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Conflits au Moyen-Orient : l’eau devient une arme, quelles conséquences pour des millions de personnes ?

  • 21 mars 18:47
  • 3 min de lecture
Conflits au Moyen-Orient : l’eau devient une arme, quelles conséquences pour des millions de personnes ?

Les risques pesant sur la sécurité hydrique au Moyen-Orient s’accentuent dans un contexte de conflits persistants, notamment avec la guerre menée contre l’Iran, où les infrastructures liées à l’eau deviennent des cibles directes. Cette situation exacerbe une rareté déjà préoccupante de cette ressource vitale, menaçant l’approvisionnement en eau de millions de personnes dans la région.

Dans la zone Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), considérée comme l’une des plus pauvres en eau au monde, l’intensification des conflits suscite des inquiétudes croissantes sur l’utilisation de l’eau comme levier de pression, voire comme arme de guerre. Des attaques ciblant des infrastructures de dessalement ont été signalées par plusieurs médias internationaux. Début mars, une station de dessalement à Bahreïn a été endommagée lors d’une attaque de drone attribuée à l’Iran, tandis qu’en Iran, une usine de dessalement située sur l’île de Qeshm a été touchée par une attaque attribuée aux États-Unis, affectant l’approvisionnement en eau de près de 30 villages.

À la veille de la Journée mondiale de l’eau, célébrée le 22 mars, l’Agence TAP a recueilli l’analyse de la docteure Razan Zuayter, présidente du Réseau arabe pour la souveraineté alimentaire et coprésidente de la Coalition populaire internationale pour la souveraineté alimentaire (PCFS), sur les menaces pesant sur la sécurité hydrique et les mesures à envisager.

Selon Razan Zuayter, le ciblage des infrastructures hydrauliques constitue une menace directe et grave pour la sécurité hydrique. L’usage de l’eau comme arme, bien que récurrent dans l’histoire des conflits, reste particulièrement visible en Palestine et dans la bande de Gaza, où les installations hydrauliques sont régulièrement visées, les ressources polluées et des cours d’eau détournés, comme le fleuve Jourdain. Ces pratiques aggravent considérablement la vulnérabilité hydrique dans la région.

Les répercussions de ces conflits sur l’approvisionnement en eau pourraient être graves, surtout pour les pays dépendant du dessalement ou de ressources partagées. Le ciblage des installations de dessalement peut provoquer des coupures d’eau à grande échelle, affectant directement des secteurs vitaux tels que l’alimentation, l’énergie et la santé. Dans certains pays du Golfe, où la dépendance au dessalement peut atteindre 90 %, l’arrêt de ces infrastructures pourrait entraîner une pénurie d’eau potable en quelques jours, paralyser les grandes villes, provoquer des déplacements internes et accroître la pollution et les maladies, avec de lourdes conséquences socio-économiques.

Pour renforcer la souveraineté hydrique et alimentaire, Razan Zuayter recommande l’adoption de mesures urgentes, notamment le renforcement de la coopération régionale face aux menaces communes, la réduction du gaspillage de l’eau et l’amélioration de l’efficacité de sa gestion. Elle préconise également la mise en place de plans d’urgence incluant le renforcement des réserves stratégiques, le développement d’alternatives et la diversification des sources, notamment par la réutilisation de l’eau et le dessalement durable.

Enfin, elle souligne l’importance d’une diplomatie de l’eau fondée sur des accords régionaux contraignants pour garantir une gestion équitable des ressources partagées et prévenir le ciblage des infrastructures hydrauliques, contribuant ainsi à la stabilité et à la sécurité hydrique et alimentaire de la région.

Auteur

R. I

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