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Pouvoir d’achat : De la nécessité d’une approche prospective

  • 18 mars 17:45
  • 4 min de lecture
Pouvoir d’achat : De la nécessité d’une approche prospective

Le Président de la République a fait de la consolidation du pouvoir d’achat des ménages une priorité absolue.

On assiste ainsi et, à chaque fois, à de nouvelles mesures pour, non seulement, conforter ce choix stratégique mais garantir sa durabilité.

Reste que les nouvelles perturbations géopolitiques ont inversé totalement la donne, plaçant notre pays devant l’impératif de revoir certains programmes, multiplier les scénarios de riposte et anticiper certaines tendances.

La Presse — Tous les experts en conviennent : l’impact de la situation sécuritaire au Moyen-Orient sur les fondamentaux économiques, de tous les pays, le pouvoir d’achat notamment, serait assez conséquent.

Déjà, les premiers signes commencent à inquiéter et toute prolongation du conflit devrait approfondir encore plus ce sentiment.

Une conjoncture critique qui suppose des réactions rapides et bien orientées. Cette disposition est d’autant plus prioritaire que le pouvoir d’achat national, comme le confirment certaines études, semble quelque peu fragilisé, malgré toutes les  mesures et tous les programmes de préservation et de consolidation entrepris par nos premiers décideurs.

Cette fragilité, suppose, aujourd’hui, la mise en place d’une approche prospective qui soit en mesure de garantir aux ménages, comme le recommande souvent le Président de la République, un pouvoir d’achat solide et durable, capable de résister aux chocs, de plus en plus fréquents.

Et il faut reconnaître qu’indépendamment de la situation au Moyen-Orient, certains rapports indiquent, depuis quelque temps déjà, une certaine pression sur la capacité d’achat des ménages, en raison notamment, de certaines pratiques illégales.

La dernière note de l’Iace (voir La Presse du 20 février) confirme d’ailleurs un tel diagnostic, avec surtout une tendance baissière. La note relève justement qu’entre 2018 et 2024, la pouvoir d’achat a baissé de plus de 8%. Assez suffisant pour tirer la sonnette d’alarme.

On estime, toutefois, que la hausse des prix, notamment des produits essentiels, malgré les campagnes de contrôle et de lutte contre la spéculation, a aggravé encore plus la situation.

Tout comme, soutient la note, «les mécanismes qui grèvent, régulièrement, le revenu des ménages, entre autres, les prélèvements obligatoires les ponctions extérieures et une inflation persistante, toujours plus importante que l’augmentation des salaires».

Transparence économique

La note va encore plus loin en affirmant que cette situation a fini par impacter «la capacité d’épargne des ménages qui a connu une chute significative, passant de 8,6% en 2021 à 2,5% seulement en 2024.

Malgré cette rétrogradation, la situation reste gérable. D’abord, il ne faut pas oublier que la conjoncture actuelle est difficile et que l’économie nationale est en pleine phase de redressement économique. Ce qui signifie que les secteurs productifs ne tournent pas à plein régime.

Une reprise économique signifie, certainement, des augmentations des revenus disponibles, une meilleure maîtrise des dépenses, la stabilisation des prix, notamment au niveau des produits de première nécessité et une valorisation des avantages sociaux, tels que les éventuelles baisses des cotisations et la diversification des aides ciblées.

Il est clair, donc, que l’amélioration du pouvoir d’achat repose, en grande partie, sur la bonne connexion entre les mesures gouvernementales, les négociations salariales et les comportements du consommateur. Mais le plus important serait que cette connexion soit adossée à une approche prospective, capable d’assurer aux ménages un pouvoir d’achat solide et, surtout, durable.

Toutefois, tous les économistes réaffirment que la bonne conduite de cette approche repose sur notre aptitude à maîtriser l’enjeu de la productivité, qui reste au cœur de toute action. Nos secteurs stratégiques doivent, de ce fait, retrouver un niveau de productivité assez élevé pour réduire notre dépendance aux produits extérieurs, et alléger, ainsi, la pression sur les finances publiques.

Comme on a souvent tendance à le rappeler, la productivité a  justement cette capacité de soutenir la croissance économique, diversifier les opportunités d’affaires, élargir le volume de création de richesses et mieux servir notre modèle de développement socioéconomique.

Reste que la garantie d’une productivité soutenue repose sur notre capacité à innover, relever le défi de la digitalisation, et maîtriser les nouvelles technologies industrielles stratégiques (voir La Presse du 30 décembre 2025).

Des dispositions essentielles pour dynamiser les investissements structurants, rationaliser davantage les circuits de distribution, soutenir l’efficacité des marchés et maintenir la transparence économique.

Auteur

Anis SOUADI

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