Arabie saoudite : fin du système de la kafala, quels changements pour les Tunisiens, Algériens … ?
L’Arabie saoudite a engagé une réforme majeure de son marché du travail en assouplissant significativement le système de la kafala, un dispositif de parrainage qui régissait depuis des décennies la relation entre employeurs et travailleurs étrangers. Cette évolution, présentée comme un tournant dans la politique sociale du royaume, concerne l’ensemble des travailleurs migrants, y compris les ressortissants tunisiens, algériens et marocains.
Dans le cadre de cette réforme, les autorités saoudiennes ont introduit de nouvelles mesures permettant aux travailleurs étrangers de changer d’emploi, de quitter le territoire ou de revenir sans l’autorisation préalable de leur employeur, sous certaines conditions. L’objectif affiché est de moderniser le marché du travail et d’améliorer l’attractivité du pays pour la main-d’œuvre étrangère, en cohérence avec le programme de transformation économique « Vision 2030 ».
Historiquement, le système de la kafala liait étroitement le travailleur à son sponsor (kafil), limitant fortement sa mobilité professionnelle et administrative. Sa réforme marque donc une évolution importante, saluée par plusieurs observateurs comme une avancée vers davantage de flexibilité et de protection des travailleurs migrants.
Cette réforme s’applique à l’ensemble des nationalités étrangères présentes en Arabie saoudite. Ainsi, les Tunisiens, Algériens et Marocains, comme d’autres communautés expatriées, sont directement concernés par ces nouvelles dispositions, dès lors qu’ils travaillent dans le secteur privé soumis à ces règles.
Cependant, malgré ces avancées, des limites subsistent. Certaines catégories de travailleurs, notamment les employés de maison, ne bénéficient pas pleinement de ces réformes. Par ailleurs, des organisations de défense des droits humains estiment que, dans la pratique, des formes de dépendance vis-à-vis de l’employeur persistent, en raison de contraintes administratives ou contractuelles.
Avec plus de 13 millions de travailleurs étrangers, l’Arabie saoudite demeure l’un des principaux pôles d’emploi pour la main-d’œuvre migrante dans la région. La réussite de cette réforme dépendra ainsi de son application effective sur le terrain et de sa capacité à garantir un équilibre entre les besoins du marché et les droits des travailleurs.



