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La Tunisie célèbre la Journée mondiale et nationale de l’eau : La mère des batailles !

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  • 24 mars 18:10
  • 4 min de lecture
La Tunisie célèbre la Journée mondiale et nationale de l’eau : La mère des batailles !

Comme chaque année, on vient de célébrer, le 22 mars, la journée mondiale de l’eau, dans un contexte national marqué par un stress hydrique touchant au droit d’accès à l’eau potable.

Dans la foulée, la Tunisie fête, tout au long de cette semaine, ses premières journées de l’eau, initiative lancée par le ministère de l’Agriculture, à travers la Sonede.

La Presse — Face aux aléas climatiques, au faible taux de remplissage de nos barrages et aux fréquentes coupures d’eau en été comme en hiver, on n’est plus dans la logique de maîtriser l’offre, mais plutôt de savoir gérer la demande en eau. Soixante-dix ans déjà, on n’a pas réussi à mettre en place une politique de mobilisation hydrique efficace et à long terme, basée sur une vision prospective et des stratégies proactives, à même d’agir en temps réel pour éviter tout risque de pénurie d’eau.

Droit à l’eau, une question vitale

Et depuis, on n’a jamais cessé d’en parler, faisant en sorte que tout semble aller bon train, bien que nos barrages commencent à toucher le fond, avec un taux de remplissage moyennement faible. Cet état d’alerte hydrique, décrété il y a des années, persiste encore suite aux effets de la sécheresse ayant aggravé de plus en plus la situation.

Sous nos cieux, la question de l’eau demeure aussi complexe que compliquée. Trop de barrages, sans trouver suffisamment de foyers, en milieu rural, raccordés au réseau d’eau potable. Drôle d’un grand potentiel hydrique gâché. En 1969-1970— saison des grandes inondations— ce fut, alors, le pic jamais atteint en Tunisie, depuis maintenant plus de 50 ans, avec 90 milliards m3 à l’époque. Alors que seulement 4,8 milliards de m3, jusqu’ici mobilisés, soit moins de la moyenne pluviométrique habituelle estimée à 36 milliards de m3 par an.

Et tous nos experts n’ont pas manqué d’alerter sur la véracité d’une telle pauvreté hydrique. Avec seulement 450 m3 d’eau pour chacun de nous par an, soit deux fois moins que la moyenne mondiale, située aujourd’hui à 1.000 m3 par personne, la Tunisie semble être au bord de la soif. Et dans une large mesure, cette crise de l’eau pourrait avoir une étendue mondiale, surtout que l’actuelle guerre déclarée, depuis février dernier, à l’Iran aurait, certes, des impacts directs et indirects sur la sécurité hydrique dans la région arabe, où la rareté de l’eau se fait de plus en plus sentir.

Célébrer, annuellement, la journée mondiale de l’eau émane d’une profonde conviction que la gestion durable de l’eau demeure une question vitale, d’autant plus que la nappe phréatique est surexploitée, voire épuisée par un secteur agricole classé grand consommateur d’eau. Cela étant, nos ressources hydriques conventionnelles s’amenuisent davantage, à mesure que les alertes citoyennes liées à des problèmes d’accès à l’eau s’accentuent dans pas mal de zones, selon l’application « watchwater.tn» relevant de l’Observatoire tunisien de l’eau (OTE).

Le dessalement d’eau est-il une alternative ?

En fait, ce droit à l’eau s’érige en bataille de tous pour tous. Une question de vie et de survie qui nous commande de réviser nos comptes et de revoir nos politiques de distribution et d’approvisionnement en eau. Et c’est de bonne guerre hydrique! Aussi, faut-il changer nos modes de production et de consommation pour faire de l’économie d’eau un enjeu de durabilité. L’objectif étant d’améliorer l’accès de l’eau à tous.

Et là, il n’y a pas d’autres choix que de s’investir dans des alternatives non conventionnelles, à savoir le dessalement d’eau. D’ailleurs, l’accès de tous à des services d’alimentation en eau et d’assainissement gérés de façon durable constitue bel et bien l’essence du 6e objectif du développement durable, tel que recommandé par les Nations unies. Cela dit, selon le ministère de l’Agriculture, garantir une eau de qualité avec les moindres coûts possibles. 

Dans le sillage d’une telle journée mondiale de l’eau, l’on fête, parallèlement, du 22 au 28 de ce mois, «Tunisian Water Days 2026», une 1ère édition lancée, cette année, à l’initiative de ministère de l’Agriculture, sous l’égide de la Sonede. Placées sous le thème «l’eau, source d’égalité», ces journées, également soutenues par la GIZ, visent à sensibiliser le public aux enjeux de gestion durable et équitable de l’eau.

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Auteur

Kamel FERCHICHI

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