Carole Samaha à la clôture de Ramadana : Une valeur sûre
La diva libanaise a retrouvé ses nombreux fans le 15 mars dernier au Théâtre de l’Opéra de Tunis. Le concert a affiché complet en dépit des prix relativement chers des billets.
La Presse — La Cité de la culture de Tunis a accueilli lors du mois de Ramadan une série de concerts avec des artistes tunisiens et des invités étrangers de haut niveau, dans le cadre de la manifestation «Ramadan à la Cité». Après la prestation mémorable de Abeer Nehme à l’ouverture, le public a applaudi tour à tour Cheb Mami pour deux dates, Aytaç Dogan Quintet, Zied Gharsa et Nas El Ghiwane avant de clôturer en beauté avec Carole Samaha à la dernière soirée. La diva libanaise a retrouvé ses nombreux fans le 15 mars dernier au Théâtre de l’Opéra de Tunis. Le concert a affiché complet en dépit des prix relativement chers des billets qui se sont écoulés à 120, 140 et 160 dinars pour la grande salle avec des tarifs plus abordables pour les deux balcons. À noter que Carole Samaha figurait également au programme du Festival International de Hammamet en 2024. En plus de 30 ans de carrière depuis ses débuts avec les frères Rahbani, la star libanaise a construit un répertoire riche, jalonné de grands tubes indémodables entre ballades d’amours et titres rythmés. Pour ce spectacle, elle a opté pour une entrée en écho avec l’actualité mondiale. La chanteuse a fait son entrée sur scène sous les applaudissements nourris du public, arborant une robe noire sobre et élégante. Elle s’est fait entourer de dix musiciens et de trois choristes. Le concert s’est ouvert sur les notes «Bi sabah el alf el thaleth». La voix puissante de Carole Samaha a insufflé une forte charge émotionnelle aux paroles de ce chant humaniste. Ce titre est en effet une ode à la paix et une pensée aux victimes des guerres, aux exilés et aux opprimés partout dans le monde. La star a enchaîné avec un discours poignant. Après avoir remercié le public et exprimé sa joie de retrouver la Tunisie, elle a déploré la situation préoccupante de son pays natal. Elle est également revenue sur les souvenirs des guerres successives qui ont marqué sa jeunesse, de l’école jusqu’à l’université. Carole Samaha a raconté que satroupeaeudelapeineà se déplacer pour accomplir ses engagements à cause des perturbations récentes. «Nous sommes finalement ici tous réunis pour chanter l’espoir, la joie et le rêve d’un jour meilleur !», a-t-elle lancé à la fin. Les mots de la diva ont rendu la chanson de Fairouz «Bhebak Ye Lebnan», qu’elle a interprétée juste après, bien plus émouvante. Les paroles qui évoquent son attachement à sa terre natale ont touché le public encore davantage.
La star a enchaîné par la suite avec deux titres plus rythmés. «Ghali aalia» n’a rien perdu de son charme, bien qu’elle remonte à deux décennies. «Taa», sorti plus récemment, célèbre la joie de vivre, un thème cher à Carole Samaha, qui incarne toujours l’image d’une femme résolue et passionnée par la vie. D’ailleurs, l’artiste a perdu son mari il y a quelques mois, mais elle a rapidement retrouvé son public. Elle a souligné à plusieurs reprises dans ses déclarations que ce lien lui apporte le soutien et le réconfort dont elle a besoin pour surmonter sa peine. Le programme de la soirée s’est poursuivi avec une ballade romantique «Habbit delwaat», tirée de la bande originale du film «Ahlam omrena» sorti en 2001. D’autres titres indémodables remontant à la même époque ont suivi dont «Tallah fia hayk» et «Habib albi» Parmi ses tubes relativement plus récents, elle a interprété «Chokran», «Khalik b halak» et «Taawadet». En plus de son charisme incontestable et de sa présence dynamique sur scène, Carole Samaha a su captiver le public en l’invitant à chanter en chœur certains refrains et couplets que ses fans, jeunes et moins jeunes, semblent connaître par cœur. Pour «Adhwaae chohra», toute la salle s’est mise debout. La chanson a été réarrangée en ajoutant plus de marges aux percussions pour plus de rythme et d’énergie. Elle est donc devenue plus dansante que la version originale. D’autres tubes ont été revisités, dont «Habib albi», enrichie par un mawal pour une touche de tarab et «Ye rab», son célèbre duo avec Marwan Khoury, rendu plus jazzy grâce aux notes de la guitare. Elle a également enchanté les mélomanes par des vocalises puissantes qui ont généré de longs applaudissements. De son dernier album, la star s’est contentée d’un seul titre «Nafass» avant de poursuivre avec une succession de chansons aux rythmes irrésistibles «Sahranin», «Fawdha» et «Smaani». Carole Samaha a offert un concert réussi à tous points de vue. Ce dont le public se souviendra certainement, c’est cette énergie contagieuse qu’elle dégage à 54 ans, comme si ni la chanteuse ni ses chansons n’ont pris de rides. L’amour et l’engagement qu’elle porte à son pays en détresse se sont traduits en musique,laissant une profonde impression sur l’audience.
Après cette effervescence musicale du «Ramadan à la Cité», le Théâtre de l’Opéra de Tunis reprendra ses activités habituelles. Nous attendons avec impatience la prochaine programmation qui n’a pas encore été dévoilée.




