L’étude sur sa restauration et sa mise en valeur a pris beaucoup de retard
La Presse — L’histoire nous apprend qu’Okba, le compagnon du Prophète, a choisi une plaine connue pour la fertilité de son sol et l’abondance de son eau pour construire sa capitale qu’il baptisa Kairouan.
La ville, qui fut par la suite la capitale des Aghlabides, a connu un grand essor au cours des siècles et est devenue une véritable capitale religieuse.
Elle abritait près de 300 mosquées, dont les plus célèbres sont la Grande Mosquée Okba, construite par Okba en 670-674, et la Mosquée du Barbier ou Zaouia Sidi Sahab, construite par Mohamed Bey entre 1681 et 1685.
Cet ensemble fut édifié à la mémoire du compagnon du Prophète Abou Zamaa El Balaoui, inhumé à Kairouan avant sa fondation.
Il portait sur lui des poils de la barbe du Prophète, en signe de vénération, ce qui explique son surnom de «Mosquée du barbier».
Cet ensemble architectural gracieux est constitué d’un entrepôt, d’appartements qui accueillaient jadis les hôtes de marque du mausolée, et surtout de la medersa, une des plus belles de Tunisie.
Elle est constituée de deux courettes et de portiques qui entourent les cellules des étudiants.
Dans le patio, les murs sont recouverts de faïence aux motifs floraux colorés, une colonnade qui supporte de beaux chapiteaux byzantins ainsi qu’une voûte aux pierres noires et blanches.
A l’angle nord-est se dresse un minaret dont les créneaux sont en dents de scie. Tout est imprégné d’art andalou. Quand au mausolée, il reflète les nouvelles influences architecturales ramenées par les artisans expulsés d’Espagne.
Notons que tout au long de l’année, on voit un défilé ininterrompu de fidèles qui viennent nombreux soit pour des fêtes de circoncision, soit pour des fêtes religieuses (telles que le Mouled) ou familiales (contrat de mariages, fiançailles, etc.).
Néanmoins, ce célèbre monument est tombé dans l’oubli et son état général s’est dégradé à cause du retard enregistré au niveau de sa restauration.
En effet, en 2019, les études ont prévu un budget de 814.000D pour sa rénovation, alors que les fonds dont disposait le commissariat régional aux affaires religieuses étaient de 127.000D. Donc, rien n’a été fait.
C’est pourquoi, en 2025, on a décidé de procéder à d’autres études qui concernent la partie sud du monument, à savoir la bibliothèque, la midha et les bureaux administratifs et dont l’état présente un vrai danger.
Ainsi, un budget de 467.000D a été alloué à cet effet et il est prévu que les travaux de restauration commenceront dans les prochaines semaines.
Espérons que d’autres fonds seront alloués pour l’ensemble du monument visité par un grand nombre de citoyens tunisiens et par des touristes du monde entier.



