Des faits et des chiffres
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Le marché des assurances en Tunisie a franchi un cap historique en 2025, avec un chiffre d’affaires total de 4,255 milliards de dinars, en hausse de 11,4 % par rapport à 2024 (3,819 milliards de dinars), selon les données du Comité général des assurances. Cette performance record illustre non seulement la solidité du secteur, mais aussi sa capacité à diversifier son offre pour répondre aux besoins changeants des assurés.
La croissance est principalement soutenue par l’assurance vie, qui affiche une progression notable de 16,4 % pour atteindre 1,336 milliard de dinars, représentant 31,4 % du marché. Cette évolution reflète l’intérêt croissant pour les produits d’épargne et de prévoyance, tant chez les particuliers que dans le milieu des entreprises.
En dépit d’un léger recul de sa part de marché à 38,3 %, l’assurance automobile reste la branche la plus importante en volume, avec 1,628 milliard de dinars.
Elle représente également la principale source de charges pour les compagnies, avec une augmentation des indemnisations de 20,3 %, totalisant 2,363 milliards de dinars pour l’année, dans un contexte marqué par près de 340 000 accidents automobiles déclarés.
Parmi les segments les plus performants, l’assurance incendie se distingue par sa rentabilité, enregistrant une croissance de 19,2 % (soit 241,2 millions de dinars) tout en réduisant ses charges d’indemnisation de 13 %. L’assurance maladie collective se confirme comme un pilier stable, avec 647 millions de dinars de chiffre d’affaires (+11,4 %) et une amélioration de son équilibre technique, la hausse des cotisations dépassant celle des indemnités (+8,4 %). L’assurance transport, quant à elle, reste stable à 112,8 millions de dinars, avec une légère progression de 0,2 % et une diminution des indemnisations de 5,5 %, signe d’une réduction du coût moyen des sinistres.
-2.784,2
La Tunisie affiche un déficit commercial de –2784,2 millions de dinars (MD) au cours des deux premiers mois de 2026, un niveau en nette amélioration par rapport aux –3 517 MD enregistrés à la même période en 2025, selon les dernières données de l’INS. Cette évolution s’explique par une hausse des exportations de 6,2%, à 10.803,1 MD, combinée à une légère baisse des importations de 0,7 %, qui s’établissent à 13.587,4 MD. Le taux de couverture s’améliore ainsi à 79,5 %, contre 74,3 % un an plus tôt.
La progression des exportations est portée par les industries mécanique et électrique, qui enregistrent une hausse de 14,8 %, ainsi que par les industries agroalimentaires (+6,1 %), stimulées par les ventes d’huiles d’olive, passées à 1.252,3 MD contre 1.007,6 MD en 2025. A l’inverse, certaines branches subissent des reculs: les mines, phosphates et dérivés (–24,6 %), le textile, habillement et cuir (–1,8 %) et le secteur de l’énergie (–0,5 %), sous l’effet d’une baisse des ventes de pétrole brut (239,8 MD contre 372,3 MD).
Du côté des importations, la hausse concerne les biens d’équipement (+1,4 %), les produits énergétiques (+1,7 %), les biens de consommation (+2,3 %) et les produits alimentaires (+2,6 %), tandis que les importations de matières premières et demi-produits diminuent de 6 %.
Sur le plan géographique, l’Union européenne reste le principal partenaire commercial, représentant 72,1 % des exportations, avec des hausses significatives vers la France (+15,7 %) et l’Allemagne (+9,9 %), mais des baisses vers l’Italie (–1,6 %) et les Pays-Bas (–25,3 %). Les ventes vers les pays arabes progressent fortement vers l’Égypte (+76,4 %) et l’Arabie saoudite (+68,9 %), mais reculent avec le Maroc (–45,3 %), l’Algérie (–18,6 %) et la Libye (–29,2 %). Côté importations, l’UE représente 45,6 % du total, avec des hausses en provenance de France (+26,3 %) et d’Italie (+12,3 %), et des baisses depuis l’Espagne (–5 %) et la Grèce (–28,2 %). Hors UE, les importations augmentent depuis la Turquie (+3,8 %) et l’Inde (+48,9 %), mais diminuent depuis la Russie (–59,7 %) et la Chine (–18,1 %).
Le déficit commercial est majoritairement attribuable aux produits énergétiques (–1.886 MD), aux matières premières et demi-produits (–790,7 MD), aux biens d’équipement (–488,4 MD) et aux biens de consommation (–108,8 MD), tandis que le secteur alimentaire affiche un excédent de 489,7 MD. Hors énergie, le déficit se réduit à –898,3 MD, confirmant une amélioration de la balance commerciale hors dépendance énergétique.
Dans sa première mise à jour des perspectives économiques pour la région sud et est de la Méditerranée (Semed), la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd) anticipe une croissance légèrement supérieure pour 2025, estimée à 3,4 %, contre 3,3 % prévue lors de sa précédente analyse de septembre dernier.
Cette performance reste au-dessus de celle observée dans certaines autres zones où opère la Berd, mais demeure nettement inférieure aux rythmes enregistrés en Asie centrale (6,9 %) et en Afrique subsaharienne (5,4 %).
Pour la période 2026-2027, la Berd prévoit une amélioration progressive de la croissance dans la région Semed, mais cette dynamique ne profiterait pas de manière uniforme à tous les pays. La Tunisie et le Maroc devraient ainsi conserver des niveaux de croissance proches de ceux anticipés pour 2025.
En particulier, la Tunisie afficherait le rythme de croissance le plus faible de la région en 2025 et devrait rester en deçà de ses voisins sur l’horizon 2026-2027, avec même un léger ralentissement attendu en 2027, selon les projections de la Berd.



