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Conflit au Moyen-Orient : la menace pèse sur les ressources en eau de la région

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  • 21 mars 11:37
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Conflit au Moyen-Orient : la menace pèse sur les ressources en eau de la région

Dans un contexte marqué par l’intensification des tensions et des conflits au Moyen-Orient, les inquiétudes s’accentuent quant aux répercussions de ces guerres sur les ressources vitales, en particulier l’eau, déjà considérée comme l’une des plus rares et sensibles dans la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. Avec la montée des hostilités, les infrastructures hydrauliques ne sont plus épargnées, ce qui alimente les craintes quant à l’utilisation de l’eau comme levier de pression, voire comme arme de guerre, et à ses conséquences sur la sécurité hydrique et alimentaire de millions de personnes.

Ces développements interviennent alors que les pays de la région font face à une combinaison de défis majeurs, notamment le changement climatique, la croissance démographique et les limites des politiques de gestion durable des ressources. À cela s’ajoute une dépendance croissante de certains États à des sources non conventionnelles, telles que le dessalement de l’eau de mer ou les ressources hydriques partagées.

À la veille de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars de chaque année, la docteure Razan Zaiter, présidente du Réseau arabe pour la souveraineté alimentaire, a mis en garde contre les menaces croissantes pesant sur la sécurité hydrique dans la région, lors d’un entretien accordé à l’Agence Tunis Afrique Presse.

Elle a estimé que le ciblage des infrastructures hydrauliques constitue une menace directe et grave pour la sécurité hydrique, rappelant que l’utilisation de l’eau comme arme n’est pas un phénomène nouveau, mais une pratique récurrente dans les conflits, notamment dans des contextes coloniaux. Elle a cité, à titre d’exemple, la situation en Palestine et dans la bande de Gaza, où les installations hydrauliques sont régulièrement visées, en plus de la pollution des ressources et du détournement de certains cours d’eau, comme le Jourdain, ce qui contribue à accentuer la vulnérabilité hydrique de la région.

Concernant les répercussions possibles sur les pays voisins, la responsable a jugé qu’elles pourraient être particulièrement graves, notamment pour les États dépendant du dessalement de l’eau de mer ou des ressources partagées. Elle a expliqué que le ciblage des stations de dessalement pourrait entraîner des coupures d’eau à grande échelle, rappelant que de telles situations ont déjà privé des dizaines de villages d’accès à l’eau.

Elle a également souligné l’interconnexion étroite entre l’eau et des secteurs essentiels tels que l’alimentation, l’électricité et la santé. Dans les pays du Golfe, où la dépendance au dessalement atteint des niveaux très élevés, l’arrêt de ces installations pourrait provoquer, en quelques jours, une pénurie d’eau potable, entraînant des perturbations majeures, allant de la paralysie des grandes villes à des déplacements internes de population, en passant par une hausse des maladies et de la pollution, ainsi que des tensions sociales et économiques accrues.

S’agissant des mesures à adopter, Razan Zaiter a insisté sur l’urgence de mettre en place des politiques adaptées pour faire face à ces défis. Elle a notamment appelé à renforcer la coopération entre les pays arabes afin de répondre aux menaces communes, tout en plaidant pour une réduction du gaspillage de l’eau et une amélioration de l’efficacité de sa gestion.

Elle a en outre recommandé l’élaboration de plans d’urgence stratégiques, incluant le renforcement des réserves d’eau, le recours à des alternatives rapides et la diversification des sources d’approvisionnement, notamment par la réutilisation des eaux et le développement de techniques de dessalement plus durables.

Enfin, elle a souligné l’importance de développer une véritable diplomatie de l’eau, à travers des accords régionaux contraignants visant à garantir une gestion équitable des ressources partagées et à prévenir le ciblage des infrastructures hydrauliques, estimant que ces mesures sont essentielles pour préserver la stabilité et renforcer la sécurité hydrique et alimentaire dans la région.

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Auteur

La Presse

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