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Editorial

L’école, ce nouveau front de résistance

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  • 20 mars 17:00
  • 3 min de lecture
L’école, ce nouveau front de résistance

Un groupe de députés a présenté une initiative législative sous la forme d’un projet de loi organique n° 015/2026 relatif à la sécurité nationale dans le domaine de l’éducation. S’il venait à être adopté, il ne constituerait pas seulement un texte de plus dans l’architecture juridique nationale : il serait le symptôme éclatant d’un malaise profond, celui d’une école dont les murs, jadis sanctuarisés, se fissurent sous la pression de violences nouvelles.

Car il faut nommer les choses avec gravité : lorsque le législateur en vient à ériger l’enceinte scolaire en espace de souveraineté à protéger au même titre que les frontières, c’est que le péril a déjà franchi le seuil. Drogues, violences, prédations numériques, enrôlement criminel : autant de menaces qui, hier encore périphériques, s’installent désormais au cœur même de l’institution éducative. L’école n’est plus seulement un lieu de transmission du savoir; elle devient un front.

Dès lors, cette initiative législative revêt une importance capitale. Elle consacre une évidence que l’on a trop longtemps différée : la protection des mineurs n’est pas un dossier sectoriel, c’est une question de sécurité nationale. Et, osons le dire, de survie morale. Car une société qui tolère que ses enfants soient exposés, dans l’espace même censé les protéger, à des formes multiples de violence, consent silencieusement à son propre affaissement.

Ce texte a le mérite de poser un cadre clair, de nommer les infractions, d’alourdir les sanctions et, surtout, d’instituer des mécanismes pérennes de prévention et de suivi. Il ne se contente pas de punir, il ambitionne de prévenir. Et c’est là, peut-être, son geste le plus salutaire : inscrire la vigilance dans la durée, et non dans l’émotion passagère.

Mais au-delà de l’arsenal juridique, c’est une prise de conscience collective qui se dessine. Parmi les sujets qui ont, cette année, le plus mérité l’attention nationale, la question de l’école s’impose avec une urgence nouvelle.

Reste une exigence : que la loi ne demeure pas une forteresse de papier. Qu’elle soit accompagnée de moyens, d’une volonté politique constante et d’une mobilisation de tous les acteurs concernés. Car en matière d’éducation, l’inaction est toujours plus coûteuse que la réforme.

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Auteur

Salem Trabelsi

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