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A la une Société

Violence et malaise social : Nos enfants nous échappent !

  • 23 mars 19:00
  • 6 min de lecture
Violence et malaise social : Nos enfants nous échappent !

Cela fait des années que sociologues, psychologues et autres chercheurs spécialisés dans l’étude des comportements humains s’interrogent sur les raisons de la violence qui sévit dans nos sociétés.

La Presse —Chacun essaye de donner l’explication qui lui semble convenir et qui répond aux inquiétudes des uns et des autres.

Mais, malheureusement, la réponse est plus complexe qu’on a tendance à le croire. Les faits avérés le confirment chaque jour davantage. 

Si, par exemple, nous prenons la violence qui se manifeste chez nous et qui enregistre, régulièrement, des taux de plus en plus élevés, on note un certain malaise social généralisé.

Les origines de ce malaise sont à trouver dans les moindres recoins de la vie et du vécu des Tunisiens.

Certaines des explications de ce phénomène ont des origines insoupçonnables.

Parmi ces raisons, on peut noter le mode de vie dans les nouvelles configurations urbaines. Les constructions verticales, par exemple, confinent les habitants à des espaces dépourvus de vie sociale. C’est, plutôt, la promiscuité qui y prévaut plus que tout autre chose.

Les immeubles érigés un peu partout ne proposent pas aux occupants et, particulièrement, aux enfants et aux jeunes des aires de jeux et d’espaces verts. Même les voitures ne trouvent pas où se garer.

Ce qui compte pour les promoteurs immobiliers, c’est de gagner quelques m2 aux dépens du bien-être psychologique et social des habitants.

Du coup, ce sont des générations entières qui passent le plus clair de leur temps entre le béton et le bitume. Rien dans ces blocs de pierre ne respire le confort. 

C’est ainsi que de nombreux jeunes issus de ces nouveaux quartiers n’ont jamais eu un vrai contact avec la nature. Certains n’ont même pas eu l’occasion de voir de près un animal domestique (autre que le chat ou le chien) ou de ferme (vache, chèvre, lapin, cheval…).

Sauf, peut-être, des images.

Du point de vue botanique, nos enfants ne sont pas capables (souvent, aussi, leurs parents) de nommer telle ou telle plante lors d’une éventuelle promenade en campagne. En effet, c’est l’absence de contact avec la nature qui en est la cause.

Comment veut-on, alors, qu’ils aient un sens développé de la douceur de vivre et d’équilibre psychique?

Au premier abord, ces considérations semblent relever beaucoup plus de l’utopique. Mais à bien y voir, force est de constater qu’il y a, également, beaucoup de bon sens.

L’impact du contact direct avec la nature ne peut être qu’apaisant. Le contraire est tout à fait vrai.

Rupture des liens familiaux

D’autres facteurs viennent s’ajouter à ce malaise. Il s’agit, entre autres, de la fragilisation des liens familiaux en raison des obligations professionnelles qui poussent  les parents à ne plus être disponibles comme on l’était auparavant.

Ces liens sont, totalement, rompus suite à l’éclatement de la famille élargie.

Ces difficultés et cet effilochement du tissu familial créent cet hiatus entre les générations et conduisent une bonne partie de la jeunesse vers les voies de la délinquance. Voire, et c’est pire, vers l’ensauvagement. 

Aussi n’est-ce pas un hasard de constater tous ces phénomènes de violence dans les transports, dans les rues, dans les quartiers et même dans les institutions (établissements scolaires, établissements de santé, stades, etc.).

Cela devient d’autant plus grave avec l’existence des nouvelles technologies. Nos jeunes sont de plus en plus accrocs aux réseaux sociaux et aux jeux qui leur sont  proposés. Surtout que l’on sait que cette catégorie de la population est particulièrement vulnérable .

De fait, des milliers de nos enfants se trouvent coupés de la réalité et sont, complètement, immergés dans un monde virtuel qui les isole de leur monde et les laisse à la merci de toutes les dérives.

Rien ne peut justifier la violence

Bref : nos enfants nous échappent. On n’a presque plus de prise sur eux. De même, la société n’est pas capable de faire face à cette dérive. Ni l’institution éducative ou juridique n’ont trouvé les solutions nécessaires.

On continue à tâtonner et à colmater les brèches sans toutefois oser affronter les vraies raisons de la prolifération de la violence et des actes d’incivilité.

Les frustrations de toutes sortes sont un facteur déterminant dans le développement des manifestations violentes. Lorsque le citoyen n’est pas satisfait des services fournis par les services publics, c’est une raison supplémentaire qui le conduit à adopter un comportement violent.

On remarque cela au niveau de l’administration, des transports, etc.

Pour tout dire, la violence est le résultat de ce malaise social généralisé qui, en fin de compte, reflète l’échec de la société.

Mais malgré tout, cette problématique ne peut pas constituer une justification des actes et des comportements agressifs pouvant être une menace pour la paix et la sécurité sociales.

En vérité, des agissements tels que le vandalisme et le saccage enregistrés contre les moyens de transport ne peuvent plus être considérés comme de simples faits divers. Ils le seraient s’il n’y avait pas de forts soupçons de complot contre les services publics.

Donc, il y a lieu de mener les investigations les plus minutieuses pour parvenir aux vrais mobiles qui poussent (comme par hasard ! ?) des mineurs à s’en prendre à ce secteur vital. 

Et le plus étrange, c’est l’incendie du train Tunis-Sfax survenu le jeudi 19 mars à la suite de la mort d’un motocycliste qui a traversé imprudemment la voie ferrée. Les incendiaires se sont livrés à un acte gratuit, odieux et irresponsable.

Quelles que soient les raisons, un tel acte est inadmissible, inacceptable et impardonnable.

Dans tous les cas de figure, seule la loi est souveraine. Elle doit être appliquée dans toute sa rigueur.

Auteur

Amor CHRAIET

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