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Clusters et chaînes de valeur : Un levier pour la coopération régionale

  • 26 mars 18:30
  • 5 min de lecture
Clusters et chaînes de valeur : Un levier pour la coopération régionale

Dans un monde marqué par de profondes mutations multidimensionnelles, un regain d’intérêt semble se profiler entre les deux rives de la Méditerranée, plus particulièrement entre l’Union européenne et le Maghreb.

C’est du moins l’une des idées-forces véhiculée à l’occasion du séminaire régional « Euromed Clusters policy seminar-Maghreb edition », tenu hier mercredi 25 mars à Tunis sur le thème « Dialogue politique pour l’innovation portée par les clusters et les chaînes de valeur régionales ».

La Presse — Initiée par le Forum euro-méditerranéen des instituts de sciences économiques (Femise) et le Forum de recherche économique (ERF), la rencontre fait partie d’une série de séminaires qui réunira les pays du « Mashreq » en mai prochain, avant la tenue plus tard en 2026, d’un colloque régional Euromed sur le développement des clusters comme facteur d’innovation, de transformation, de coopération et d’intégration régionale autour de la Méditerranée.

Des décideurs publics et privés étaient présents, mais aussi des experts internationaux, des représentants de structures d’appui et, bien évidemment, des dirigeants de clusters.

« La construction d’un pont stratégique entre l’Europe et le Maghreb, et plus particulièrement avec la Tunisie, est un impératif pour la résilience de nos économies respectives », a déclaré Mme Fatma Thabet Chiboub, ministre de l’Industrie, représentée par sa cheffe de cabinet, Afef Chachi Tayari, soulignant l’intérêt renouvelé de la Tunisie à coopérer avec son environnement économique régional, mais également à transformer son économie pour « passer d’une économie de coûts à une économie de la connaissance et de l’innovation durable ».

La Tunisie est en effet signataire de plusieurs accords de coopération et de facilitation du commerce avec les pays de la rive nord comme ceux de la rive sud, outre son option constante pour la formation de ressources humaines qualifiées et compétitives en vue de relever les défis de la productivité et de la compétitivité exigés par le marché.

Pour les clusters, le gouvernement tunisien a mis en place une stratégie pour 2035, à travers trois piliers, à savoir, « L’excellence technologique et décarbonée », « L’intégration profonde dans les chaînes de valeur mondiales » et « La souveraineté industrielle par le talent ».

« Nous visons à transformer nos clusters en champions de la transition verte, où l’innovation ne se mesure plus seulement par la productivité, mais par l’efficience énergétique et la réduction de l’empreinte carbone », a ainsi affirmé la ministre de l’Industrie.

« D’ici à 2035, nos clusters ne seront plus de simples sous-traitants, mais des partenaires de coconception essentiels pour l’Europe et l’Afrique, misant sur la haute technicité et l’agilité », a-t-elle ajouté avant d’indiquer qu’« En capitalisant sur nos 5.000 ingénieurs formés annuellement, nous projetons de faire de chaque région un pôle de spécialisation intelligente, garantissant un développement inclusif sur tout le territoire ».

Pour l’Europe, la région du Maghreb renferme d’importantes potentialités, à travers des clusters émergents qui se positionnent comme « des moteurs importants de transformation économique, soutenant la diversification industrielle, l’innovation et la compétitivité régionale ».

Selon Maryse Louis, directrice générale du Femise, le facteur de proximité qui caractérise les pays du Maghreb est important pour l’Europe au regard de ce qui se passe dans le monde, mettant en exergue de nombreux facteurs facilitateurs comme la langue, la culture, etc.

Dans cet ordre d’idées, l’ambassadeur de l’Union européenne accrédité à Tunis, Giuseppe Perrone, a souligné les progrès réalisés par la Tunisie, pas uniquement dans le développement de clusters, mais dans l’environnement des affaires dans son ensemble, ainsi que dans la transformation digitale et écologique.

« La Tunisie est très chère à l’UE », a-t-il déclaré, rappelant les différents mécanismes de financement et d’appui, entre autres, à travers le nouveau Pacte pour la Méditerranée lancé l’année dernière.

Le séminaire devrait permettre de dégager des recommandations « en matière de politiques publiques, de réglementations et de mécanismes de coopération », pour surmonter les difficultés rencontrées aussi bien au niveau du développement des clusters que dans l’intégration dans les chaînes de valeur.

Un échange d’expériences réussies tout comme de leçons tirées des difficultés rencontrées est également envisagé entre opérateurs de pays maghrébins, dans une logique de coopération plutôt que de compétition.

« La transformation industrielle ne se décrète pas, elle se cultive patiemment par la coopération », a souligné, à cet effet, Mme Thabet Chiboub, avant de conclure que « la Tunisie est prête à partager ses succès, comme les leçons tirées de ses échecs, pour que nous construisions ensemble, à l’échelle du Maghreb, une industrie robuste, innovante et résiliente. »

Auteur

Lassâad BEN AHMED

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