Trois questions à Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne de l’information du consommateur ( OTIC ) : «En cas d’arnaques en ligne, le droit du consommateur est bafoué, sans suite aucune»
La Presse — Les arnaques perpétrées dans le cadre du commercent en ligne prennent de l’ampleur durant Ramadan et à l’approche de l’Aïd. Des consommateurs pris au piège s’indignent de recevoir, par colis, des produits consommables non conformes aux normes et autres qui ne correspondent ni aux critères ni aux images et vidéos, véhiculées en guise de publicité.
Les pages conçues spécialement pour dénoncer les fraudeurs et avertir le consommateur sur le risque qu’il encourt trahissent un phénomène redoutable qui échappe à tout contrôle. M. Lotfi Riahi, président de l’Organisation tunisienne de l’information du consommateur (Otic) donne son avis sur le problème.
Le rythme des arnaques augmente à l’approche de l’Aïd, notamment dans les ventes en ligne. Comment expliquez-vous ce phénomène ?
«Chaque saison ou occasion de forte consommation, le rythme de la fraude s’accélère. Le commerce en ligne représente une autre forme de commerce parallèle. Il se caractérise par une grande prolifération, d’importants chiffres d’affaires ainsi qu’une incroyable capacité à induire le consommateur en erreur. Aussi est-il recommandé de faire preuve de vigilance et éviter les achats douteux.
Comment convaincre le consommateur de l’impératif d’éviter le commerce en ligne pour échapper aux arnaques ?
«Il faut que le consommateur ait la conviction en l’impératif d’examiner le produit avant de l’acheter. Cette étape est fondamentale dans la mesure où elle lui permet de s’assurer de la bonne qualité du produit. Cela dit, dans tous les cas de figure, il est strictement déconseillé d’acheter des produits consommables, proposés sur internet.
Le «hlow» que certaines pages facebook proposent ne garantit aucunement une bonne qualité. On ignore même de quels ingrédients et de quelles matières premières il est fabriqué. De même, pour les produits cosmétiques dont la qualité risque d’être nocive pour la santé. Le consommateur se trouve souvent conquis par le packaging.
Néanmoins, le contenu, lui, est suspicieux. Enfin, le consommateur doit savoir qu’en cas d’arnaque en ligne, son droit sera bafoué, sans suite aucune; la plupart des arnaqueurs du commerce en ligne ferment leurs pages pour en ouvrir d’autres et faire perdurer leurs mauvaises pratiques. En un clic, ils bloquent le client ou changent carrément de numéro de téléphone».
A quand une loi pour réglementer le commerce en ligne et préserver le droit du consommateur contre ces pratiques malsaines ?
«Cela tarde à venir. Pour ce, il faut qu’il y ait des suggestions de textes de loi, lesquelles seront débattues, retouchées et validées; chose qui n’a pas encore eu lieu».



