Un cru ramadanesque marqué par la diversité des regards, la montée en puissance des métiers de l’ombre et une reconnaissance appuyée des performances d’acteurs.
La Presse —La Radio nationale a dévoilé, hier mardi 17 mars 2026, le palmarès de son concours dédié aux meilleures œuvres dramatiques tunisiennes diffusées durant le mois de Ramadan. Une initiative qui s’inscrit dans la volonté de l’institution de soutenir la critique artistique et d’accompagner l’évolution du paysage audiovisuel tunisien, à travers une lecture professionnelle portée par un jury composé de spécialistes du secteur.
Au terme de cette évaluation, la série «Al Matbâa» s’impose comme la grande gagnante de cette édition, raflant les distinctions majeures et confirmant son empreinte singulière dans la production dramatique de cette saison.
Elle décroche notamment les prix de la meilleure série, la meilleure réalisation et le meilleur scénario, attribués à Mehdi Hmili, ainsi que plusieurs récompenses techniques, dont le meilleur décor (Mohamed Atia), le meilleur montage (Rochène Mizouri et Omayma Ouainti), le meilleur son et mixage (Moaz Cheikh et Khalil Ben Rahim) et les meilleurs costumes (Anis Ayari).
Dans le sillage de cette consécration, la série se distingue également à travers ses interprètes, avec le prix du meilleur acteur attribué à Younes Farhi pour son rôle de Néjib (ex aequo avec Mohamed Mrad pour Khottifa), ainsi que celui du meilleur second rôle masculin décerné à Abdelhamid Bouchnak pour le personnage de Taher.
Le prix du jury revient quant à lui à Malika Ouaij, saluée pour la finesse de son interprétation du personnage de Khawla, formant un duo marquant à l’écran. Face à cette domination, la série «Khottifa» s’impose comme une autre œuvre forte de la saison, portée notamment par ses comédiens.
Mohamed Mrad y remporte le prix du meilleur acteur, tandis que Lamia Omri décroche celui de la meilleure actrice pour son interprétation sensible d’une mère confrontée à l’absence.
Le prix du meilleur second rôle féminin est attribué à Aya Bellagha pour son rôle de Yamna, tandis que Anissa Ghlala est récompensée pour les meilleurs maquillage et coiffure.
De son côté, la série « Hayat » se distingue par sa dimension esthétique et musicale. Elle obtient, ex aequo, le prix de la meilleure image (Adonis Ramadan) ainsi que celui de la meilleure musique originale pour Karim Thlibi (ex aequo avec Sélim Arjoun).
Elle reçoit également le prix de la meilleure œuvre valorisant l’image de la femme, soulignant la portée de son propos et la justesse de ses représentations.
Dans la même catégorie esthétique, Farouk Laâridh est également primé pour la meilleure image pour son travail sur «Al Matbaa», tandis que Slim Arjoun partage le prix de la meilleure musique originale pour cette même série.
Par ailleurs, le prix de la meilleure série courte a été attribué à «Bab Bnet Sabria fi Sabyinet» de Zied Litayem, saluée pour son originalité et sa manière de faire dialoguer mémoire et présent à travers une écriture oscillant entre ironie et émotion.
Au-delà des distinctions, ce palmarès met en lumière une édition marquée par la richesse des propositions artistiques et la consolidation d’une nouvelle génération de créateurs, où l’écriture visuelle, le travail sonore et la direction d’acteurs occupent une place de plus en plus centrale. Une dynamique qui confirme que la fiction tunisienne, loin de se figer, continue de se réinventer, portée par des regards audacieux et des récits ancrés dans le réel.








