Pour faire connaître le patrimoine immatériel de la Tunisie inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO de la technique de pêche à la » charfiya » inscrite depuis 2020, l’Agence de Mise en Valeur du Patrimoine et de Promotion Culturelle (AMVPPC) et les Éditions du Patrimoine Maghreb-Méditerranée (EPMM/ALIF) ont publié la version arabe l’ouvrage » Kerkennah, l’archipel de la Charfiya » paru il y a quelques mois en français.
Le lecteur peut découvrir en 85 pages un ouvrage de format moyen rédigé par les auteurs et chercheurs Viviane Bettaieb et Ameur Oueslati avec une traduction assurée en arabe a par Mahmoud Dhebabou.
Il est illustré de photographies de Mohamed Salah Bettaieb, à travers une conception graphique et une infographie de Mohamed-Ali Jerbi et d’une calligraphie arabe embellie par le talent de Omar Jomni.La diversité géographique de l’île de Kerkennah, située dans le gouvernorat de Sfax, ainsi que son histoire et les méthodes de pêche qui y sont pratiquées y sont mentionnées.
Cette publication s’ouvre sur une carte de l’ile, dessinée par Hajer Gaâmoun qui y indique les noms des villages, des ports de pêche, des emplacements des balises ainsi que la hauteur de la terre par rapport au niveau de la mer.
Les textes abordent aussi bien l’aspect historique de Kerkennah, que la place qu’occupait cette île pour les marins d’autrefois, pour qui elle constituait une escale permettant de se reposer, de s’abriter et de s’approvisionner en eau douce.
L’ouvrage passe également en revue les principaux sites historiques de l’île, ainsi que les personnalités et les civilisations qui s’y sont succédé, jusqu’au militant syndicaliste et homme politique martyr Farhat Hached, originaire de cette île.
Il dépeint également certains aspects des paysages naturels, de la culture et de la vie quotidienne de Kerkennah.
« Kerkennah, l’archipel de la Charfiya » présente les méthodes de pêche par le biais de cette technique qui traditionnelle tire parti des conditions hydrographiques, de la nature des fonds marins et des ressources naturelles en mer et sur terre.
La pêche à la charfiya aux îles Kerkennah est une technique de pêche traditionnelle qui exploite passivement les conditions hydrographiques, le relief marin et les ressources naturelles sur mer comme sur terre. Elle est une pêcherie fixe qui circonscrit, grâce à des murs de palmes fichées dans le fond marin, un champ triangulaire.
Les poissons, entrainés par la marée descendante, s’engouffrent dans des chambres de capture puis dans des filets ou des nasses et ne peuvent plus en ressortir Contrairement à ceux pêchés à l’aide de chaluts qui raclent les fonds marins, les poissons restent vivants et à jeun dans les nasses jusqu’au moment de la levée.
Selon la coutume, la charfiya est installée et utilisée entre l’équinoxe d’automne et le mois de juin pour permettre à la faune marine de se régénérer.
Chaque année, la reconstruction de ce dispositif est associée à des pratiques sociales, comme le partage d’un repas ou des prières. La pratique de la pêche à la charfiya suppose une excellente connaissance de la topographie sous-marine et des courants marins. La plupart des habitants des Kerkennah apprennent à pêcher dès leur plus jeune âge.
Il est aussi courant qu’un Raїs transmette la pêcherie à son fils aîné pour que la famille en reste propriétaire. Des centres de formation professionnelle assurent aussi un apprentissage indirect.



