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Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie : “La guerre ne doit pas freiner l’agenda multilatéral”

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  • 24 mars 15:51
  • 5 min de lecture
Anne Guéguen, ambassadrice de France en Tunisie : “La guerre ne doit pas freiner l’agenda multilatéral”

À un moment où les tensions géopolitiques redessinent les équilibres mondiaux, l’Ambassade de France en Tunisie a choisi de mettre en lumière, mardi 24 mars 2026, les grandes priorités diplomatiques de Paris pour les mois à venir.

Lors d’un point de presse organisé à Tunis, l’ambassadrice Anne Guéguen a présenté quatre échéances internationales majeures co-organisées par la France au premier semestre 2026, tout en réaffirmant la centralité du partenariat franco-tunisien dans un contexte international sous tension.

Dans une intervention dense, à la fois pédagogique et résolument politique, la diplomate a d’emblée planté le décor : “marquée par des tensions persistantes et par une conflictualité violente, notamment par les guerres au Moyen-Orient et en Ukraine, la France réaffirme son engagement en faveur de solutions politiques durables, fondées sur le droit international et la sécurité pour tous”. Face à cette instabilité, a-t-elle insisté, la France demeure “une puissance attachée à la paix, fiable, prévisible et déterminée”.

@ crédit photo Riadh Salhi

Une feuille de route internationale et quatre échéances majeures

Cette vision s’incarne dans une séquence diplomatique dense articulée autour de quatre rendez-vous d’envergure : le One Health Summit prévu le 7 avril à Lyon, le Sommet Afrique-France Africa Forward les 11 et 12 mai à Nairobi, le lancement de la Saison Méditerranée 2026 le 15 mai à Marseille, et enfin le Sommet du G7 d’Évian 2026 du 15 au 17 juin.

“La guerre au Moyen-Orient ne doit pas nous empêcher de poursuivre l’ensemble des priorités de l’agenda multilatéral. Au contraire, elle en souligne toute l’importance”, a affirmé l’ambassadrice, en écho aux récentes déclarations du président Emmanuel Macron.

Dans ce cadre, la Tunisie est appelée à jouer un rôle actif. Invitée aux trois premières échéances, elle est considérée comme un partenaire clé dans la réponse aux défis globaux. Anne Guéguen a rappelé à ce titre l’entretien téléphonique du 20 mars entre Kaïs Saïed et son homologue français, au cours duquel les deux dirigeants ont réaffirmé leur volonté de “se fonder sur leurs intérêts communs et leur attachement au multilatéralisme”.

Le premier rendez-vous, consacré à l’approche “Une Seule Santé”, vise à accélérer la prévention des risques sanitaires, alimentaires et environnementaux. “Il est cent fois moins coûteux d’investir dans la prévention que de remédier aux conséquences d’une crise sanitaire”, a souligné la diplomate. Ce sommet, qui réunira chefs d’État, experts et acteurs internationaux, s’inscrit dans une dynamique globale visant à faire de la santé un pilier transversal des politiques publiques. La Tunisie y participe activement, forte de son engagement, illustré notamment par la Déclaration de Carthage adoptée en 2025.

@ crédit photo Riadh Salhi

À Nairobi, le sommet “Africa Forward” marquera une nouvelle étape dans le renouvellement des relations entre la France et l’Afrique. L’ambition est claire : construire des partenariats économiques équilibrés, favoriser l’innovation et renforcer l’intégration du continent dans la gouvernance mondiale.

La Tunisie, pleinement associée à cette dynamique, est appelée à contribuer aux réflexions sur l’industrialisation durable et la transition énergétique, tandis que le forum économique “Inspire & Connect” devrait mobiliser de nombreux acteurs, y compris tunisiens.

Dans un registre plus culturel, la Saison Méditerranée 2026 ambitionne de rapprocher les sociétés civiles des deux rives à travers plus de 200 événements. “Nous voulons mettre en avant la jeunesse et les diasporas comme vecteurs de dialogue et de coopération”, a expliqué Anne Guéguen. Avec 29 projets labellisés impliquant des artistes tunisiens, la Tunisie sera au cœur de cette programmation, qui se déploiera également sur son territoire.

G7 : la France veut répondre aux déséquilibres mondiaux et aux tensions énergétiques

Point d’orgue de cette séquence, la présidence française du G7 s’inscrit dans un contexte international marqué par l’incertitude et la fragmentation. L’objectif est de “recentrer le G7 sur sa vocation originelle”, en tant qu’espace de dialogue économique entre grandes puissances, afin de traiter les déséquilibres macroéconomiques mondiaux et de renforcer la résilience des chaînes de valeur.

Anne Guéguen a évoqué les premières actions engagées, notamment les réunions des ministres des Finances et de l’Énergie début mars, ainsi que la décision de mobiliser jusqu’à 400 millions de barils de réserves stratégiques pour atténuer l’impact des tensions au Moyen-Orient sur les marchés énergétiques.

 

Sur le plan sécuritaire, la position française se veut claire et mesurée. “La France n’est pas partie prenante au conflit”, a-t-elle rappelé, tout en précisant que Paris pourrait s’engager dans un dispositif collectif d’escorte maritime une fois les conditions réunies. Dans l’immédiat, l’urgence reste à la désescalade, dans le cadre des discussions menées au sein des Nations unies.

Ce point de presse s’est tenu en présence de plusieurs responsables français en Tunisie, dont Arnaud Guigné, chef du Service économique régional (SER) de l’Ambassade de France en Tunisie, Philippe Garcia, Directeur de Zone Afrique du Nord à Business France, basé à Tunis, Léopold Stefanini, Conseiller de presse de l’Ambassade de France en Tunisie, ainsi que l’attaché de coopération culturelle, témoignant de l’approche transversale et opérationnelle de ces initiatives.

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Auteur

Meriem KHDIMALLAH

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