gradient blue
gradient blue
Société

kairouan – Jeux d’hier et d’aujourd’hui : que de changements !

  • 18 mars 19:15
  • 5 min de lecture
kairouan – Jeux d’hier et d’aujourd’hui : que de changements !

La Presse — Les jeux sont un moyen de divertissement et de loisir, mais également  un moyen d’affirmer sa personnalité et de s’épanouir au sein d’un groupe social par l’intermédiaire de la participation et de la couverture. C’est aussi une expression de plaisir qui a pour objectifs de relever, par l’identification à un groupe, son appartenance à un quartier, aisé ou populaire, ou à une classe sociale et à une génération…

Par ailleurs, on constate que chaque saison a des jeux spécifiques, par exemple, en hiver, on choisit la toupie et, au printemps, on opte pour les billes et le ballon. Et pendant les longues soirées ramadanesques, c’est autour des pétards que les enfants aiment faire la fête.

En outre, les jeux ont évolué, certains ont disparu, d’autres continuent de séduire les enfants, surtout dans les quartiers populaires où on cherche l’échange, la proximité et l’émulation. Par contre, dans beaucoup de familles aisées, les parents veulent protéger leurs enfants du danger de la rue et de ses risques en les encourageant  à rester à la maison où les jeux vidéo sont accessibles avec le risque de solitude et d’isolement, d’addiction et de manque de communication et d’échange avec les autres.

De ce fait, les parents sont face à un dilemme : les protéger, les couver et les pousser à vivre dans le virtuel, ou bien leur donner la liberté et les laisser découvrir la vie au contact de la rue et de son environnement.

Témoignages

Il va sans dire qu’à travers les générations, les hobbies ont changé et varient selon le statut social entre jeux gratuits et simples et jeux qui exigent beaucoup d’argent.

Pour avoir une idée plus précise sur ce sujet, nous avons recueilli les témoignages de citoyens appartenant à différentes générations.

Ali Jemmali, 76 ans, retraité du secteur de l’enseignement, trouve que les jeux dans les années 60 étaient plutôt physiques et se passaient la plupart du temps dans la rue. Ainsi, il nous cite comme exemple le jeu du saute-mouton qu’on appelle dans le dialecte arabe «bhaïem bodis» qui consiste à sauter par-dessus 4 à 5 joueurs qui se tiennent courbés.

«Il ne fallait surtout pas trébucher ou tomber en sautant… Comme c’était agréable et quel immense plaisir cela nous procurait. Et parmi les autres jeux qu’on pratiquait à cette époque-là, figure le jeu des osselets qui sont les petits os du carpe du mouton «Adhaïem sari».

Ainsi, tout un groupe de jeunes adolescents sortait la nuit et cherchait dans un vaste espace obscur afin d’y lancer ces osselets de couleur blanchâtre et celui qui les trouvait le premier était récompensé…

D’autre part, on ramassait les boîtes de sardines vides qu’on rattachait l’une à l’autre à l’aide de fil de fer, puis, on mettait les bouchons de bouteilles d’eau gazeuse sous ces boîtes, formant ainsi des roues pour obtenir un véhicule.

Ensuite, on les remplissait de sable, de gravier, de cailloux pour les acheminer vers d’autres quartiers. C’était en quelque sorte notre train ! Comme la vie était facile ! Comme on était crédule !

Par ailleurs, pendant les mois de mai et de juin, on ramassait les noyaux d’abricot qu’on frottait sur une surface dure telle que le ciment jusqu’à ce qu’ils soient troués. Alors on les remplissait de plomb. Devenant lourds, on les utilisait comme boulets.

Les jeux se sont modernisés

Madame Eya Bouzidi, jeune médecin, se souvient de son enfance et des jeux auxquels elle s’adonnait avec sa sœurs aînée: «A part les jeux d’esprit (devinettes, charades, etc.), le jeu des métiers, le jeu de cartes, de dominos et de dès, on aimait bien jouer au cerceau, un cercle en plastique qu’on faisait tourner autour de la taille par simple rotation du bassin.

En outre, on aimait fabriquer des poupées à l’aide de morceaux de tissu ou de laine. Enfin, je me souviens qu’on aimait bien sauter par-dessus une corde munie de poignées que l’on faisait tourner au-dessus de la tête puis près du sol, en sautant à chacun de ses passages…».

Seïfeddine Rebhi, 16 ans, aime bien jouer sur sa tablette «Candy crash» ou «Subway surfers».

Il  apprécie également les jeux de cartes Pokémon ou les hand Spinners… «Et pendant les vacances, j’aime bien les jeux vidéo surtout sur ma playstation. Ainsi, il m’arrive de m’isoler pendant de longues heures dans ma chambre afin de jouer Fifa 18, Gtav, blur ou Pro18. Les jeux m’ont appris la patience et m’ont aidé à développer mon intelligence et à savoir prendre les bonnes décisions.

Et puis cela me procure beaucoup de suspense et de satisfaction».

Somme toute, chaque époque a ses caractéristiques, ses exigences et ses nouveautés. Et puis, avec les progrès scientifiques et l’expansion des nouvelles technologies, beaucoup de pratiques ont changé en quelques années.

Auteur

Fatma ZAGHOUANI

You cannot copy content of this page