Ligue des champions – L’EST évince Al Ahly et file en demi-finales : Ces guerriers au cœur de lion !
Béchir Ben Saïd, Florian Danho, Mohamed Amine Tougaï et le combattant Hamza Jelassi ont été les principaux artisans de la qualification en demi-finales. Une qualification arrachée au bout d’une nuit qui fut si longue, si harassante…
La Presse — Samedi soir, l’Espérance de Tunis a arraché sa première victoire devant Al Ahly dans son fief. Une première victoire au Caire dans l’histoire des confrontations des deux équipes, venue mettre fin à l’invincibilité du géant égyptien à domicile. Une victoire arrachée à la sueur du front de joueurs qui ont mouillé le maillot. Il y a même un joueur qui s’est surpassé au détriment même de sa santé, Hamza Jelassi, qui a insisté pour disputer le quart de finale retour malgré la blessure. Un risque majeur pris quand on sait que le moindre contact aurait pu mettre fin à sa carrière.
Cela dit, la nuit de samedi a été longue au cours de laquelle les péripéties de la rencontre ont été pesantes pour les nerfs des supporters. Il y a eu d’abord cette entame de match ratée avec une Espérance méconnaissable, recroquevillée dans sa moitié de terrain, subissant de plein fouet le rythme imposé par son hôte. Il n’a fallu pas plus de 10 minutes pour que Mahmoud Hassan Trezeguet ouvre la marque pour Al Ahly, faisant revenir ainsi ce quart de finale à la case de départ.
Ben Saïd, l’homme du match
Le but encaissé tôt a déboussolé davantage les «Sang et Or». Heureusement que Béchir Ben Saïd, auteur de plus d’une parade et effaçant trois buts au moins en première mi-temps, était là pour sauver l’Espérance d’un lourd tribut.
Par ailleurs, tous les joueurs, hormis Béchir Ben Saïd, étaient méconnaissables durant la première mi-temps. On ne sait, d’ailleurs, quelle mouche les a piqués pour qu’ils apparaissent si mauvais, si désorientés, sans le moindre repère.
L’Espérance a livré au Caire sa pire première mi-temps depuis le début de la saison. A ne plus reproduire sous n’importe quel prétexte.
Monsieur Florian Danho
Après des débuts en dents de scie, particulièrement suite au penalty raté au derby et la traversée de désert qui a suivi, Florian Danho s’est repris progressivement en main, montant en grade du passeur décisif qui pèse sur les défenses adverses au buteur qui débloque la situation au bon timing.
Alors qu’Al Ahly menait par un but à zéro et après une première mi-temps catastrophique, il a suffi que la machine espérantiste carbure, que Yan Sasse fasse son entrée pour échanger un une-deux avec Danho en pleine course en surface de réparation, pour que ce dernier prenne le temps de contrôler son ballon avant d’adresser un boulet de canon que Mostafa Shobeir n’a pas vu venir.
Face à Al Ahly, à l’aller comme au retour, Florian Danho a donné raison à son recrutement. Un attaquant puissant qui pèse sur les défenses adverses, explosif et fin technicien. Il a cette faculté à faire une talonnade en pleine course pour envelopper sa balle avant de la remettre sur terre et poursuivre avec son chemin.
Hamza Jelassi, le combattant
Sorti sur blessure au cours du match aller, boîtant et souffrant, Hamza Jelassi a insisté pour jouer le match retour malgré son élongation du ligament latéral du genou. Et, à vrai dire, en dépit de quelques défaillances notamment le but malencontreusement marqué contre son camp ce qui a permis à Al Ahly d’égaliser, Hamza Jelassi a rectifié le tir en signant le but de la victoire dans le temps additionnel. A jamais, Hamza Jelassi est entré dans le cœur des supporters et dans l’histoire du club «sang et or».
Tougaï, Monsieur penalty
Désormais, il est le premier tireur de penalties. Mohamed Amine Tougaï est le défenseur spécialisé dans les penaltys. Il a signé le but de la victoire au quart de finale aller et donné l’avantage au match retour en transformant un penalty.
Solide défenseur, Tougaï, qui a débarqué jeune au Parc B alors qu’il n’avait que 20 ans, a été adopté par l’Espérance et ses supporters. Et c’est désormais le cas de Hamza Jelassi. Ils font partie de ces joueurs qui se sont baignés dans la culture du club “sang et or” alors qu’ils ont fait leur apprentissage du football ailleurs.
Beaumelle : «J’ai dû lever un petit peu la voix»
Si Béchir Ben Saïd, Florian Danho, Mohamed Amine Tougaï et Hamza Jelassi ont été les principaux artisans de la qualification sur le terrain, Patrice Beaumelle en a été le cerveau. Comme au match aller, il a fait les changements qu’il faut en deuxième mi-temps, mais pas seulement.
Aux vestiaires, le coach «sang et or» a su dire les mots adéquats pour motiver sa troupe et lui redonner confiance: «J’avais la sensation comme au match aller qu’on avait une seconde de retard. Comme au match aller, j’ai dû lever un petit peu la voix et demander à mes joueurs d’être plus audacieux, de ne pas avoir peur, de presser fort dans sa zone et sur le porteur du ballon et de mettre un peu plus de pression et d’impact».



