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Sommet International « Désertif’actions » 2026 à Djerba : Pour des territoires résilients face aux sécheresses

  • 25 mars 19:15
  • 5 min de lecture
Sommet International « Désertif’actions » 2026 à Djerba : Pour des territoires résilients face  aux sécheresses

75 % de la population mondiale sera touchée, d’ici 2050, par la sécheresse et ses conséquences. Les experts estiment que 4,8 à 5,7 milliards de personnes vivront dans des régions où l’eau est rare pendant au moins un mois chaque année, contre 3,6 milliards actuellement. 700 millions de personnes risquent d’être déplacées en raison de la sécheresse d’ici 2030.

La Presse  La 6e édition du Sommet international « Désertif’actions » 2026, organisée par le Centre d’actions et de réalisations internationales (Cari), la Convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification (Unccd) et l’Observatoire du Sahara et du Sahel (OSS) et qui se déroulera du 25 au 28 mars 2026 à Djerba, réunira environ 350 participants internationaux: représentants de la société civile, chercheurs, scientifiques, ONG, associations, institutions privées et/ou publiques, collectivités locales…

Durant trois jours, les participants prendront part et assisteront à des plénières, des ateliers thématiques, des travaux de groupes, des sessions d’échanges et de dialogue.

L’objectif est de coconstruire un plaidoyer basé sur des solutions concrètes et pertinentes, afin d’influencer les décisions lors de la COP17 sur la Convention sur la diversité biologique qui aura lieu à Erevan, en Arménie, du 18 au 30 octobre 2026.

Les travaux seront focalisés sur plusieurs thématiques axées sur la transformation des systèmes agricoles et d’élevage sédentaires, l’accompagnement des systèmes de production mobiles (focus pastoralisme), la gestion territoriale des ressources en eau, le pilotage des territoires…

Des chiffres alarmants

Les zones sèches du monde représentent 41% des terres émergées de la planète et abritent près de 2 milliards de personnes. Les écosystèmes et agroécosystèmes présents dans ces zones possèdent des conditions pédoclimatiques qui les rendent particulièrement sensibles aux variabilités climatiques et aux événements extrêmes, tels que les sécheresses.

Les populations rurales et pastorales fortement dépendantes de la bonne santé des sols et de la disponibilité des ressources naturelles sont les premières touchées par les effets de la sécheresse et de la dégradation des terres.

Elles voient leurs moyens de subsistance affectés et leurs conditions de vie se dégrader, entraînant des déplacements forcés, l’augmentation de l’insécurité alimentaire et de la pauvreté.

L’augmentation de la fréquence et de la durée des épisodes de sécheresse cause des pertes à court et à long terme : plus de 1,4 milliard de personnes ont été touchées par les sécheresses de 2000 à 2019.

Ce qui a fait de la sécheresse la catastrophe naturelle qui affecte le plus grand nombre de personnes, après les inondations.

En 2017, la sécheresse a entraîné la pire crise humanitaire depuis la Seconde Guerre mondiale, lorsque 20 millions de personnes à travers l’Afrique et le Moyen-Orient ont été au bord de la famine. 

Autre chiffre alarmant indique que plus de 2 milliards de personnes dans le monde vivent dans des pays qui connaissent un stress hydrique élevé.

Agir sur l’aléa climatique reste difficile à cause de sa nature imprévisible. Tout l’enjeu pour les opérateurs du développement et les politiques publiques réside alors dans la réduction de la vulnérabilité, notamment concernant les systèmes de production agricole et alimentaire très exposés aux aléas que représentent les sécheresses.

Prévenir et réduire les impacts des sécheresses sur les systèmes de production agricole et alimentaire, c’est réduire les risques sur la perte d’un des moyens de subsistance majeurs des populations rurales et pastorales.

Le rendez-vous multi-acteurs de Djerba, ouvert sur le monde, permettra à la société civile internationale d’approfondir son plaidoyer en vue d’enclencher un mouvement qui placera la résilience des territoires à la sécheresse au cœur de la mise en œuvre des politiques

. La planification et la gestion territoriale, menées de manière inclusive et participative, se révèlent être un levier crucial pour renforcer la résilience des territoires face aux sécheresses.

Systèmes agricoles secoués

Les systèmes agricoles et d’élevage subissent de plein fouet les effets des sécheresses, qui compromettent la production, mettent en péril la sécurité alimentaire et fragilisent les économies locales.

Ces phénomènes, exacerbés par le dérèglement climatique, accentuent les disparités entre les territoires, notamment dans les zones où les infrastructures sont insuffisantes et où les capacités d’adaptation restent limitées.

Face à ces défis, certaines stratégies basées sur les principes de l’agroécologie ont montré leur efficacité pour renforcer la résilience des exploitations.

Ces solutions incluent des approches intégrées et diversifiées qui permettent aux exploitations de mieux anticiper, s’adapter et répondre de manière durable aux défis posés par les sécheresses.

Cependant, la transition vers l’adoption de ces pratiques (techniques, organisationnelles, etc.) reste freinée par de nombreux obstacles structurels et conjoncturels. Faciliter le changement s’impose alors comme une condition indispensable pour lever ces barrières et favoriser la transition des systèmes agricoles et d’élevage vers plus de résilience.

Auteur

Najoua Hizaoui

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