une hausse de la facture énergétique d’environ 160 millions de dinars.

Cela alourdira davantage le fardeau des dépenses publiques, d’autant plus que l’Etat continue de subventionner les produits pétroliers.

L’impact économique de cette crise pourrait toutefois rester limité si la stabilité géopolitique est rapidement rétablie et si les prix du pétrole se stabilisent.

En revanche, une hausse durable des prix pourrait affecter significativement la balance commerciale du pays, étant donné que la facture énergétique représente plus de 50 % du déficit commercial.

En 2025, le déficit commercial énergétique a atteint –11,1 milliards de dinars, soit 50,4 % du déficit commercial total estimé à –21,8 milliards de dinars.

Toute aggravation du déficit commercial pourrait entraîner une hausse de l’inflation, exercer une pression à la baisse sur le dinar et réduire les réserves de change, en raison de l’augmentation du coût des importations d’énergie.

Dans ce contexte, la question des mesures que le gouvernement entend prendre pour faire face à cette situation se pose avec acuité, d’autant plus que le mécanisme d’ajustement des prix des carburants n’a pas été activé depuis plusieurs années.

Plusieurs pays ont déjà commencé à adopter des mesures pour économiser l’énergie, notamment la réduction de la consommation, l’encouragement du covoiturage ou encore le recours au télétravail, afin de préserver leurs réserves énergétiques et limiter les effets de cette crise.

Par ailleurs, le secrétaire d’Etat chargé de la transition énergétique, Wael Chouchane, a récemment indiqué que le ministère de l’Industrie est financièrement et logistiquement prêt à faire face à la hausse des prix du pétrole, sans toutefois préciser les mesures concrètes qui pourraient être mises en œuvre ».

Avatar photo
Auteur

Saoussen BOULEKBACHE

You cannot copy content of this page