Hand – Thierry Anti, sélectionneur à temps partiel Karim Hlali : « C’est ce qui se fait de par le monde ! »
Le président de la Fthb défend l’idée du contrat de Thierry Anti en misant sur le rôle de Sami Saïdi, son adjoint.
La Presse —«À l’occasion du Tournoi Tiby en France, premier échange direct entre Thierry Anti et Sami Saïdi, deux hommes désormais unis par un même objectif : écrire une nouvelle page du handball tunisien». C’est le titre de l’information parue sur le site de la Fthb, annonçant la prise en main du technicien français qui aura à travailler avec son adjoint tunisien.
Mais comment envisage-t-on cette collaboration ?
Les échos qui nous parviennent font état d’un travail «à la pige» du technicien français qui continuera à diriger une équipe française et «sera en étroit contact avec son adjoint en Tunisie», d’après Karim Hélali, président de la Fthb, que nous avons contacté pour avoir plus d’éléments à propos de ce choix : «C’est ce qui se fait actuellement de par le monde.
Prenons l’équipe de France qui est une référence. Le nouvel entraîneur de l’équipe de France masculine, nommé en février 2026, est l’Espagnol Talant Dujshebaev. Il cumule ce poste avec sa fonction d’entraîneur principal du club polonais de KS Kielce, poste qu’il occupe depuis 2014. Paulo Pereira est l’entraîneur de l’équipe nationale masculine du Portugal, poste qu’il occupe depuis 2016. Il se concentre généralement sur ses fonctions de sélectionneur national et n’entraîne pas de club en parallèle au moment de ses fonctions avec l’équipe du Portugal.
Mais il continue de diriger l’équipe portugaise («Os Navegadores») depuis 2016, lorsqu’il n’y a pas d’engagements internationaux. Thierry Anti, le nouvel entraîneur français de la sélection nationale (nommé en mars 2026), dirigera donc le club de Chartres Métropole Handball (Chartres) en France à partir de la saison prochaine.
Il mènera une double mission : sélectionneur national et entraîneur de club. En fin de compte, supposons que ce nouveau sélectionneur soit à plein temps. Que fera-t-il alors que la plupart de nos internationaux évoluent à l’étranger ? Pour les éléments qui disputent notre compétition nationale, il y aura l’adjoint qui fera le travail à l’issue de rassemblements qui seront organisés.
Thierry Anti sera sur place pour la préparation de nos engagements internationaux. Si de grandes nations du handball le font, c’est que c’est rentable, tant au point de vue technique que…financier. L’engagement que nous avons signé avec la Télévision nationale facilitera l’observation, les analystes feront le nécessaire et une action sera entreprise pour essayer de pousser au maximum la préparation des jeunes.
D’ailleurs, le tournoi international de Tiby a été une occasion de repérer des éléments extrêmement intéressants». Voilà, il semble que c’est clair et cela devrait mettre fin à une polémique qui dessert les intérêts du handball national.
On en est encore loin
Il n’en demeure pas moins que l’équipe de Tunisie est handicapée par le profil de ses joueurs qui sont à court de préparation et ont perdu beaucoup de terrain par rapport à leurs adversaires potentiels. Dans le cas de figure, nous prendrons le cas de l’Egypte qui possède des joueurs modernes, capables de défendre et d’attaquer. C’est ce qui explique d’ailleurs les scores fleuves et les fréquences des changements. On était à des «spécialisations». On changeait les joueurs en fonction de la possession de la balle.
Il y avait des éléments dont le profil répondait à leur sens de l’anticipation et de la lecture du jeu en défense. On sortait celui qui est essentiellement attaquant, pour assurer une défense plus entreprenante. Ce n’est plus le cas dans le handball moderne. Les joueurs jouent en attaque et en défense et ce flottement qui était nécessaire pour opérer les changements n’est plus utilisé par les entraîneurs qui travaillent avec des éléments collectivement prêts pour jouer les deux rôles.
Nous n’en sommes pas là et ce niveau qui requiert des jambes solides, une condition physique à toute épreuve, n’est en possession d’aucune de nos équipes de clubs. A plus forte raison au sein de nos sélections. Comment allons-nous rejoindre la cohorte des équipes qui ont franchi ce cap extrêmement important, pour pouvoir se présenter en prétendants face à des formations qui partent avec ce redoutable avantage ?
La collaboration avec les clubs
Au dernier tournoi international Tiby auquel ont participé nos jeunes, nous avons vu la manière d’évoluer des jeunes Français et des Danois. Le Danemark a remporté le tournoi en battant la France 37-27 en finale. C’est un autre rythme et une autre conception du handball qui a gagné énormément en vitesse, avec des joueurs au souffle inépuisable et une technique au-dessus de la normale. Les Danois ont évolué en champions du monde. La France n’a pas démérité, mais c’est la manière de jouer qui nous intéressait, pour se situer par rapport à ce qui se fait dans ce sport d’athlètes accomplis.
Il n’y a qu’à revoir le nombre de changements effectués pour s’en convaincre. Nous avons absolument besoin de l’apport d’un technicien chevronné. Celui choisi semble posséder un CV qui tient la route, mais cette équipe de Tunisie qui a été quatrième du monde a encore énormément de travail à faire. Les clubs ont en charge une bonne partie de ce travail, et de la collaboration entre le staff national et celui qui veille aux destinées de ces clubs pourrait surgir la voie passante à entreprendre pour sortir de l’ornière.



