gradient blue
gradient blue
Sport

Les sports scolaires et universitaires marginalisés : Milieu et traditions

  • 21 mars 19:00
  • 5 min de lecture
Les sports scolaires et universitaires marginalisés : Milieu et traditions

La Presse — Les informations qui nous parviennent à propos des jeunes Tunisiens et Tunisiennes qui pratiquent leur sport favori, l’athlétisme, au sein des différentes universités américaines indiquant qu’ils sont d’une remarquable régularité. Ils sont presque partout et cela dénote deux choses au moins. La première est que l’on ne se cantonne pas aux seules épreuves de course, mais également à des épreuves plus pointues.

La seconde explique pourquoi ces sports considérés chez nous comme secondaires (pourtant l’athlétisme est le roi des sports), bénéficient d’autant d’importance. Ils évoluent et s’abreuvent au sein du meilleur fournisseur de talents, le milieu scolaire et universitaire.

Et des noms qui émergent avec des records personnels ou nationaux viennent éclairer la lanterne de ceux qui pensent que l’on doit aller chercher prioritairement un futur champion dans ce milieu qui compte plus de deux millions et demi de jeunes, connus, sous contrôle, encadrés par des enseignants et prêts à l’emploi.

Par l’intermédiaire des sports scolaires, c’est le futur talent qui vient et qui ne demande qu’à être détecté et pris en main. Nous avons vécu cette ambiance au lendemain de l’Indépendance.

Les compétitions de sports collectifs scolaires se jouaient à guichets fermés dans le vénérable Palais de la Foire et nos sélections regorgeaient de jeunes filles et garçons de valeur.

Il y avait de l’enthousiasme, mais aussi des enseignants d’éducation physique et sportive, des pionniers qui ont marqué leur époque.

Au hasard, nous citons M. Ferjani qui a découvert et offert, entre autres à l’athlétisme tunisien, les sœurs Dérouiche. Il y avait Mahmoud Kouki qui a sorti du néant le Club Sportif des Cheminots en hand-ball, une équipe féminine qui a fait souffrir les meilleures et mis à la disposition de ce sport de grandes joueuses. Il y avait Ahmed Aouadi qui a formé et entraîné Faouzi Belhadj, un des premiers perchistes, avant-centre du Stade Nabeulien et international en hand- ball et qui a utilisé au lycée Khaznadar, à cette époque en 1965-66, les matelas en mousse pour amortir les chutes. Pour l’histoire, l’utilisation de grandes fosses de réception en mousse (mousse polyuréthane) pour les sauts en hauteur et à la perche s’est généralisée à l’invention du « Fosbury-flop » popularisé en 1968. Ces matelas ont remplacé les fosses de sable ou de copeaux de bois, permet tant des sauts sur le dos en toute sécurité.

Avant cette période, les sauteurs utilisaient des techniques de ciseau ou de rouleau ventral pour atterrir sur des surfaces moins confortables.

A cette époque, on chutait sur du sable. Ahmed Aouadi travaillait tard le soir avec son poulain sous l’éclairage d’une lampe de 100w.

Et bien d’autres comme Anouar Osman, Moncef Hajjar, Mahmoud Metahni, Kallel, Haddad, Belkhodja, etc. qui ont drainé des noms, de futurs internationaux formés au sein des établissements scolaires.

Le sport civil devra se rapprocher

Ce sont les sports scolaires qui ont décidé du sort du handball, basket-ball et volley-ball lorsque la Ctossu, dirigée par Adel Saada, a décidé de supprimer le football. On ne pouvait pas concevoir que seulement onze jeunes jouaient (il n’y avait pas de changements) et que des milliers d’autres se limitaient à regarder leurs camarades évoluer à partir des gradins. Il fallait les intéresser. Et on a eu raison. Cela a été à l’origine de la relance de ces sports qui devinrent les plus représentatifs pour le sport national.

C’était l’ambiance, qui a instauré une véritable tradition. C’est la raison pour laquelle, nous avons toujours soutenu qu’il fallait que le sport civil se rapproche de ce sport scolaire et en fasse un milieu de prospection valable, viable et incontournable.

Sinon, nous continuerons par exemple à voir des championnats féminins avec une ou deux divisions. On ne risque pas d’aller bien loin avec une base aussi étriquée. Pour lutter contre des nations qui possèdent vingt fois, sinon plus de population que nous, nous avions proposé l’engagement d’équipes féminines scolaires (une ou deux par gouvernorat) au sein des com- pétitions civiles, en les aidant au niveau de l’encadrement et des déplacements. C’est le minimum qu’on puisse faire pour accroître le nombre qui engendre la qualité.

On a dernièrement opéré des changements au niveau des sports scolaires et décidé d’un certain nombre de dispositions pour qu’ils redeviennent un creuset pour le sport civil. Nous aborderons bientôt le dernier trimestre de cette année scolaire et on ne voit rien venir. Les sports civils sont figés et demeurent imperméables à toutes initiatives. Ils se contentent de gérer des calendriers. Les sports scolaires ne bougent pas.

Silence, on dort.

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page