gradient blue
gradient blue
A la une Société

Urbanisme : À quand le toilettage des villes  ?

  • 22 mars 18:00
  • 5 min de lecture
Urbanisme : À quand le toilettage des villes  ?

Dans un récent article, le NZZ am Sonntag (édition dominicale de la Neue Zürcher Zeitung) décrit Tunis comme «une perle discrète de la Méditerranée, alliant harmonieusement une médina historique à une ville moderne d’influence européenne». Le journal suisse salue le charme, l’élégance et la richesse culturelle de la capitale, la présentant comme une destination authentique loin du tourisme de masse.

NZZ invite à la découverte d’une ville ancrée dans son âme orientale tout en étant tournée vers la modernité.

La Presse — La commune de Sened, située dans le gouvernorat de Gafsa, a été sacrée «municipalité la plus propre de Tunisie», selon les résultats annoncés début 2026 pour l’exercice précédent. Cette distinction récompense les efforts locaux, la gestion des infrastructures et le civisme des habitants, malgré des ressources limitées.

Sened s’est imposée face à d’autres candidats grâce à une forte mobilisation locale pour l’hygiène et la propreté de ses ruelles.

Deux exemples, l’un au Nord, l’autre au Sud  de la Tunisie, démontrent que c’est possible d’agir en gens civilisés pour donner une bonne idée de ce que pourraient  faire les Tunisiens et les Tunisiennes, pour que le milieu ambiant dans lequel ils vivent soit un exemple.

Nous sommes de ce fait loin de ce que font bien d’autres citoyens qui ne prennent même pas la peine de déposer leur sachet de détritus dans le bac destiné à cet effet, mais sans vergogne le lancent ou le jettent quelque part. Pour ne pas faire un ou deux pas de plus.

C’est aussi cette marmaille qui s’agite à bord d’une voiture hors de prix et qui jette les bouteilles ou les packs vides à partir des vitres des portières.

C’est également ces voisins qui regardent à droite et à gauche avant de jeter un sac plein d’on ne sait quoi, juste entre deux autres maisons  en  face. Inutile de narrer ce qui se passe ensuite, ces cris, menaces et autres complications sans fin.

La municipalité de Tunis s’est proposée de consacrer  cette année  plus de 4 millions de dinars au développement du réseau d’éclairage public ainsi qu’à la construction de routes et de trottoirs, en plus d’un million de dinars destiné à l’aménagement des espaces verts  et un autre million de dinars aux travaux de maintenance, la construction d’installations sportives et le renforcement des infrastructures.

Il était temps, car bien des citadins de notre capitale commençaient à s’inquiéter pour la qualité de vie et pour le prestige de leur ville. Un prestige qui s’érode au fil des années dans une léthargie coupable.

Certes, les moyens financiers faisaient défaut. Mais ce retard à l’allumage coûtera plus cher, avec la détérioration de bien des infrastructures. Le mobilier urbain, du centre-ville, surtout les rues et ruelles avec leurs trottoirs défoncés, leurs pylônes mal en point, avec des fils qui pendouillent, des abribus tristes et à moitié défoncés, des ronds-points qui ont vécu des jours meilleurs, des arbres en attente d’élagage, des chaussées bardées de nids-de-poule.

Le toilettage urbain est une combinaison d’actions de nettoyage, de restauration patrimoniale et d’aménagement paysager.

Mais il n’est jamais trop tard pour bien faire et le fait que l’on ait répondu à l’attente  des habitants et de leurs représentants est déjà une victoire sur l’immobilisme. Le budget repose sur une approche participative, et près de 85 % des demandes formulées par les conseils locaux pour le développement des infrastructures dans l’ensemble des circonscriptions relevant de la municipalité de Tunis ont été prises en compte.

C’est énorme, comme premier geste mais c’est insignifiant par rapport à ce qui est à faire. Nous pensons quand même, qu’une fois les travaux engagés, on ne s’arrêtera pas en si bon chemin.

Mais on ne saurait parler de la capitale sans soulever les cas de ses toutes proches banlieues. Le Grand Tunis comme on aime désigner Ben Arous et l’Ariana.

Là, il y a aussi bien des dispositions à prendre. Du coté de l’Ariana, on bouge mais pas assez, surtout du côté du centre névralgique de la ville. C’est toujours ces affreux bidons et ces horribles fûts et autres objets du genre, qui empêchent la fluidité de la circulation ou le stationnement. L’occupation des trottoirs et de la chaussée bat son plein, sans qu’il y ait des réactions.

Ne parlons pas de la saleté qui a complètement défiguré la Cité des roses avec l’ouverture sauvage de commerces de douceurs ramadanesques.

Ramadan terminé, il faudrait que l’on reprenne la situation en main et que l’on remette de l’ordre dans le jardin. C’est possible, étant donné qu’on l’a déjà fait, lorsque l’on a voulu le faire, au grand bonheur des résidents qui s’étaient résignés à voir ces envahisseurs défigurer leur cité. Une cité qui est ni plus ni moins  jumelée à la ville de Grasse, la capitale mondiale des roses.

Pour faire court, le Grand Tunis, certes mérite ce toilettage qui n’a que trop tardé.

Les bonnes dispositions prises, appuyées par un budget  disponible pourraient assurer une reprise en main de la situation. Une fois les grandes pluies passées, avec l’arrivée du printemps, les travaux projetés pourront commencer.

Mais…..pour un pays qui accueille 11 millions de touristes et espère en attirer plus, ce n’est pas seulement la capitale qui a besoin d’un sérieux toilettage…

Auteur

Kamel GHATTAS

You cannot copy content of this page