Basket – La JSK et l’USM en finale du super play-off : Les deux équipes les plus régulières
L’USM reste compétitive malgré les changements, la JSK retrouve la passion et l’efficacité avec un effectif maison. Deux styles différents et une finale qui promet.
La Presse — Une finale USM-JSK en championnat, ce n’était pas le pronostic avant le début du super play off. On donnait comme pronostic CA-USM, et on disait que le CA, avec sa constellation de stars et les moyens mis, était sur une voie libre pour conserver son titre. Finalement, l’USM passe face à l’Etoile en laissant de bonnes impressions, et le CA se fait piéger par une superbe JSK qui a déverrouillé le jeu clubiste et profité de ce blocage voire ce naufrage collectif pour surprendre tout le monde et aller en finale. Au CA, ont fait défaut l’humilité et le rôle de ses stars effondrés en fin du 4e match, alors que le CA menait avec 6 points d’écart et avait la possession. La JSK n’a pas abdiqué avec cet incroyable sursaut et ces paniers qui valurent la qualification en fin du match.
L’USM, la force tranquille
Face à l’Etoile, l’USM n’a souffert que lors des second et troisième matchs. Ce n’est pas la meilleure USM qu’on a vue, mais l’équipe demeure forte collectivement et trouve des cadres efficaces et une défense solide au moment où les choses vont mal. Les départs de plusieurs joueurs de cran, surtout pour les joueurs étrangers, n’a pas empêché l’USM de trouver des substituts de valeur. Les changements fréquents d’entraîneur, cette saison, n’ont pas, pour le moment, affecté l’équipe. Des joueurs comme Lahiani, très fort sous le panier et dans les tirs à trois points, Ghayaza, Bilel Jaziri, Ben Yahia, Berrached, Addami, sans oublier ses deux joueurs: étrangers très adroits et pesants dans la performance globale, en premier lieu Franklin (un meneur technicien et très fort dans le jeu offensif avec ses tirs à trois points et sa capacité à déborder et distribuer le jeu), constituent la charpente de l’équipe. L’USM aura l’avantage de la salle en finale, les deux premiers matches se jouent à Monastir à partir de ce dimanche. Et avec la tradition de gagner et l’apport de son public, l’USM a tous les atouts pour retrouver le sacre.
La passion aghlabide
Une équipe qui n’a pas beaucoup de moyens, qui perd à l’été six joueurs de qualité qui passent dans des clubs concurrents, mais en quelques mois, la JSK parvient à bâtir une équipe pour le titre. C’est un exploit.
Un effectif-maison basé sur des joueurs juniors techniques et passionnés, un entraîneur qui connaît bien Kairouan et ce qu’est le basket dans cette ville, deux joueurs étrangers qui ont progressé très vite pour peser dans la victoire face au CA ( Jackson et Francis), un public déchaîné qui fait de la salle de Kairouan une arène chaude, la JSK a été la révélation jusqu’à maintenant. Avec des jeunes doués qui n’ont pas mis longtemps pour bousculer des stars comme Abada, Marnaoui et les autres, voilà le premier atout aghlabide. Marouene Kechrid a misé plutôt sur ce basket de passion, explosif avec des contres, des transitions, une défense individuelle et agressive qui tue, une recherche constante des prouesses individuelles quand le compteur de points bloque. Parfois, cette JSK ne joue pas des combinaisons claires, ne fait pas recours à des écrans, à des «pick and roll» pour trouver des espaces, mais mise sur des débordements musclés, des tirs à mi-distance à l’ancienne, avec un duo étranger qui a su compenser le déficit de l’effectif. La demi-finale a permis de découvrir des jeunes talents comme Dhif (grand match avant-hier), Mnafedh, Chihi, Hammi, Sandide aux côtés des Chabbouh et Makhlouf pour que la JSK se trouve en finale. Il lui faudra gagner un des deux matches à Monastir pour aborder les matches de Kairouan en bonne posture. Pas du tout facile, car l’USM se métamorphose quand elle évolue à domicile.
En tout cas, cette série de finales qui commence dimanche à Monastir promet tant. Deux équipes qui ne ressemblent pas, mais qui ont un point commun : les deux ont réussi grâce à leur régularité.



